S'organiser pour produire plus
Malgré des travaux, la centrale nucléaire de Cattenom s'organise pour dépasser cette année son record historique de production.
Deux arrêts automatiques de tranche coup sur coup à la mi-mars, des grappes de quatre mètres de hauteur qui restent bloquées à 65 cm de leur but et empêchent une partie du déchargement de combustible sur la tranche 4… ce qui n'empêche pas Cattenom de viser cette année un record historique de production. / Laurence Schmitt Le Républicain lorrain
Le chantier du nouveau bâtiment tertiaire vient tout juste de démarrer sur le site de Cattenom. Huit millions d'euros d'investissement pour 230 personnels qui y prendront leur quartier d'ici la fin de l'année. Parmi eux, un service ingénierie renforcé et complètement réorganisé.
Des vingt personnes aujourd'hui, l'équipe passera à soixante ingénieurs et techniciens « vingt embauches, et vingt personnes de l'interne», explique Stéphane Dupré la Tour, directeur du site.
Nom de code: AP 913
Une appellation et une méthode piquées aux Américains, que l'on pourrait résumer par prévenir plutôt que guérir. Sur le papier, c'est l'évidence même. Dans la réalité, c'est une autre façon de travailler.
«Identifier les matériels sensibles», détaille le directeur, «établir les règles de maintenance, la surveillance des paramètres…» Voilà qui devrait éviter les pannes fortuites qui imposent baisses de charge, voire arrêts prolongés. L'ordre national étant, production toute, chaque site est prié de s'organiser au mieux pour... produire au plus. Du coup, remontent en mémoire les courroies de ventilateur qui, l'an dernier, avaient rendu l'âme les unes après les autres et le manque de stock sur site. «La gestion de notre magasin général va être entièrement revue», confirme Stéphane Dupré la Tour.
«Reconstituer le stock en nous interrogeant sur l'utilité de la pièce, son besoin en cas de défaillance…» Et devant la nécessité de produire à fond, le directeur ne s'inquiète guère: «Ce sont les baisses de charge, les variations de température qui peuvent être dommageables.»
D'où l'espoir cette année de dépasser le record historique de production en atteignant les 39 milliards de kilowattheures (TWh). L'an passé, le CNPE a fourni 33 TWh. Quatre arrêts de tranche programmés, trois mois de conflit social, une hausse sensible des accidents de travail avec arrêt, n'ont guère permis d'aller au-delà. Cette année, seuls deux arrêts de tranche auront lieu et les pépins du mois de mars, n'entament pas le moral de la direction.
«Deux arrêts automatiques, deux jours de suite, mais sans lien entre eux. Défaillance dans la régulation de la turbine vapeur, dans un cas, et défaut électronique dans la chaîne de mesure, dans l'autre.» C'est là où la super-équipe AP 913 aurait peut-être pu intervenir.




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