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France: Un retour à la normale est prévu vendredi matin

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Le trafic aérien a encore été perturbé jeudi au deuxième jour de grève d'une partie des contrôleurs aériens qui redoutent la construction d'un service de navigation européenne avec l'Allemagne, le Bénélux et la Suisse, à l'horizon 2012-2013.

Un retour à la normale est prévu vendredi matin.
Un vol sur deux a été annulé jeudi conformément à la demande de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) à l'aéroport d'Orly et 15% à Roissy, soit des perturbations semblables à mercredi, journée également marquée par de la neige et des pluies verglaçantes.
Selon Didier Pennes (FO), "les taux de grévistes, communiqués par la DGAC, s'élèvent à 21% pour l'ensemble des personnels (12.000 personnes) et entre 25 et 40% dans les centres de contrôles, mais ces chiffres sont un peu minorés".
Les voyageurs ayant été prévenus à l'avance, l'ambiance a été calme à l'aéroport d'Orly où les écrans affichaient les annulations les unes après les autres, a constaté une journaliste de l'AFP. Jean-Claude et Françoise, 50 ans, heureux "de rentrer dans le sud", avaient été prévenus de la suppression de leur vol le matin. "Mais on nous donne un autre vol pour Biarritz", souriaient-ils dans le hall d'Orly Ouest. Rachid, plus anxieux, se demandait devant les écrans "que faire pour récupérer un vol pour Casablanca". "Ils annulent mais ne donnent pas de solution", soupirait-il. Les régions aussi étaient touchées comme la veille par la grève.
A Lille-Lesquin, plusieurs vols ont été annulés (vers Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille) et des retards oscillant entre 10 minutes et 1h30 ont été enregistrés. A Marseille Provence, 18 vols ont été annulés jeudi. Il s'agit de vols de ou vers Orly, Lyon, Tunis, Casablanca, Prague ou Madrid. Des vols maintenus ont accusés des retards en raison d'une "grève du zèle", selon une porte-parole de l'aéroport. Les syndicats CGC-CGT-FO-Unsa/IESSA, d'un côté, et CFDT, de l'autre, avaient déposé un préavis de grève de 48 heures pour les journées de mercredi et jeudi.
Les syndicats s'inquiètent d'un projet gouvernemental visant à promouvoir une structure européenne intégrée pour la navigation aérienne (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Luxembourg), où ils redoutent un "démantèlement de la DGAC", dont les salariés sont des fonctionnaires d'Etat. "Il y a eu pas mal d'assemblées générales aujourd'hui qui ont montré la volonté de poursuivre le mouvement, mais autrement que par la grève", a indiqué Didier Pennes. L'intersyndicale pourrait décider de boycotter les négociations protocolaires qui doivent reprendre pour planifier les besoins de la DGAC en 2010 et 2011 et qui devaient aboutir en mars/avril", a-t-il poursuivi.
Selon l'Unsa-Iessa, qui représente les ingénieurs responsables des systèmes de sécurité (1.200 salariés), 80% de cette catégorie de personnel était en grève. Dans un communiqué, ce syndicat dit "s'alarmer de l'intention du gouvernement de lancer une privatisation larvée sous couvert de construction européenne". En revanche, le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), qui représente 54% des contrôleurs et environ 20% du personnel total, et n'appelait pas à la grève, s'est dit prêt à négocier à la suite des garanties données lundi par le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.

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