«On peut avoir de violentes répliques»
Adrien Oth était sans doute le premier au courant au Luxembourg.
Comment avez-vous été averti de ce puissant séisme?
Adrien Oth : J'étais chez moi en train de travailler. Je suis connecté à un réseau international de sismologie qui donne régulièrement des alertes. J'ai donc été averti dès 23h (mardi, heure luxembourgeoise) du tremblement de terre en Haïti.
Avez-vous tout de suite su que les conséquences seraient dramatiques?
Un séisme de magnitude 7, près d'une ville importante comme Port-au-Prince, avec un épicentre pas très profond, c'est en général assez clair : il y a de très gros dommages. C'est surtout vrai dans une région comme Haïti, où les bâtiments ne sont pas construits, comme au Japon, pour résister à un tremblement de terre aussi fort.
Est-ce un séisme d'une nature particulière?
Il est exceptionnel dans cette région mais il ne l'est pas d'un point de vue scientifique. S'il y a des dégâts, c'est surtout parce que la distance entre la source du séisme et la ville est courte et parce que l'épicentre est peu profond.
Était-ce prévisible?
Oui, mais il était impossible de dire quand ça allait se produire.
N'y a-t-il eu aucun signe avant-coureur?
À ma connaissance non, mais je ne suis pas expert de cette région.
Doit-on s'attendre à des répliques causant de nouveaux dégâts?
Il y en a déjà eu des dizaines de magnitudes allant de 5 à 6. On peut encore avoir de violentes répliques dans les semaines ou même les mois à venir. Ça dépend de la situation tectonique. Il pourrait y avoir de nouveaux dégâts car beaucoup de structures, fragilisées par le premier tremblement de terre, ne résisteraient pas.
Selon vous, quel bilan doit-on redouter?
Il y aura probablement des milliers de victimes. Un expert de Genève, qui émet des prévisions après chaque séisme, a parlé de 2000 à 10000 morts. Il est souvent proche de la vérité.
Recueilli par B.S.




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