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La biomédecine en marche

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image Le matériel et le personnel de l'IBBL s'installent peu à peu. La biobanque devrait compter à terme une quarantaine de salariés.(Photo: Pierre Matgé)

À travers la biobanque intégrée inaugurée hier, c'est un secteur d'avenir qui s'ouvre au Grand-Duché, prometteur pour l'économie : la recherche et la santé.



Biobanque, biomédecine, biotechnologies... Rien à voir avec un retour à la nature. La médecine de demain se prépare à l'Integrated biobank of Luxemburg (IBBL), premier de trois partenariats avec d'éminents centres de recherche ou de technologie américains. / De notre journaliste Camille Leroux

Integrated biobank of Luxembourg. For next generation healthcare». Un nom bien complexe pour tout béotien de la recherche. «Une biobanque sert à stocker des échantillons et des informations utiles pour la recherche», indique Jean-Claude Schmit, président de l'IBBL. Au rez-de-chaussée sont entreposés ces échantillons de tissus humains ou de tumeurs cancéreuses. Ils sont ensuite préparés selon les besoins: tissus solides, cellule vivante, ADN, protéines... Avant de passer à l'étape de la recherche, pour un séquençage ADN par exemple. «Notre particularité, c'est de donner une grande importance au contrôle de la qualité», indique Fay Betsou, responsable du secteur recherche préanalytique à l'IBBL. Sachant que les échantillons sont anonymes mais accompagnés de données importantes pour les chercheurs comme «les antécédents familiaux, le mode de vie, les médicaments pris», précise Pierre Plumer, directeur du département Santec (technologie pour la santé) au CRP Henri-Tudor chargé de développer un logiciel intégré pour gérer les spécimens et leurs informations.

Une nouvelle façon de traiter le cancer

Mais l'IBBL n'est pas une biobanque comme les autres et son inauguration en est la preuve, avec les ministres de la Santé, de la Recherche et de l'Économie, le Grand-Duc héritier et de nombreux chercheurs américains, coréens ou encore autrichiens. Car l'IBBL n'est «que la pointe de l'iceberg», appuie François Biltgen. Elle est en effet la première réalisation visible d'un projet global regroupant une biobanque, un laboratoire de biologie des systèmes (LCSB, prévu à Esch-Belval) et un programme de recherche sur la médecine personnalisée (PPM).

Celui-ci a d'ailleurs déjà commencé au CRP-Santé. «Nous avons calculé l'impact de nouveaux biomarqueurs sur la façon de traiter les patients atteints de cancer du poumon», explique Guy Berchem du laboratoire d'hémato-oncologie. Les biomarqueurs sont des indicateurs d'une protéine par exemple, à l'image des éléments permettant de déceler du cholestérol lors d'une prise de sang. La détection d'une protéine particulière dans la tumeur peut permettre à terme d'identifier la meilleure thérapie pour chaque individu.

Cette trilogie de projets bénéficie de partenaires américains prestigieux comme l'ISB de Seattle, fondé par Leroy Hood, biologiste mondialement reconnu pour avoir notamment conçu un séquenceur et générateur de protéines ADN. Ou encore T-Gen qui utilise les découvertes génomiques pour améliorer le diagnostic et le traitement de maladies. Ces bonnes fées américaines guident donc les Luxembourgeois dans la réalisation de ces projets. Leroy Hood se dit «impressionnépar l'efficacité, l'engagement, la capacité de décision» du Grand-Duché. «Une combinaison comme celle-là n'existe nulle part ailleurs dans le monde, et elle suscite beaucoup d'envie.»

L'avenir de l'économie luxembourgeoise

Le Luxembourg, qui a prévu d'octroyer 140 millions d'euros sur cinq ans à ce projet intégré, attend en effet des retombées sur la santé, mais pas seulement. «Nous ne créons pas une infrastructure, nous voulons développer un savoir-faire», insiste Jeannot Krecké. Objectif: gagner en renommée (et doper le PIB) dans un secteur éloigné de la finance, et attirer des chercheurs puisque la biobanque sera ouverte à tous, contrairement à la plupart de celles existantes. «Un fantastique potentiel de développement», conclut Mars Di Bartolomeo. 

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