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Bure – La résistance change de visage


Manifestation gentillette, hier, devant le laboratoire de l'Andra, où les cyclistes de l'AlterTour ont fait étape. Le camp VMC de début août s'annonce beaucoup plus radical. (Photo : RL)

Les manifestations antinucléaires se succèdent cet été sur le site.

Hier, l’AlterTour a fait étape en Meuse (Lorraine). Mais du 1er au 10 août se tiendra un grand camp rassemblant les écolos les plus radicaux. Signe que la lutte prend une autre tournure.

Une trentaine de cyclistes tournent en rond devant les grilles du laboratoire de l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets nucléaires). Pour sa première étape hier, l’AlterTour a choisi Bure : «Nous venons dénoncer l’aberration écologique du projet Cigéo.» Il aura fallu attendre la 8e édition pour que ce tour écolo à vélos de 1 400 km sur cinq semaines passe enfin par la Meuse. Pour le plus grand plaisir des opposants historiques locaux. «2015 restera comme l’année du renouveau. Bure devient le centre des luttes environnementales», se félicite Claude. «L’an dernier, à Notre-Dame-des-Landes, Cigéo était à peine connu. Cet été, tout le monde en parlait», ajoute Irène de retour de Loire-Atlantique. Le passage en force du gouvernement et des parlementaires via le 49-3 de la loi Macron sur la réversibilité de Cigéo et la phrase de Ségolène Royal se disant personnellement défavorable à l’enfouissement des déchets ont fini par galvaniser, ces dernières semaines, l’opposition.

Pas étonnant que les Ami(e)s de silence, collectif publiant une revue très appréciée dans le milieu écolo, aient choisi la Meuse pour ses 14e rencontres estivales. Son camp est installé, jusqu’au 2 août, à 6 km de Bure.

Convergence policière

C’est là, sur les 8 hectares de l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois prêtés par les propriétaires, que se prépare l’événement de l’été : le camp VMC, pour Vladimir, Martine & Co. L’explication de ce sobriquet permet de mieux cerner le mouvement. Il fait référence à Vladimir Martynenko, l’agent d’entretien de l’aéroport de Vnoukovo à Moscou qui a oublié la déneigeuse ayant provoqué le crash de l’avion du PDG de Total, Christophe De Margerie.

Bien décidés à «mettre leur grain de sel dans les vertes vallées et les belles forêts de Meuse et Haute-Marne», les organisateurs annoncent déjà que ce camp «antiautoritaire et anticapitaliste» sera très suivi. Ce «temps de réflexion» pacifique, programmé du 1er au 10 août, a pour objectif de «permettre la rencontre de groupes en lutte et de renforcer la lutte contre Cigéo.»

Le collectif VMC est né des multiples rencontres effectuées au fil des camps NoBorder ou Action climat, ou des luttes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le TGV Lyon-Turin au Val Susa, la ligne à très haute tension de Chefresne (Manche) ou la gare des trains Castor de Valognes (Manche). Des zadistes, engagées dans des zones à défendre (Zad), seront évidemment de la partie.

Philippe Marque (Le Républicain lorrain)

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