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Neimënster : un programme à cent à l’heure


Le 7 octobre sera présentée la création Confidences, un projet interdisciplinaire unissant théâtre, danse, univers sonore, projection vidéo et jeu d'ombres.

L’abbaye de Neumünster a présenté, en fin de semaine dernière, sa programmation d’octobre 2015 à mars 2016. En tout, pas moins de 166 évènements seront organisés entre ses murs.

Musique, théâtre, danse, spectacles d’humour, conte, cinéma, expositions, conférences… Neimënster est probablement le centre culturel grand-ducal qui propose la programmation la plus pluridisciplinaire. Ce sera encore le cas pour les six prochains mois, dont le programme est désormais résumé dans le 34e Gudde Grond. Voici les principaux rendez-vous.

Créations

À chaque présentation de saison, c’est peu ou prou la même histoire : les petites structures culturelles reprochent aux grandes de ne pas assez soutenir la création. Neimënster semble vouloir les prendre à contre-pied à travers son nouveau programme semestriel. Dans sa seule programmation maison, nommée «Clé de voûte», on ne compte pas moins de sept créations. Et ça vaut aussi bien pour le théâtre, la danse, l’humour ou encore les expositions.

Parmi ces créations, trois attirent immédiatement l’attention. La première en date a déjà partiellement débuté. Le projet Philoktet , de Karolina Markiewicz et Pascal Piron, englobe en effet une pièce homonyme de théâtre avec Marco Lorenzini, Ada Günther et Dennis Laubenthal, qui sera présentée les 1, 2 et 3 octobre, mais également l’exposition «Some people laughed, some people cried, most people were silent», visible depuis la semaine dernière, et qui restera en place, dans les salles voûtées et le cloître, jusqu’au 31 octobre. Le projet reprend le mythe de Philoctète, qui, après avoir indiqué aux Grecs, sur le départ pour Troie, l’emplacement de la tombe d’Héraclès, fut abandonné sur une île à cause d’une blessure causée par la chute d’une des flèches du célèbre héros. Le duo grand-ducal reprend ainsi la pièce d’Heiner Müller, elle-même inspirée de l’œuvre de Sophocle, et la met en parallèle avec l’utilisation de l’arme nucléaire. « La nouvelle arme merveilleuse qui a déterminé toute notre société post-Seconde Guerre mondiale », explique la directrice générale de Neimënster, Ainhoa Achutegui.

La pièce sera en allemand, mais avec des sous-titres français pour pouvoir être comprise par le plus grand nombre. Elle sera d’ailleurs reprise, après les représentations dans le Grund, à l’Opderschmelz, à Dudelange, et au CAPe, à Ettelbruck. L’exposition, à laquelle a pris part également Eric Schockmel et qui fait écho à la pièce, voyagera également dans le nord du pays, mais délaissera la Forge du Sud. Elle porte, selon les propos des artistes, «sur la très courte période pendant laquelle Julius Robert Oppenheimer (NDLR : régulièrement qualifié de «père de la bombe atomique») a développé la bombe atomique avec l’espoir paradoxal de ne jamais l’utiliser afin de créer un équilibre de la terreur permettant de pacifier le monde».

neuAutre grande création de ce début de saison, elle aussi en lien avec la Grèce, mais contemporaine cette fois-ci, Grexit , de Marc Baum et Ronald Dofing et la compagnie Independent Little Lies. « Grexit, sans doute le mot tabou de l’année 2015 », lance Ainhoa Achutegui. Un projet in situ, où les spectateurs passeront d’un espace à l’autre du CCRN pour découvrir différents textes, actuels comme anciens, sur la Grèce; le tout avec toujours en tête une seule et même question : «Que sommes-nous en train de faire avec la Grèce, berceau de notre civilisation, de notre culture et de notre démocratie?» Également en allemand, la pièce – présentée les 6, 7 et 8 janvier – sera sous-titrée elle aussi en français, mais aussi, vu son thème, en grec.

La troisième grande création du semestre ne concerne pas le théâtre, mais les arts plastiques. Comme Grexit , elle prendra forme in situ et occupera différents espaces du CCRN. Avec «Response», Frank Miltgen « va investir tout le site avec sa peinture abstraite », se réjouit la directrice des lieux. Le peintre a prévu d’installer différentes installations qui seront autant de réponses personnelles aux locaux eux-mêmes. Le vernissage est fixé au 28 janvier.

Jazz, etc.

Avec l’Opderschmelz, à Dudelange, Neimënster est et reste une des grandes maisons du jazz du Grand-Duché. Les Apéro’s Jazz continuent d’animer l’abbaye tous les dimanches matin (à quelques rares exceptions près) avec des jolis noms tels que la Jeff Herr Corporation ou le Pol Fox Collective. C’est dans ce même cadre, mais exceptionnellement dans la salle Robert-Krieps et non à la brasserie, que se tiendront d’ailleurs les lancements des CD du Gautier Laurent/Franck Agulhon/Damien Prud’homme Trio (11/10) et du Reis-Demuth-Wiltgen Trio (25/10).

