France/SNCF: le trafic s'améliore, mais les voyageurs gênés sur le réseau Sud-Est
Le retour à la normale du trafic SNCF s'est confirmé samedi, au quatrième jour de la grève de la CGT et de SUD-Rail, ce qui n'a pas empêché les voyageurs de connaître des désagréments surtout dans le sud-est du pays pour le début de ce week-end de chassés-croisés.
La CGT, première force syndicale à la SNCF à l'origine de la grève, a prévenu qu'il fallait s'attendre à un renforcement du mouvement à partir de lundi, notamment en région parisienne.
Les plans de transport affichés samedi par la SNCF étaient conformes aux prévisions de vendredi, qui valent pour tout le week-end: service normal pour les TGV sauf dans le Sud-Est avec 80% du service assuré, 60% du trafic assuré pour les liaisons province-province, 75% des Intercités et 65% des Téoz.
Par ailleurs, 78% des TER circulent selon la SNCF, les RER roulent normalement et les Transilien presque tous.
La direction évoque un retour progressif à la normale, sauf sur le réseau Sud-Est. "Le conflit devient plus régional", a estimé une porte-parole. Gare de Lyon, à Paris, des files se sont allongées au cours de la matinée devant les guichets d'accueil, dans le calme malgré les déconvenues de certains voyageurs. L'un d'entre-eux, qui devait se rendre à Arles via Lyon, se voit proposer de rejoindre Avignon, où la SNCF lui fournira un bon pour un taxi jusqu'à sa destination finale. "Les gens ne râlent pas trop, c'est peut-être parce que c'est les vacances", constate un agent d'accueil, Dialo Thiero, 26 ans.
Un autre, Jules, explique à l'AFP que des voyageurs ont dormi dans une rame-dortoir Gare de Lyon, après l'annulation de leur train vendredi soir. A la gare Matabiau de Toulouse, le trafic TGV était normal vers Paris, mais vers Marseille aucun TGV ne circulait, selon un employé.
A Marseille, la gare Saint-Charles n'enregistrait pas de grande affluence en début de matinée, mais une longue queue faisait face aux guichets en raison des annulations de train, notamment de TGV, conduisant les voyageurs à changer leurs billets. "Pour Lille, il faut changer à Lyon, sinon le prochain train direct est à 13H39. Vous montez à bord, sans garantie de place. Bon vent!", a lancé un responsable commercial de la gare à une dame en début de matinée.
A La Part-Dieu à Lyon, un retraité, Michel Monnie,r s'est senti "piégé". La liste des trains en circulation trouvée sur Internet s'est avérée fausse: "Le train que j'espérais prendre ne circule pas ce matin", déplore-t-il. Sur le quai à Strasbourg, deux touristes allemands, Joachim et Elisabeth Wangemann, attendaient le TGV pour Marseille. "On devait partir en train de nuit mais il ne roulait pas à cause de la grève. On a dû dormir chez des amis à Strasbourg", explique Joachim, 66 ans. Le secrétaire général de la CGT, Didier Le Reste, a mis en doute samedi les plans de transport communiqués par la SNCF, jugés "trop optimistes". Il a affirmé que la grève allait se renforcer lundi en raison de "l'arrogance de la direction", qui refuse de négocier avec les syndicats tant que dure la grève. Les revendications de la CGT portent notamment sur "l'emploi et les restructurations".
"Le rapport de force se maintient par rapport à vendredi et va certainement se renforcer dès lundi dans des endroits où nous étions plus faibles ces derniers jours, singulièrement en Ile-de-France", a-t-il dit à l'AFP, ajoutant que la direction devrait assumer "les désagréments pour les usagers". La SNCF ne communiquera pas ce week-end de taux de grévistes, la CGT ne disposait pas samedi d'estimation nationale à la mi-journée.




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