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IBBL : un moteur de recherche

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Financée à hauteur de 60 millions d'euros sur cinq ans par le gouvernement luxembourgois, l'IBBL veut jouer un rôle de moteur pour la science en Europe et pour l'économie au Grand-Duché. Claire Doyen

Bien plus qu'une biobanque, l'Integrated Biobank of Luxembourg (IBBL) veut être le centre névralgique de la recherche médicale en Europe. «La vision, pour l'IBBL, est de faire naître un centre d'excellence en matière de recherche biologique et biotechnologique», déclare le directeur de l'IBBL, le Dr Robert Hewitt. En place depuis seulement deux semaines, le chef de la biobanque luxembourgeoise a déjà fait ses preuves. Cet Anglais de 50 ans, qui est passé par Singapour, où il a exercé les fonctions de directeur des départements NUH-NUS Tissue Repository et Hospital-Based Cancer Registry du National University Hospital de Singapour, avant d'atterrir au Grand-Duché, a développé des biobanques dans la cité-État du sud-est asiatique, ainsi qu'en Angleterre et en Arabie saoudite.

En tant que directeur de l'IBBL, sa première mission sera la réalisation du projet de stockage et de distribution d'échantillons biologiques hautement spécialisés, qui soutiendra un réseau mondial de scientifiques et de chercheurs en cancérologie et autres spécialités. «Un des objectifs capitaux de l'IBBL est de développer la recherche d'échantillons de haute qualité, un domaine trop souvent négligé dans la recherche médicale», déclare le Dr Robert Hewitt.

>Vente de tissus humains

Une des pierres angulaires de ce projet sera notamment la mise en place de procédures sécurisées et standardisées pour la protection des données et la protection des droits des donneurs. «Le risque principal est la divulgation de ces données personnelles. On pense alors tout de suite au bénéfice que pourraient en tirer des sociétés d'assurance ou certains employeurs. Au Luxembourg, ce risque est quasi nul, grâce à la mise en place d'un dispositif de protection ultraperformant», assure le directeur de l'IBBL.

D'autre part, la protection des droits des donneurs sera garantie par l'obligation d'obtenir le consentement avant toute utilisation des cellules à des fins scientifiques. Cette protection des bio-données devra également être assurée dans le cadre de la vente d'échantillons à des entreprises pharmaceutiques. «Car nous vendrons des échantillons à des entreprises commerciales. Mais nous ferons la différence entre gagner de l'argent grâce à la vente de tissus humains et couvrir les frais occasionnés par leurs prélèvements. La question éthique sur cette pratique est un faux débat. Ce serait aller contre les principes éthiques que de refuser de fournir des échantillons aux industries pharmaceutiques et empêcher la recherche et le développement de nouveaux médicaments», déclare Robert Hewitt.

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