Rock um Knuedler: «Une nouvelle énergie»
Voilà 34 ans que les Simple Minds parcourent le monde avec leur musique. Un peu en retrait depuis les années 90, le groupe a connu un grand succès international dans les années 80 avec des tubes tels que Don't You Forget About Me, Belfast Child ou encore Mandela Day. Malgré cette déjà longue célébrité, c'est en toute simplicité que Jim Kerr a répondu avec le sourire à toutes les questions et sollicitudes des journalistes. / Recueilli par notre journaliste Pablo Chimienti
Vous êtes déjà venu plusieurs fois au Luxembourg. Quels souvenirs en gardez-vous?
Jim Kerr: Je ne peux pas vous dire que j'ai vu grand-chose du pays, mais c'est vrai que j'y suis déjà passé plusieurs fois. Luxembourg, pour nous, c'est un endroit quelque peu unique que nous aimons vraiment beaucoup, parce que, quand nous sommes venus les dernières fois, dans ce petit club (NDLR: L'Atelier) c'était vraiment de très belles soirées. Et, en plus, nous avons de très bons amis qui habitent ici, ce qui rend toujours un endroit particulier.
Fête pour tous!
Le Rock um Knuedler est décidément un festival très grand public. Jeunes en short, adultes en costume, familles entières s'étaient donné rendez-vous sur la place Guillaume-II, souvent dès le début de l'après-midi, pour profiter au maximum de cette longue fête de la musique. Avant 19h, les organisateurs avaient déjà le sourire. «On devrait atteindre les 15000 spectateurs attendus, sans problème», assure Roby Schuler. Ni la chaleur étouffante du début de l'après-midi, ni les nuages menaçants de la soirée n'ont découragé les mélomanes.
Votre dernier album, Graffiti Soul, est sorti au mois de mai, mais vous avez annoncé avoir déjà assez de chansons pour un futur album. Est-ce vrai?
Oui, c'est vrai, nous avons continué à écrire. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ces dernières années nous avons trouvé une nouvelle énergie. Nous sommes très contents du résultat de Graffiti Soul, mais dès l'album fini, nous avions déjà dans la tête de nouvelles chansons. Maintenant, je ne sais pas exactement quand sortira le prochain album, ça va dépendre du temps que nous passerons en tournée, mais il ne faudra certainement pas attendre les trois ou quatre ans habituels entre deux albums.
Votre musique a beaucoup changé depuis vos débuts. C'est une conséquence du renouvellement régulier des membres du groupe ou une envie véritable?
Je pense qu'il y a deux explications. La première est que nous aimons différents types de musiques, la deuxième est qu'il y a eu ce renouvellement permanent des membres. Mais bon, on peut jouer différents styles de musiques, sans pour autant perdre notre identité. Je pense que nous n'avons jamais perdu l'esprit originel de Simple Minds. Il n'y a pas beaucoup de groupes qui peuvent jouer pendant des années du rock, de la pop, de l'electro, du folk celtique, de la dance, etc. tout en gardant ce même état d'esprit. Et si nous y sommes parvenus, c'est grâce à tous les musiciens qui ont fait partie de Simple Minds pendant toutes ces années.
Si vous le pouviez, que changeriez-vous à votre passé?
Oh, des changements, il y en aurait des dizaines, mais si on parle de regrets, il n'y en a que très peu. Parce que les erreurs servent aussi à apprendre. Bon, c'est sûr, quand on revoit les coiffures ou les vêtements que nous portions dans certains clips, oui, on les regrette (rires). D'ailleurs, on n'aime pas trop nos clips. Ils sont nécessaires, mais ce n'est vraiment pas ce que nous aimons faire, même s'ils ont participé au succès de Simple Minds.
Parlons de votre dernier album, il est assez court, avec seulement huit chansons. Pourquoi ce choix?
Le fait est que nous avons grandi avec des albums vinyles qui duraient une quarantaine de minutes. Et franchement, c'était suffisant. Avec les CD, les artistes mettent plutôt 12 ou 13 chansons, mais... à mon avis, rares sont ceux qui arrivent à proposer 12 ou 13 bonnes chansons; et en plus, on finit par perdre un peu le but premier de l'album. Donc, je pense qu'on peut se contenter de proposer 40 minutes, si les chansons sont vraiment bonnes. Nous avons fait ce choix de la qualité pour faire en sorte que chaque minute de cet album soit vraiment importante.
Qu'est-ce qui pousse un artiste à accepter de jouer lors d'un concert gratuit, comme c'est le cas du Rock um Knuedler?
C'est une opportunité de jouer devant des gens qui ne viendraient pas, normalement, vous voir sur scène. Et puis, si vous faites bien votre boulot, peut-être qu'ils vont ensuite s'intéresser à votre travail. Et puis, parfois, c'est aussi sympa de faire quelque chose gratuitement.
L'année dernière, vous avez joué lors du concert donné en l'honneur de Nelson Mandela. Le sujet vous tient toujours à cœur...
Oui, nous essayons tous les ans de faire quelque chose pour aider. L'histoire de Mandela a été particulière pour nous, c'est une telle icône, un tel exemple que c'est quelque chose que nous avons avec nous depuis longtemps (NDLR : le groupe a écrit la chanson Mandela Day en 1988). Ce n'est pas pour jouer aux premiers de la classe, mais quand on peut vraiment aider, pourquoi ne pas le faire.




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