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«Les acteurs-réalisateurs sont légitimes»

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Découverte par Luis Buñuel, puis tour à tour James Bond girl, actrice fétiche de Bernard Blier, grande star en Italie... / Entretien avec notre journaliste Pablo Chimienti

César de la meilleure actrice en 1990 pour Trop belle pour toi et personnification de la beauté et de la classe française dans les derniers épisodes de la série à succès Sex and the City , Carole Bouquet, invitée de dernière minute de Diractors, a donné un peu de glamour à cette troisième édition du festival qui en avait cruellement besoin.

Carole Bouquet a présidé la table ronde de cette édition. «Il en est sorti qu'il faut faire des films qui correspondent à son identité», résume-t-elle.

Vous êtes une des rares invitées de marque du festival à ne pas être un "acteur-réalisateur". Est-ce que ce concept de "Diractors" est quelque chose qui vous parle?
Carole Bouquet : Oui, parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs qui deviennent metteurs en scène. Et de bons metteurs en scène. Et je trouve ça tout à fait normal. C'est ce qui s'est dit lors de la table ronde organisée dans le cadre du festival, ces gens-là connaissent très bien le langage cinématographique. On a d'ailleurs, en ce moment, des exemples très probants dans tous les pays d'Europe et en Amérique. Voyez, par exemple Sean Penn. D'ailleurs, les meilleurs réalisateurs avec qui j'ai travaillé, c'étaient surtout des acteurs-réalisateurs. Parce qu'ils savaient comment dire les choses de manière pratique. En tant qu'acteur, on n'a pas besoin d'idées générales, ce qu'il faut, c'est juste quelques paroles qui peuvent vous sortir de la mouise, ou un rire. C'est aussi pour ça que depuis que le cinéma existe, les acteurs font de très bons metteurs en scène : Chaplin, Orson Welles...

Et vous, vous n'avez jamais eu envie de réaliser? Non. J'ai failli deux ou trois fois. Ce n'est pas que j'avais envie de réaliser, mais simplement c'étaient des histoires, des livres que j'aimais particulièrement et que je racontais de temps en temps à des producteurs ou à des metteurs en scène, et qu'ils me disaient : "C'est ton histoire, réalise-là", mais j'ai avancé et le chemin de la vie a fait que je ne suis pas allée jusqu'au bout, surtout pour des raisons personnelles d'ailleurs. Mais je ne me suis jamais levée un matin en me disant : "Je veux faire de la mise en scène!"

Dans ce cas, qu'est-ce qui a motivé votre venue à ce festival?
Parce que, justement, j'ai travaillé avec beaucoup de metteurs en scène qui ont été des acteurs. Et que je les trouve particulièrement intéressants et particulièrement légitimes.

Vous êtes venue, officiellement, pour présider la table ronde sur le thème : "Acteur, réalisateur, acteur-réalisateur dans le cinéma européen aujourd'hui". Qu'est-ce qui en est sorti?
Il en est sorti qu'il faut faire des films qui correspondent à son identité. Mais, on l'a vu avec la jeune réalisatrice luxembourgeoise (NDLR : Sandy Lorente) qui a été élevée en parlant sept langues et qui disait "Dans mon film il y a sept langues", l'identité peut être multiple, heureusement! Mais il faut faire des films qui vous ressemblent.

Et ce n'était pas le cas quand vous jouiez dans James Bond, ou dans des films italiens? Disons que c'est complètement différent quand c'est votre propre histoire ou quand vous êtes propulsée, sans racines, dans un endroit. Ça ne fait pas de bons films, ça, ni des bonnes performances de comédien. Et pour un metteur en scène, c'est encore plus marqué que pour un acteur. Pour un acteur, il faut un certain temps pour apprivoiser une langue et pour lui donner de la matière, du corps. Parce que la langue ce n'est pas que des mots, c'est quelque chose de très physique. Sans donner d'exemple, prenez des acteurs, faites-les jouer dans une langue qui n'est pas la leur, ils sont mille fois moins bien, sauf exception. Il y avait, chez les autres participants de la table ronde, beaucoup de respect dans la façon qu'ils avaient de s'adresser à vous... Parce que je suis la plus vieille! ...

est-ce que ça vous agace?
Pas du tout (rires)... ils étaient simplement tous beaucoup plus jeunes que moi.

Vous étiez au Luxembourg il y a deux ans pour le tournage des Enfants de Timpelbach, film de Nicolas Bary, produit par votre fils Dimitri Rassam. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage?
J'ai tourné très peu, c'était un petit rôle, mais je sais que le tournage s'est très bien passé pour toute l'équipe. Pour moi aussi c'était très bien. La preuve, je reviens ce soir, mais également à partir du mois de janvier pour tourner ici tout un mois. Pouvez-vous nous présenter le projet? C'est un film qui s'appelle Libre échange, avec un metteur en scène belge, dont ce sera le premier film, Serge Gisquière, et avec Julie Depardieu. C'est un très joli film, enfin, je n'en sais rien, en tout cas, c'est un très joli scénario.

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