C'est la classe
Certes, les frères Schleck ne gagneront pas ce Tour de France désormais promis à Alberto Contador, ce conquistador qui aura donc su résister à tout. À la mort, qu'il a entrevue en chutant lourdement en 2004. Aux affaires, qui ont gâché son succès en 2007. Mais surtout à Lance Armstrong, son coéquipier qui est venu au début de ce Tour 2009 s'imposer à ses côtés comme coleader dans une équipe Astana surpuissante, mais divisée de toutes parts. / Denis Bastien
Hier, bien sûr que le coureur castillan a souffert lorsque les frères Schleck lui ont mené la vie dure. Franchement, quelle partie de manivelle! Bien sûr qu'il n'était pas si simple pour lui de se retrouver ainsi coincé, en infériorité numérique, entre les deux frangins Schleck. Mais entre seigneurs de la route, on s'entend toujours. Et sur le final de cette 17e étape du Tour, avant de plonger vers le Grand-Bornand, il n'y avait plus que des seigneurs de la route.
Ce n'est pas la première fois qu'on voyait les frères crever les écrans de télévision du monde entier en direct live, mais cette fois, c'était du consistant. Du rafraîchissant. Oui, c'était puissant. Et bien sûr très émouvant. C'était la classe, il n'y a pas d'autres mots.
Car les frères Schleck, qui ont trouvé cette formule toute bête de se définir mutuellement comme les deux meilleurs copains, les frères Schleck, qui partagent cette passion de la chasse, de la pêche et de la déconne, oui, ils ne s'en cachent pas, n'en déplaise à ces nombreux pisse-vinaigre qui trouvent toujours à redire sur tout, se sont surtout amusés, hier. On ne pouvait pas échapper à cette hilarité ambiante au moment où les deux-là passaient à confesse.
On se souvient qu'il y a peu, alors que leurs destins semblaient déjà tracés, alors qu'on voyait ce gamin, Andy, rattraper à grands pas le sillage de son aîné, déjà victorieux à l'Alpe-d'Huez en 2006, ils affichaient un fantasme. Et Johnny, leur père, ancien coureur professionnel, les rejoignait dans ce délire qui n'en était pas un. Que les deux frangins se retrouvent dans un final pour jouer la gagne.
Ce fut fait l'an passé dans Liège-Bastogne-Liège qu'Andy a justement raflé cette année avec déjà la complicité du plus grand. Évidemment, dans le Tour et son miroir grossissant, ça prend une tout autre proportion. Dans la plus grande étape de montagne du Tour 2009, ils ont marqué, quoi qu'il advienne d'ici Paris, l'histoire de cette édition.
Leurs émotions s'entrechoquent dans cette violence médiatique du moment, mais jamais ils n'oublient que le chemin ne fut pas aussi rectiligne qu'il y paraît ici. Il y a les chutes, les plaies, les bosses et plus sournois, il y eut ces rumeurs. Désormais balayées dans ce délicieux instant.
Cette fois, ils sont en route pour le podium, car décidément, on ne peut dissocier l'un et l'autre. Même si l'un va y monter alors que l'autre, handicapé aujourd'hui avec ce gros contre-la-montre d'Annecy, risque d'en descendre. Ils sont la fierté du Luxembourg et ils amusent la planète toute entière.
Encore une fois, c'est bien la classe!




del.icio.us
Digg
effectivement c'est un grand plaisir de voir nos deux artistes sur les plus grandes chaînes sportives du monde.
Bravo vous deux pour l'étape du 22 juillet.
Je vous souhaite le podium bien évidemment, mais jusque là vous nous avez déjà bien fait vibrer!!!
François
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