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Des ailes clouées au sol

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image Roland Dalscheid, équipier au sol, Pascal Kremer, pilote du Blériot, et Jean Birgen, de l'Aéro-sport.

Ils sont rentrés désolés, atterrés, attristés par leur aventure avortée. Quatre pilotes luxembourgeois de l'Aéro-sport, basé au Findel, avaient décidé de participer à la commémoration célébrant le centenaire de la traversée de la Manche par Louis Blériot. Ils n'ont jamais eu l'autorisation de décoller depuis Calais pour se rendre à Douvres. / De notre journaliste Isabelle Ducreuzet

C'est avec son avion BlériotXI en pièces détachées et transporté dans une remorque que Pascal Kremer, le pilote, est parti le jeudi 23 juillet depuis Luxembourg pour Calais afin de rejoindre les grandes festivités destinées à célébrer la première traversée de la Manche par Louis Blériot. Une aventure préparée de longue date par lui-même et son équipe, composée de Roland Dalscheid, de Bernard Frechen et de Goy Feltes.Des pilotes qui disent «zut»

Interdit également de vol, le Suédois Mikael Carlson, soutenu par son sponsor et toute son équipe professionnelle, décidera de son propre chef de quitter l'organisation française peu accueillante et partira du terrain d'aviation pour faire sa traversée de la Manche à partir de l'aéroport de Calais-Dunkerque.
Les Luxembourgeois, quant à eux, préparent leur revanche. Ils souhaitent organiser un vol de Blériot, prochainement, à partir d'un autre aéroport, afin d'effacer le mauvais souvenir de cette aventure aérienne qui aura coûté à ces passionnés la coquette somme de 10 000 euros.  

Une équipée aérienne que Jean Birgen, responsable des relations publiques de l'Aéro-sport, accompagnait de bon cœur. À peine arrivée sur place après huit heures de route, l'équipe luxembourgeoise se voit refuser le droit de profiter de la tente pour le montage de l'avion. «Comme c'est un avion très léger, le montage est délicat et donc il faut toujours le faire à l'abri, dans un hangar par exemple. On nous a dit qu'il n'y avait pas de place et que la tente était réservée pour le montage de deux avions Blériot français. On nous disait sans arrêt qu'on volait pour le compte des Anglais. Je pensais tout d'abord que c'était une mauvaise blague», relate Jean Birgen.

De déception en déception

Cette restriction touchait également les autres aviateurs étrangers, à savoir un Néerlandais, Henk Van Horn, et un Suédois, Mikael Carlson, connu dans le monde entier pour voler sur un avion Blériot d'origine.
Qu'à cela ne tienne, les membres de l'équipe luxembourgeoise ne se découragent pas et montent leur avion en plein air aux abords de la tente réservée à «l'élite française», bien décidés à faire la traversée pour atterrir sur le terrain magnifique de la Duke of York's Royal Military School coté anglais, où la fête battait également son plein avec des meetings aériens et autres réjouissances destinées à honorer Louis Blériot.
«Le samedi matin (NDLR : le 25 juillet), il était prévu qu'un avion français traverse la Manche. C'était le vol officiel. Ce qui est normal, puisque c'est un Français qui avait fait la traversée il y a cent ans. Il y avait un deuxième avion français qui était censé traverser avec nous le soir. Ainsi, le soir nous aurions dû faire la traversée à quatre avions, soit avec un français, un suédois et un néerlandais», explique Pascal Kremer, le pilote.
Une première possibilité de décollage qui ne se fera pas, et c'est interloqués que les étrangers voient le deuxième avion français décoller sans les attendre. Tenaces, ils attendent leur tour, pensant que d'une minute à l'autre ils pourraient enfin réaliser leur projet de traversée. À 12h30, ils doivent laisser la place à la patrouille de France. Peu importe, en été, les journées sont longues, se disent-ils. Le directeur des vols ne pointe son nez sur le terrain pour un briefing qu'à 16h30, il annonce aux aviateurs cloués au sol qu'ils ne pourront s'envoler qu'à 18h.
«Au moment où nous étions en train de démarrer les moteurs, nous avons été informés qu'une mauvaise météo s'annonçait et que cela n'était plus possible. Nous pensions donc partir deux heures plus tard vers 20 h, car à ce moment-là la météo était bonne», précise Paul Kremer.
À 20 h, les Luxembourgeois ne sont pas au bout de leurs surprises, mais au bout de leur voyage, les Français annonçant la fermeture du terrain d'aviation avec interdiction définitive de décoller, clouant ainsi au sol leur rêve de traversée de la Manche cent ans après Blériot. 

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J.P. Lafille sur 30/08/2009 18:28:46
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J'ai en effet refusé de décoller le soir, ce programme constituant en fait une interdiction de traverser. J'ai donc pu décoller, d'ailleurs sans la moindre escorte, ce qui m'arrangeait bien, une demi-heure après le premier Blériot. J'ai été vraîment désolé de voir les autres rester à Calais, , à la suite d'une décision que je considère comme stupide.
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