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Pjanic : « J’ai entendu parler du petit Thill »


Le Schifflangeois Miralem Pjanic affrontera le Luxembourg avec l'équipe de Bosnie, vendredi soir au stade Josy-Barthel. (Photo AFP)
Le Schifflangeois Miralem Pjanic affrontera le Luxembourg avec l'équipe de Bosnie, vendredi soir au stade Josy-Barthel. (Photo AFP)

Miralem Pjanic se délecte des retrouvailles de vendredi avec «son» Luxembourg et balaye tous les sujets : sa sélection, son avenir à la Roma, l’éclosion de Vincent Thill…

Venir au Luxembourg, c’est encore un moment particulier ?

Miralem Pjanic : Ça fait toujours plaisir d’avoir l’opportunité de jouer contre la sélection nationale. Ça me permet de voir ma famille. Au stade, il y aura aussi des amis, des anciens coaches.

Vous parlez de vos entraîneurs à Schifflange ?

Quand je viens au Luxembourg, c’est surtout à Schifflange, alors eux, je les vois régulièrement. Là, je parle des gens de la FLF que j’ai moins l’occasion de voir. C’est un plaisir de les retrouver.

En septembre 2010, après votre but au stade Josy-Barthel (0-3 en éliminatoires de l’Euro-2012), vous aviez réussi à contenir votre joie. Avez-vous réfléchi à la manière dont vous allez célébrer celui de vendredi si ce moment devait arriver ?

J’ai toujours du respect pour le Luxembourg et j’en aurai toujours. Je ne me pose pas la question de savoir comment je fêterai ça. Ça reste un match de foot.

Aujourd’hui, quel rapport entretenez-vous avec Schifflange ?

J’y viens surtout pour voir ma famille. À Rome, on joue tous les trois jours, j’ai peu de temps libre. En fait, j’ai peu de temps pour ma famille. C’est triste, mais c’est comme ça, on s’habitue à tout.

Avez-vous eu la curiosité de savoir ce que le club de Schifflange avait fait de l’argent qu’il avait touché des indemnités de formation à chacun de vos transferts ?

Les chiffres, ça ne m’intéresse pas. Je sais qu’ils ont reçu quelque chose à chaque transfert et ça suffit à me rendre heureux. Ça me fait plaisir de m’imaginer qu’avec l’argent, ils ont permis à des jeunes de progresser. C’est ici que j’ai signé ma première licence, là où j’ai fait mes premiers pas. Schifflange est dans mon cœur pour toujours.

Quel regard portez-vous sur le niveau et l’évolution de l’équipe du Luxembourg ?

Je regarde les matches dès que je le peux. Ils mettent en difficulté de plus en plus d’adversaires. C’est une équipe qui sait bien défendre, qui sait fermer l’accès à son but. Il suffit de voir les résultats du Luxembourg pour comprendre que c’est un pays qui est en pleine progression. On prend le match de vendredi très au sérieux. Ça fait déjà un moment que je sais qu’il n’y a plus de match facile.

Christopher Martins joue à Lyon et Vincent Thill à Metz, soit deux clubs dans lesquels vous avez évolué. Suivez-vous les trajectoires des deux plus grands espoirs du foot luxembourgeois ?

J’ai entendu parler du petit Thill par le biais d’amis qui sont encore au FC Metz. On m’en a dit beaucoup de bien. Maintenant, il faut qu’il sache que la suite se passe au niveau de la détermination, de la tête, du sérieux. Tout dépendra de lui. Il est très bien à Metz. C’est un endroit idéal pour faire ses premiers pas. Je connais sa famille. Son père a joué contre le mien ! Pour ce qui est de Martins, je sais qu’il y a un Luxembourgeois à Lyon, mais comme j’ai moins de contacts avec l’OL qu’avec Metz, je n’ai pas eu plus d’échos que cela.

Beaucoup de jeunes luxembourgeois d’origine bosnienne visent uniquement l’équipe nationale de Bosnie en ayant moins de garantie d’y arriver que vous. Que cela vous inspire-t-il ?

J’espère être un exemple pour les autres gamins du Luxembourg. Même si c’est un pays où le championnat n’est pas professionnel, en étant déterminé, il y a moyen de réussir dans un club pro avec la formation qu’on reçoit grâce à la FLF. J’espère que j’ai réussi à transmettre cela : en repoussant ses limites, on peut aller loin. Après, chacun fait son choix. Il faut écouter sa tête. Quand j’étais à Metz, j’ai eu un millier de propositions de plus grands clubs, mais je suis resté car je savais que c’était le club parfait pour faire mes premiers pas. Il faut aussi être respectueux envers tout le monde.

Imaginez-vous parfois à quel niveau serait le Luxembourg si en 2007 vous aviez choisi de représenter ce pays plutôt que la Bosnie ?

Alors là, difficile à dire… Je ne sais pas du tout à quel niveau serait le Luxembourg. Mais je pense que tout le monde a fini par comprendre que j’ai dû faire un choix. J’ai eu la chance de réaliser un rêve : jouer une Coupe du monde avec mon pays natal. La Bosnie a connu des années difficiles, les gens ont été malheureux à cause de la guerre et l’idée de pouvoir rendre les gens heureux, même momentanément, me donne de la fierté. Après, on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait, surtout dans le football. Si ça se trouve, plus tard, je serai entraîneur ici, au Luxembourg !

À chaque mercato, votre nom est évoqué dans les plus grands clubs d’Europe et associé à de grosses sommes (NDLR : sa valeur est estimée aujourd’hui à environ 30 millions d’euros). Comment le vivez-vous ?

Je n’ai aucun problème avec ça. J’ai conscience du monde dans lequel je vis. J’ai un contrat à Rome mais je sais aussi que dans ce milieu, tout peut aller très vite. Il suffit que deux clubs se mettent d’accord et on peut rapidement se retrouver ailleurs.

Parlons de la Bosnie. L’élimination en barrage de l’Euro contre l’Irlande en novembre dernier (1-1, 2-0) est-elle digérée ?

On a pris un gros coup derrière la tête. On a très mal commencé les éliminatoires, puis on s’est repris, on s’est arrachés, mais on est tombés sur une Irlande mieux organisée. Si on regarde les dernières qualifications, on a joué trois fois le barrage et on s’est qualifiés une fois directement. Aujourd’hui, on est en train de construire une équipe pour l’avenir, en pensant d’abord au Mondial-2018 en Russie.

Le fait de jouer à l’AS Roma avec Edin Dzeko depuis le début de la saison peut-il profiter à la Bosnie ?

Je l’espère en tout cas. Quand on joue tous les jours avec quelqu’un, forcément, on a plus de facilités à le trouver, on comprend mieux tous ses déplacements, ses appels, bref, ça ne peut être que bénéfique pour le pays.

Entretien avec Matthieu Pécot

Luxembourg-Bosnie, vendredi à 20h15, stade Josy-Barthel

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