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Metal inoxydable

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Quand un des Big Four monte sur scène comme Anthrax, c'est toute la foule -y compris les photographes- qui se déchaînent.

Après Slipknot en guise de mise en bouche, c'est le «Big Four» (Anthrax, Slayer, Megadeth et Metallica) qui s'est posé en vedette, fort de sa notoriété historique. Et trente ans après leurs débuts, ça envoie toujours fort…


De notre journaliste Grégory Cimatti
 


Qu'on se le dise, les «anciens» ont toujours la pêche. C'est l'enthousiasmant constat qu'ont pu tirer les 43000 personnes venues, samedi, à ce premier Sonisphere «made in France», magnifié par la présence du «Big Four». Non, l'union sacrée des quatre légendes du metal ne sent pas la naphtaline. Et si l'image peut paraître surannée, avec ces mines quelque peu défraîchies, leur statut n'en est pas moins usurpé. Pour les plus sceptiques, il suffit de regarder Slayer s'exciter comme à la belle époque, à grands coups de double pédale et de guitares rageuses. La donne est alors posée : ici, la couronne de lauriers est rangée aux vestiaires. Pas d'élan nostalgique mais de l'élan tout court, avec la rage et les crocs. De quoi secouer l'auditoire et rappeler que les mythes sont eternels.
La veille, déjà, on avait eu le droit à leurs rejetons - qui d'ailleurs, n'ont jamais caché leur filiation - pour vaste échantillon du genre, allant du plus symphonique au plus énervé, du plus mélodique au plus «bourrin». Tout cela s'est terminé avec Slipknot qui, sous son masque froid, impénétrable et flippant, cache un cœur généreux, à l'image de cet hommage à son bassiste, Paul Gray, décédé il y a un peu plus d'un an. Le public, en masse (37000 personnes), lâchaient alors un soupir avant de vite passer à autre chose. Car c'est le lendemain que les choses sérieuses commençaient.


Les quatre fantastiques

Car il faut bien le reconnaître, l'attrait majeur de ce festival était la présence des «quatre fantastiques», ceux qui, au début des années 80, ont mis de la couleur et de la fièvre à un metal jusqu'alors standardisé, voire caricatural. Un simple coup d'œil sur les tee-shirts arborés par les festivaliers confirmait rapidement cet attrait fédérateur. C'est Anthrax qui avait l'honneur d'ouvrir les hostilités, avec le virevoltant Joey Belladonna au chant, mais sans Scott Ian à la gratte, veillant à la mère de son futur enfant. C'est donc avec étonnement qu'on découvrait son suppléant, Andreas Kisser, de Sepultura, qui, histoire de suggérer que son groupe a lui aussi, en son temps, marqué l'Histoire, s'offrait un petit «Refuse/Resist» tonitruant. Et tant qu'on est dans les hommages, notons la version anglaise de Trust et son tube Antisocial. Ce qui a ravi les nombreux français, dont certains dégainaient des guitares invisibles et sentaient naître une seconde jeunesse.
Plus tard, Slayer, donc, mettaient le feu à la plaine avant de laisser une scène bouillante à Megadeth et son mentor, Dave Mustaine, dont la coiffure et le talent sont restés intacts. Gratte double manche décorés par le tailleur de Santana, solos frénétiques, leçons de technique, chorégraphies artistiques : du «heavy» dans toute sa splendeur! Entre- temps, côté seconde scène, Volbeat -qui était encore à Roser, au Rock-A-Field, il y a quelques jours - confirmait son talent et sa force de frappe. Rien à voir, en tout cas, avec le style formaté et sucré de Papa Roach et Tarja, mais, comme on dit, il en faut bien pour tous les goûts…
Cette belle première ne pouvait que se terminer en apothéose et feux d'artifices - au sens propre comme au figuré - avec Metallica, mastodonte aux 110 millions d'albums vendus, géant parmi les géants, aux hymnes planétaires. Et comme aujourd'hui, ses chansons sont toutes devenues des classiques, il en a servi à la louche à un public hétéroclite et ultramotivé. Le show était à la hauteur des effets pyrotechniques et, en guise de cerise sur le gâteau, Anthrax est venu participer aux débats, les deux autres étant déjà repartis sur les routes européennes. Un «Big Two», en somme. Est-ce bien sérieux!
Devant tant de relâchement, les “ Four Horsemen “ terminaient le travail, comme à leur habitude, avec sérieux et vigueur. Ah si, en réfléchissant bien, il y a quand même une chose qui change avec le poids des années, c'est que James Hetfield, son leader, ne dit plus de gros mots, mais des “beautiful “ à tire-larigot. C'est ce qu'on appelle la respectabilité, monsieur ! Dernière chose, enfin, et non des moindres, est que le Sonisphere prend racine pour les deux prochaines années à Amnéville. Dans quel format et avec qui ? Ca, on ne le sait pas. Seule certitude : malgré une quinzaine de groupes, quatre légendes et 250 000 litres de bières, la soif de metal ne s'épanche jamais vraiment… 

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