Le guitariste mexicain Paco Renteria

Le guitariste mexicain Paco Renteria sera la tête d’affiche du festival Autumn Leaves.

Pendant ce semestre, ce sont également deux festivals entiers qui seront consacrés au jazz. Autumn Leaves se tiendra du vendredi 16 au dimanche 18 octobre. Tête d’affiche de la manifestation : le guitariste mexicain Paco Renteria et son free-play mélangeant jazz et rythmes latinos. Avant lui, c’est Jens Düppe qui ouvrira la fête. Suivront le trio Ruby-Pilz-Weber, Karnas Formula, le Wlodek Pawlik Trio (en collaboration avec le festival CinEast), les Bremer Stadtmusikanten, Perhaps Contraption, le Sigurdur Flosason Project et Underkarl.

Au mois de mars, les Springs Sessions prendront le relais pour quatre concerts exceptionnels et empreints de féminisme avec KontraSax (6/3), Les Brünettes et Juxtapose (8/3), The Jacquelines (13/3) et le Boris Dinev Quartet feat. Leana Sealy (20/3).

Mais la musique, à Neimënster ne se limite pas au seul jazz. Le Grund Club Songwriters’ Show reviendra le 11/12 et le 4/3, tandis que Promenade Baroque (11/10), Stille Kunst (8/11) et Passions et Lamentations (du 24 au 26/3) devraient réjouir les amateurs de musique baroque ou contemporaine. Le classique sera à l’honneur le 4/2 avec le récital de Zala Kravos ( lire «Jeunes pousses» ), la world avec Violons Barbares (13/1), et le blues avec Ruthie Foster (16/3).

Festivals

Autumn Leaves et Spring Sessions ( lire «Jazz, etc.» ) ne sont pas les deux seuls festivals proposés par Neimënster d’octobre à mars prochains. Le cinéma, le conte et l’humour ont aussi droit à leur manifestation. En effet, s’il s’est depuis exporté aux quatre coins du Grand-Duché, le festival du Film d’Europe centrale et orientale, CinEast, est né dans l’abbaye du Grund. Et malgré son succès toujours croissant, il est resté fidèle à l’abbaye. Ainsi, 23 rendez-vous CinEast sont organisés à Neimënster du 8 au 25 octobre. Des projections de films, bien sûr, mais aussi des concerts, une exposition, «Urban stories», des débats, des rendez-vous pour enfants et même une soirée gastronomique.

«Contes sans frontières» et «Humour pour la paix», par contre, sont deux manifestations «100 % Neimënster». La première (du 21 au 24 mars) proposera cette année encore «de faire découvrir aux oreilles espiègles une large palette de contes pour adultes et enfants», notent les organisateurs. Au programme, des contes en français, luxembourgeois et allemand, mais aussi en anglais et portugais, pour «faire vibrer, rire et frémir».

Multilingue également, l’Humour pour la paix proposera (du 17 au 21 février) une sélection de spectacles qui parviennent autant à faire rire qu’à faire réfléchir. Ici, point d’humour gras, sous la ceinture, mais au contraire, des spectacles qui parlent du monde avec humanité, qui œuvrent au vivre-ensemble, grâce au rire. Dans ce cadre, le retour du grand Fellag est à noter. L’Algérien poursuit son dialogue Europe-Maghreb, avec son spectacle Bled Runner.

Quant à la soirée «The laugh of the Medusa», elle sera consacré pas tant à l’humour féminin qu’à l’humour féministe à travers deux humoristes anglophones, Elf Lyons et Adrienne Truscott.

www.neimenster.lu

Jeunes pousses

Soutenir la création, c’est bien. Mais il ne faut pas oublier de mettre le pied à l’étrier à de jeunes artistes. C’est ce que Neimënster a commencé à faire depuis un an avec son projet «Tremplin».

La création Confidences, de Sandy Flinto et Pierrick Grobéty.

La création Confidences, de Sandy Flinto et Pierrick Grobéty.

 

La série donnera deux rendez-vous au public dans les six prochains mois. Le premier dès le mois prochain, le 7 octobre, avec la création Confidences, de Sandy Flinto et Pierrick Grobéty. Le duo touche-à-tout travaille ici avec le duo Zuzana Kakalikova et Guillaumarc Froidevaux. Ce projet interdisciplinaire unissant théâtre, danse, univers sonore, projection vidéo et jeu d’ombres, part d’une vieille rumeur au sujet de femmes kidnappées dans des cabines d’essayage de magasins de lingerie à Orléans pour être livrées à un réseau de prostitution. Des extraits de ce spectacle très visuel et surprenant ont été présentés, dimanche, dans le cadre de la Theaterfest.

L’autre Tremplin est consacré à la (très) jeune pianiste Zala Kravos. Cette résidente grand-ducale, élève de la prestigieuse Chapelle musicale Reine Élisabeth de Bruxelles, collectionne les prix et distinctions depuis quelques années. À 13 ans seulement, l’abbaye de Neumünster lui offre là un premier récital dans un cadre professionnel dans son pays d’adoption.

Des talents à découvrir !

 

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