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Sommet des pays germanophones : le chômage des jeunes dans le viseur


Le roi Philippe (au c.) a accueilli hier à Eupen le président allemand, Joachim Gauck, le Grand-Duc Henri, le prince Alois de Liechtenstein et le président suisse, Johann Niklaus Schneider-Ammann (de g. à dr.). (photo JC Ernst)

Le Grand-Duc Henri a pris part, jeudi, au 13e sommet informel des chefs d’État des pays germanophones. Les participants souhaitent miser sur l’entrepreneuriat pour aider les jeunes à trouver un emploi.

Le sommet informel s’est symboliquement tenu à Eupen, capitale de la Communauté germanophone de Belgique. En plus du Grand-Duché et de la Belgique étaient représentés l’Allemagne, la Suisse et le Liechtensteinen la personne de leurs chefs d’État respectifs.

Le rendez-vous est devenu incontournable au fil des années. En effet, s’il trouve ses origines en 2004 avec une première réunion à Saint-Gall (Suisse), il a, depuis, pris du galon. Le club est ainsi passé de trois pays fondateurs (Suisse, Allemagne, Autriche) à quatre membres, en 2005, avec l’adhésion du Liechtenstein, pour s’agrandir encore un peu plus, avec l’arrivée de la Belgique et du Luxembourg, en 2014.

La raison d’être de ces alliances marquées par un sommet annuel est multiple et plus subtile  : l’entretien de bonnes relations multilatérales entre les différents États concernés qui se considèrent comme étant consanguins et faisant partie d’une même famille, la volonté de se pencher, année après année, sur une nouvelle problématique d’ordre social, philanthrope et d’intérêt public et, bien évidemment, le souhait de cultiver et d’honorer la langue allemande. Point.

Car les sommets que tient le groupement restent strictement informels. Ces réunions annuelles n’ont pas vocation à déboucher sur des conclusions et des prises de décisions politiques. À l’inverse, il s’agit de faire preuve de réflexion en mettant à plat certains dossiers d’actualité critiques et d’en débattre sous le prisme de la pensée politique propre aux pays ayant un passé aux influences plus ou moins germaniques.

La poussée de l’AfD suscite la crainte

Le sommet d’hier a vu les chefs d’État des pays germanophones se focaliser sur le thème de l’entrepreneuriat des jeunes et, par extension, sur la problématique de la lutte contre le chômage de ces mêmes jeunes.

S’ils se sont basés sur l’européanité du phénomène, les chefs d’État ont toutefois débattu de la question selon une vision intrinsèque au germanisme. La montée en puissance du parti AfD a, dans ce contexte, inévitablement été abordée, de même que d’autres dossiers brûlants de l’actualité.

Autour de la table, le Grand-Duc Henri, le roi Philippe de Belgique, le président fédéral allemand, Joachim Gauck, le prince héritier Alois de Liechtenstein et le président de la Confédération suisse, Johann Niklaus Schneider-Ammann, ont, ainsi, également discuté Brexit, ou encore crise migratoire. Seule l’Autriche aura finalement fait la politique de la chaise vide, en raison de la vacance actuelle du poste de président dans le pays, l’élection présidentielle ne se tenant que le 2  octobre prochain.

Aux côtés des différents chefs d’État présents, deux entrepreneurs belges de renom ont eu l’opportunité de distiller de précieux conseils et d’orienter les débats  : Thomas Leysen, président d’Umicore et de la KBC, et Jean-Marie Solvay, du fameux groupe du même nom. Si la réunion s’est déroulée à huis clos, le ton avait tout de même d’emblée été donné par le chef d’État du pays hôte, le roi des Belges : « Le chômage en Europe, notamment celui des jeunes, constitue un fléau qui nous inquiète fortement », a-t-il déclaré, avant le début du conciliabule proprement dit.

Aucun autre élément n’a filtré jusqu’à ce que le Grand-Duc Henri lève le voile, au terme de la table ronde, qui aura duré plus d’une heure et demie. « Nous avons longuement échangé sur les opportunités que doivent saisir les jeunes, afin qu’ils puissent monter leur propre entreprise », a-t-il volontiers confié. Comme indiqué précédemment, les discussions ne se sont pas cantonnées à cette question. « Nous avons abordé les dossiers sécuritaires en relation avec le terrorisme, la crise migratoire et avons également échangé nos différents points de vue sur les implications du futur Brexit. Par ailleurs, nous avons procédé à un état des lieux de la situation politique en Allemagne », a souligné le Grand-Duc Henri, en faisant évidemment allusion au succès menaçant du parti populiste AfD.

Le Luxembourg, hôte du sommet de 2017

Quant à l’essence même de ce type de sommet auquel le Luxembourg participait pour la troisième fois, après avoir été convaincu en 2014 par le président allemand, Joachim Gauck, le chef de l’État s’est voulu catégorique  : « Il est important d’organiser ce type de sommets informels pour que l’on puisse rester en contact régulier. De plus, nos liens étroits nous permettent des échanges particulièrement proches, puisque nous constituons une petite famille  : trois monarchies et autant de républiques y participent annuellement… cela crée un bon équilibre! »

Dans ce contexte général, le chef d’État se réjouit de la tenue du prochain sommet du genre à Luxembourg, en 2017, selon le principe de l’hospitalité tournante. « Ce sera une grande première pour le Grand-Duché. Étant donné que l’allemand est l’une des langues officielles de notre pays, il est logique de participer au processus », a conclu le Grand-Duc Henri, dans un esprit d’altruisme certain.

De notre envoyé spécial à Eupen, Claude Damiani

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