Un coup de grisou semblable à celui de 75
Longtemps minimisée, l'ampleur de la récession qui traverse le Luxembourg ne peut plus être ignorée. Avec un recul de 5,3 % du PIB au deuxième trimestre sur un an, le pays touche à des records douloureux.
La crise financière n'a pas été vraiment moins douloureuse pour le Luxembourg que la crise de la sidérurgie. Sur un an, le pays a enregistré, au deuxième trimestre 2009, une contraction du PIB semblable à celle enregistrée en 1975. / De notre journaliste Delphine Dard
Le Statec a annoncé hier qu'au deuxième trimestre 2009, la contraction du PIB en volume a été de 0,3% par rapport au trimestre précédent et de 5,3% par rapport au deuxième trimestre de l'année 2008.
Pour Bastien Larue, du service conjoncture et prévision du Statec, il semble que l'on ait cette fois atteint un point bas, mais, dit-il, «ce point est très très bas».Les dernières révisions du Statec
Les estimations du PIB pour les derniers trimestres 2008 ont été révisées à la hausse : -0,7% au lieu de -0,9% pour le troisième trimestre 2008, -3,9% au lieu de -5,0% pour le quatrième trimestre 2008. Pour le premier trimestre 2009, l'estimation a été révisée à la baisse : -5,9% au lieu de -5,4%. L'évolution annuelle du PIB en volume en 2008 a été révisée à la hausse: 0,0% au lieu de -0,9%. Pour 2007, la révision aboutit à une croissance du PIB de 6,5% au lieu des 5,2%.
Parmi les voisins européens du Luxembourg, seule l'Allemagne affiche une contraction plus importante que le Grand-Duché avec un recul au deuxième trimestre 2009 qui atteint 5,9% sur un an. La Belgique, elle, affiche un recul du PIB de 3,8% sur un an et la France limite les dégâts avec un recul de 2,6%. Sur cette même période, la Zone euro enregistre un recul de 4,7%.
Ainsi, Bastien Larue n'hésite pas à comparer la contraction du PIB luxembourgeois actuel à celle que le pays a connue en 1975, en plein cœur de la crise de la sidérurgie, quand le PIB a frôlé un recul de près de 6%.
Mais pour l'heure, le Statec attend des chiffres plus positifs pour le troisième trimestre. En effet, l'industrie, qui a connu un recul de sa croissance de près de 20% fin 2008, est déjà stable depuis le premier trimestre 2009. Ainsi entre le premier et le deuxième trimestre de cette année, le secteur de l'industrie et de l'énergie a connu une progression de 2,6% de sa valeur ajoutée brute. Si le secteur des services en général continue encore à ralentir, le Statec a observé que les services financiers se redressent déjà.
Dans la période très difficile d'un an que le Luxembourg vient de traverser tant bien que mal, comme la plupart des pays européens, il est en revanche étonnant au premier abord de constater que la dépense de consommation des ménages n'a connu qu'un faible recul.
Par rapport au premier trimestre 2009, la dépense de consommation finale des ménages a connu une hausse de 0,5% au deuxième trimestre 2009.
«Le gouvernement a changé les tranches d'imposition et a mis en place un système de primes pour les automobiles. De plus, les taux d'intérêt ont baissé, or comme beaucoup de ménages sont propriétaires au Luxembourg et ont emprunté à taux variable, ils ont vu leurs mensualités de remboursement baisser. Tout ceci a contribué à soutenir la consommation», constate Bastien Larue.
Mais selon lui ce type de consommation n'est pas susceptible d'apporter une croissance durable, car elle est basée sur des mesures temporaires. Avec un endettement grandissant des ménages, le statisticien prévoit déjà que la consommation des ménages va connaître un coup de mou dans les mois à venir, signe que la récession n'est pas terminée.




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