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Italie/corruption : nouveau répit pour Silvio Berlusconi

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image Affaire Mills: Berlusconi échappe à la justice (Photo:AFP)

Silvio Berlusconi, accusé d'avoir corrompu son ex-avocat, a obtenu samedi un nouveau répit, en attendant une réforme de la justice qu'il mène tambour battant pour contrer "les magistrats talibans" et qui va sans doute permettre au chef du gouvernement italien d'échapper à toute condamnation.

Samedi, après une courte audience à laquelle l'accusé ne s'était pas rendu, les juges milanais ont décidé de renvoyer le procès au 26 mars. M. Berlusconi est accusé d'avoir versé 600.000 dollars, en échange de faux témoignages en sa faveur, à son ex-avocat britannique David Mills.

Ce dernier avait été condamné à quatre ans et demi de prison, en première instance, puis en appel, mais jeudi la Cour de cassation a jugé que ces faits, avérés, étaient désormais prescrits. Le cas de Berlusconi, co-accusé de Mills, avait été dissocié en raison d'une loi d'immunité pénale, qu'il avait fait adopter dès son retour au pouvoir en 2008, mais déclarée inconstitutionnelle à l'automne dernier. Compte tenu de cette "pause", ces faits seront prescrits pour Berlusconi seulement au printemps 2011, selon les calculs des experts.

D'ici là il faut tenir. Pour celà, il a dans sa manche tout un arsenal législatif en préparation. D'abord la loi sur "l'empêchement légitime" qui permet au chef du gouvernement et à ses ministres d'obtenir automatiquement la suspension d'un procès pendant un délai de 18 mois minimum. Adopté par les députés après un débat houleux -la gauche avait parlé d'une "page honteuse pour les institutions"-, il sera examiné par le Sénat le 9 mars.

"S'il est adopté, l'audience du 26 mars n'aura pas lieu d'être", commente Luigi Ferrarella, du Corriere della Sera. Ensuite, la loi sur "le procès bref" qui éteint toute action, si justice n'est pas rendue définitivement (en première instance, en appel et en cassation) dans un délai de six ans, ce qui compte tenu de la lenteur de la justice italienne est quasiment impossible.

Vendredi, le Cavaliere a martelé qu'il était bien décidé à poursuivre ces réformes, s'en prenant une énième fois aux "juges rouges" qu'il accuse de "harcèlement" et qu'il a qualifiés cette fois-ci de "talibans", "pires que la corruption et la criminalité organisée". L'association des magistrats s'est aussitôt insurgée contre "cette escalade intolérable d'insultes et d'agressions à l'égard des magistrats italiens", déjà comparés dans le passé par le Cavaliere à un "peloton d'exécution". Même si une réforme de la justice italienne est unanimement jugée nécesssaire pour la rendre plus efficace et raccourcir les procédures, l'opposition n'a cessé de dénoncer ce "tsunami" de lois faites sur mesure.

"Après quinze ans de procès et de guerre contre la magistrature, quelle crédibilité a Berlusconi quand il parle de lutte contre la corruption?", s'est interrogé récemment le chef du groupe Italie des valeurs (idv, opposition) à la chambre des députés, Massimo Donadi. Lundi, le conseil des ministres se penche sur un projet de loi sur "la prévention et la répression de la corruption et de l'illégalité dans l'administration publique".

Ce texte prévoit l'inégibilité pour toute personne ayant fait l'objet d'une condamnation définitive. Dans le passé, M. Berlusconi a été poursuivi pour corruption de policiers, fraude fiscale, financement illégal de parti, corruption de juge. Mais il n'a jamais été condamné définitivement : soit il a été innocenté en appel ou en cassation, soit il y a eu prescription. (AFP)

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