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Fabio Marochi (Progrès) : « L’erreur est d’avoir tout misé sur Rossini »


Fabio Marochi explique que le jackpot de la qualification pour un 3e Tour européen n'en n'est pas un sur ce coup. Mais la passion est là ! (photo Julien Garroy)

Fabio Marochi, président du Progrès Niederkorn, revient sur la mauvaise saison de son club. Il en évoque les raisons et réaffirme sa volonté de poursuivre avec Pascal Carzaniga, qu’il rencontre ce vendredi. Le dirigeant dresse un bilan lucide sur la saison niederkornoise.

Le Quotidien : Il y a une réunion demain (NDRL  : aujourd’hui). Sera-t-il question de l’avenir de Pascal Carzaniga?

Fabio Marochi : On va discuter de son avenir, oui. Nous, on veut bien continuer avec lui indépendamment des résultats. On a confiance en lui. Après, c’est à lui de voir ce qu’il veut faire. Les résultats ne sont pas fameux ces derniers temps, mais on sait tous pourquoi.

Et pourquoi?

Ce n’est pas l’entraîneur ou le président qui doit marquer les buts. L’équipe pratique un beau jeu, on a des occasions, mais on ne les met pas. Pino Rossini n’a pas eu le rendement qu’on attendait, Paul Bossi a vécu une saison difficile et Lévy Rougeaux est parti cet hiver.

L’arrivée de Carzaniga n’a pas eu l’effet escompté. Depuis qu’il est là, le Progrès tourne à 1,21  point par match (17 pts en 14 matches) alors qu’avant, c’était du 1,66  point (15 en 9 matches). Êtes-vous conscient de cette réalité mathématique?

Oui. Cette réalité dit ce qu’elle dit. Elle est là et elle a une conséquence : la participation à l’Europa League est très compromise. Il nous reste trois matches contre Rosport, Strassen et la Jeunesse. On n’est pas plus mauvais que ces trois équipes et si on les bat, on sera peut-être 4 e , mais en attendant, on en est loin. Après, l’effet Carzaniga, il était là, sur les premiers matches. Mais par la suite, il a disparu au niveau comptable. Il n’empêche qu’il a fait du très bon travail et on est tous reconnaissants de ça.

Il est arrivé en cours de saison et n’a pas pu participer à la construction de l’équipe. Regrettez-vous de ne pas l’avoir engagé dès l’été dernier?

Non, pour la simple et bonne raison qu’il n’en a jamais été question. En début de saison, on a pris la décision de garder Olivier Ciancanelli, voilà.

Le Progrès a 17 points de moins que Differdange, un rival avec qui il était censé rivaliser cette saison. C’est ça qui vous fait le plus mal?

Non, car j’ai du respect pour le travail des autres, surtout quand il est bien fait. Ce qui me fait le plus mal, c’est de voir que, quand les autres équipes ont fait des faux pas, on n’a jamais su en profiter. Si je prends deux matches, contre Mondorf et Grevenmacher, on doit prendre 6 points et au bout du compte, on en a 0. Avec ces deux victoires, en ce moment, on serait 4 e .

A priori, il n’y aura pas d’Europe pour le Progrès cet été. C’est plus une mauvaise affaire financièrement ou du point de vue de l’image?

C’est sûr que quand on est Européens, dans les caisses, ça fait du bien. Mais on n’a jamais tablé sur cet argent-là. Mon père m’a toujours dit  : « Ne dépense pas l’argent que tu n’as pas. » Alors on peut vivre sans l’Europa League. Cet aspect ne me préoccupe pas. J’en suis à un stade où je me dis qu’on a fait des erreurs et qu’à l’avenir, on n’en fera plus et ça deviendra même une force.

À quelles erreurs pensez-vous?

Il y en a plusieurs. Mais si on parle du point de vue purement sportif, l’erreur, c’est d’avoir tout misé sur Rossini. En début de saison, on a voulu se concentrer à 100 % sur Pino Rossini au niveau de notre jeu. Mettre tout ce poids sur un seul joueur, on ne le fera plus jamais. Avant, la force de notre jeu était que le danger pouvait venir de partout. Recruter un gars comme ça, ça met une certaine pression à tout le monde. On n’ose pas le sortir du terrain… Aujourd’hui, je ne suis pas gêné de le dire : on a fait une énorme erreur. On a aussi été trop gentils avec certains joueurs, on n’a pas su mettre une barrière qu’on mettra à l’avenir.

Le Progrès en est à quatre défaites de suite, ce qui ne lui est plus arrivé depuis trois ans…

On n’a pas battu le record! Il y a quatre ans, quand Henri Bossi était l’entraîneur, on en avait fait sept de suite et on s’était maintenus avec Paolo Amodio sur un match de barrage contre Strassen, avec ce but de Rougeaux à la 119 e minute.

Presque tous les joueurs sont encore sous contrat pour plusieurs années. Au regard de la saison que vous faites, c’est une bonne chose?

Oui! On ne va pas tout remettre en question. Ce groupe s’est qualifié pour l’Europa League il y a un an, les gars n’ont pas perdu leurs qualités de footballeur du jour au lendemain. Regardez les frères Thill, ils sont incroyables cette saison! Non, l’idée, c’est toujours de se stabiliser.

Alors cette saison ne vous a pas découragé?

Non! Moi, je suis un gars du village, j’ai eu ma première licence ici à sept ans. J’ai un lien sentimental avec mon club que d’autres présidents n’ont pas. L’objectif qu’on a tous en tête, c’est le centenaire du club, en 2019. Je serais peut-être fatigué dans 15 ans ou dans deux ans, on n’en sait rien, ces choses-là, ça ne se prévoit pas.

Matthieu Pécot

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