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Quand Gilles Bettmer conseille Vincent Thill


(Illustration : Editpress)
(Illustration : Editpress)

Gilles Bettmer, 16 ans et 229 jours le soir de sa 1re sélection en 2005 face au Canada, glisse quelques conseils à Vincent Thill, qui devrait devenir le recordman de précocité ce soir, à 16 ans et 50 jours.

Vous allez probablement perdre votre statut de plus jeune joueur de l’histoire de la sélection nationale, ce soir. Ça vous rend triste ?

Gilles Bettmer : Non, ce n’est pas grave. Je n’ai aucun problème avec ça, surtout que celui qui va le battre a l’air d’être un bon jeune.

Quel souvenir gardez-vous de votre première sélection, le 16 novembre 2005 ?

On avait perdu à Hesperange contre le Canada (0-1), ce n’était pas l’affiche la plus magnifique de l’histoire du football, mais c’était un match important pour moi. Je me suis rassuré après les premiers entraînements avec le groupe, j’ai vu que j’avais le niveau, il n’y avait pas de raison de se prendre la tête.

Vous aviez bien dormi la nuit précédant le match ?

Oui, j’étais tranquille, comme toujours. C’est juste pendant l’échauffement que j’ai commencé à stresser. Puis le match a commencé. Je me suis dit : « Si tu réussis ta première passe, tu réussiras la deuxième et puis la suivante… »

Et cette première passe, vous l’avez réussie ?

Oui! Je ne sais plus à qui j’ai donné le ballon mais je l’ai réussie et c’était parti. Ensuite, j’ai joué libéré à chacune de mes sélections (NDLR : il a totalisé 58 sélections entre 2005 et 2013). Mais bon, j’avais un sentiment bizarre puisque j’étais très content d’avoir ma première sélection, mais à côté de ça, on a perdu. Et je me suis dit que ce n’était pas normal qu’on ait perdu alors que quand je suis rentré sur le terrain (NDLR : à la 66e minute), il y avait 0-0.

Comme Vincent Thill, vous étiez dans le centre de formation d’un club professionnel. Le retour à Fribourg était-il délicat à gérer ?

Je me faisais un peu chambrer. Les gars me disaient : « Mais c’est dans l’équipe féminine que tu joues? » Surtout qu’on perdait pas mal de matches. Il y avait aussi un peu de jalousie. Ma deuxième sélection, c’était contre les Pays-Bas. Il y avait van Persie, Huntelaar… Mes coéquipiers à Fribourg, au mieux, ils jouaient avec l’équipe d’Allemagne U17…

Quand on a 16 ans et qu’on joue contre des adultes, le risque de se blesser est-il plus important ?

Les coups, ce n’est pas la même chose. Au début, ça fait mal, tu ne dois pas te plaindre, il ne faut montrer ni de la faiblesse ni de la peur. Tu prends un coup? Tu te relèves et tu fermes ta gueule! Tu es peut-être un gamin qui joue à l’étranger, tu restes un gamin quand même. Si tu veux montrer que tu es fort, c’est sur le terrain que tu dois le faire, pas en te plaignant.

Comme vous, Thill est gaucher et dribbleur. Les petits ponts à l’entraînement, on a le droit ?

Les petits ponts à l’entraînement, ça dépend à qui! Moi, je me souviens que Jeff Strasser m’avait taclé avec les deux pieds décollés. Alors sur les copains, pas de problème, mais pas sur n’importe qui!

D’une manière générale, faut-il anticiper le danger en sautant à chaque tacle ?

De toute façon, Vincent Thill est plus vif que moi. Il ne faut pas trop réfléchir et jouer comme on sait le faire. Il est surclassé à Metz et c’est presque déjà contre des adultes qu’il joue.

Recueilli par Matthieu Pécot

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