«L'idée m'est venue toute seule...»
Fraîchement débarquée au Luxembourg, cette jeune et jolie Russe a osé et a réussi. Son Dictionnaire luxembourgeois-russe et russe-luxembourgeois est un succès.
L'Oural est connu pour être un gigantesque entrepôt de pierres précieuses. Aujourd'hui, l'une d'elles, Irina Weyer-Chechulina, a choisi le Luxembourg. Elle nous présente son dictionnaire, fruit de quatre années de travail. / Entretien avec notre collaborateur Edmond Henenfeld
Votre arrivée parmi les auteurs de dictionnaires luxembourgeois a été quelque peu inattendue...
Irina Weyler-Chechulina: Je suis née à Asbest (NDLR : Asbest se traduit du russe par amiante. C'est une ville qui se trouve à proximité d'une des plus grandes mines d'amiante à ciel ouvert du monde), une ville de la région de Sverdlovsk, dans l'Oural. J'ai vécu aussi à Ekaterinbourg et à Saint-Pétersbourg.
Il y a cinq ans, je me suis mariée et en arrivant au Luxembourg, je me suis rendu compte que sans le luxembourgeois, mes relations avec les parents de mon mari, ses enfants et tout simplement les gens qui m'entouraient ne seraient jamais aussi bonnes que je le voudrais.
Il y a quatre ans, je me suis donc inscrite aux cours de luxembourgeois dans ce qui à l'époque s'appelait le Centre de langues et qui est devenu aujourd'hui l'Institut national des langues.
Qu'est-ce qui vous a poussée à vous atteler à ce travail difficile et de longue haleine?
C'est venu tout seul, il me semble. J'ai commencé par accumuler sur mon ordinateur les mots luxembourgeois et j'ai ensuite donné une structure logique à ce qui n'était au début qu'un amas de mots sans aucun ordre. Aujourd'hui, le dictionnaire compte 7500 mots et expressions les plus courants.
Avez-vous une formation supérieure en linguistique?
Je n'ai aucune formation supérieure en langues, mais j'ai une formation sportive. Je suis acrobate sportive. J'ai fait des études supérieures dans le domaine du sport à l'académie de l'éducation physique de P. Lesgaft à Saint-Pétersbourg et j'ai un diplôme d'entraîneur en acrobatie. Au Luxembourg, je continue toujours dans le même domaine et je travaille comme entraîneur au cirque Zaltimbanq. Je poursuis aussi mes études de luxembourgeois et je compte bien continuer ensuite par la formation "Lëtzebuerg Sprooch a Kultur" à l'université du Luxembourg.
Quelqu'un vous a-t-il aidée?
Bien sûr. En premier lieu, mon mari. En tant que Luxembourgeois, il m'a beaucoup aidée à chercher les équivalents des mots russes dans la langue du pays. Il comprend un peu le russe et ceci m'a facilité la tâche. Nous avons fait le gros du travail tous les deux. Je traduisais tout d'abord chaque mot russe en allemand, en anglais ou en français et, à l'aide de dictionnaires, nous avons essayé de trouver les équivalents luxembourgeois.
Financièrement parlant, c'est une entreprise difficile et à risques. Avez-vous eu des sponsors pour vous donner un coup de main?
J'ai reçu une aide conséquente de la part de l'ambassade de Luxembourg à Moscou. L'ambassade est devenue mon principal sponsor financier. J'ai aussi été épaulée par le Fonds culturel national du Luxembourg.
Quel tirage avez-vous prévu?
Grâce au soutien que nous avons reçu, nous avons pu programmer un tirage de 1000 exemplaires. Pour le moment, le dictionnaire se vend très bien. Si ça continue comme ça, on pensera à un second tirage après, bien évidemment, avoir apporté les corrections qui s'imposeront et augmenté le nombre de mots.
Vous avez sûrement dû vous demander à qui ce dictionnaire est destiné...
Le dictionnaire a été pensé principalement comme une aide pour tous les Russes qui apprennent le luxembourgeois, quel que soit leur niveau.
Le dictionnaire est en vente à la librairie Ernster à Luxembourg et à la librairie Diderich à Esch-sur-Alzette.




del.icio.us
Digg
Postez votre commentaire