Faut pas se voiler la face
ESCH-SUR-ALZETTE Les sapeurs-pompiers bénévoles étaient réunis en assemblée générale. Pour dire qu'ils se mobilisent mais que ce n'est pas toujours rose.
Une salle bien remplie. Attentive. Et dans l'attente en vue d'un redéploiement qui, d'une année sur l'autre, se fait toujours attendre. / De notre journaliste Jacques Paturet
Alors que certains participants à l'assemblée générale annuelle des sapeurs-pompiers bénévoles tenue conjointement avec celle de la Protection civile ont revêtu leur uniforme, le commandant du corps des soldats du feu s'affiche en tenue de simple civil : chemise colorée et jean. Comme pour bien montrer qu'il y a deux personnalités dans un pompier. Et Guy Bernard qui n'est pas homme à tenir sa langue va rapidement annoncer la couleur: «Il y a d'abord eu la crise financière, on a ensuite agité le virus de la grippe. Tout ça pour nous faire oublier qu'il y a urgence à réformer les services d'urgence», déclare-t-il.
Personne à la permanence
Il y a du monde, du matériel, il y a un potentiel énorme d'engagement mais il y aussi des limites. Le constat s'impose de lui-même : le bénévolat est en panne. «Certains soirs nos permanences sont aussi vides que le socle de la Gëlle Fra», fait-il encore remarquer. Les propos tenus par Robert Meyer, pour la Protection civile, ne sont pas plus rassurants. Il y bien eu un effort de fait avec l'embauche de douze agents professionnels dont trois ont été nommés à Esch. «Mais ces professionnels font leurs huit heures par jour. Et qui doit se taper le reste?»
On l'aura compris, la question est de pure forme et la conclusion est toujours la même : le bénévole dont on a si besoin se fait maintenant rare dans la mesure où il n'y a pas de reconnaissance.
Ce même débat sur le bénévolat et son impact sur le fonctionnement des services de secours avait déjà eu lieu quelques semaines plus tôt. Il avait été alors unanimement admis que la société avait évolué, que le sapeur-pompier d'antan ne travaillait plus dans sa commune de résidence et que la sidérurgie, à l'époque de l'Arbed, ne constituerait plus jamais un grand réservoir de bénévoles.
Les besoins sont connus et la députée-maire, Lydia Mutsch, présente ainsi que l'échevin Henri Hinterscheid a assuré qu'elle en prenait bonne note.
Présents également dans l'assemblée, les anciens commandants du corps, Michel Krieps et Jean Erpelding, n'ont pu constater que les temps avaient bien changé.




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