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Buraka, roi du dancefloor afro-portugais


Buraka Som Sistema a conquis le monde en mêlant sons électroniques aux rythmes africains et portugais. (Photo AFP)
Buraka Som Sistema a conquis le monde en mêlant sons électroniques aux rythmes africains et portugais. (Photo AFP)

Né du brassage culturel animant Lisbonne, Buraka Som Sistema a conquis le monde en mêlant sons électroniques aux rythmes africains. Dix ans après son premier disque, le groupe a décidé de marquer une pause.

Après une tournée mondiale qui l’a mené cette année notamment en France, Belgique et en Suisse, le groupe portugais jouera à New York le 9 avril avant un concert d’adieu promis plus tard à Lisbonne, puis quittera la scène et les studios pour réfléchir à quelle direction prendre.

« On ne veut pas faire perdre de temps aux gens. Il y a déjà tellement de musique en ligne », explique le co-fondateur du groupe Joao Barbosa, alias Branko, son nom de scène. La multiplication de l’offre musicale « ne me donne pas envie de sortir quelque chose à moins que je pense que ce soit un apport essentiel au monde », souligne-t-il. Ayant conquis un public international et joué sur les scènes d’Australie, du Japon ou d’Amérique latine, Buraka Som Sistema (BSS) n’en reste pas moins étroitement lié à Lisbonne et les multiples influences de la capitale portugaise, notamment angolaises.

Tirant son nom d’une banlieue difficile de Lisbonne, Buraka commence son aventure en 2006 en mixant sur du kuduro, un mélange entraînant de rythmes traditionnels angolais et de musique électronique. Branko se souvient d’une enfance rythmée par de la musique dance aux racines africaines et caribéennes, avec le kuduro mais aussi la samba brésilienne et le funana du Cap-Vert. Mais le week-end, les jeunes portugais dansaient sur du « drum and bass » sans accents africains.

Besoin de se renouveler

Lisbonne est « entre une ville européenne et une ville d’Afrique mais aucune musique ne s’en inspirait », dit-il. C’est la fusion de tous ces sons qui a donné naissance aux rythmes de Buraka, dont l’un des membres fondateurs, Andro « Conductor » Carvalho, est né en Angola. Au-delà du kuduro, BSS intègre des influences plus larges venues du rap, du funk mais aussi du zouk antillais. « Une musique du monde urbaine que les gens n’ont jamais vraiment réussi à classer », souligne Branko. Sorti en 2006, son premier mini-album, From Buraka to the World, est très bien accueilli, l’un de leurs premiers titres, Yah, devenant la sonnerie de portable incontournable dans les banlieues de Lisbonne avant d’être reprise à l’étranger pour des bandes originales de jeux vidéo et de séries de télévision.

Heureux d’avoir pu partager ces sons autour du globe et avec le grand public, notamment grâce aux collaborations avec la célèbre rappeuse britannique d’origine sri-lankaise M.I.A ou le DJ américain Diplo, BSS estime pourtant qu’il est temps de s’arrêter, au moins temporairement. « Tout le groupe partage le sentiment qu’un cycle est en train de se boucler », confie Branko. « C’est pour ça que c’est le bon moment pour laisser entrer d’autres influences et d’autres idées et pouvoir ensuite offrir quelque chose de nouveau. »

Pas qu’il soit en quête d’un nouveau genre musical obscur, précise-t-il, affirmant rechercher plutôt à mettre le doigt sur l’universalité dans la musique. « On réfléchit à la musique qu’on aime », explique-t-il, regrettant la tournure prise par un secteur désormais dominé par internet et la quête de la notoriété en ligne. Dans un monde où le streaming et les réseaux sociaux sont rois, les artistes ont été forcés de devenir des « professionnels du marketing » qui produisent et font leur promotion sans arrêt. « Parfois poster une vidéo stupide d’un voyage a plus d’impact que la véritable sortie d’une chanson », regrette Branko.

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