CYCLISME: «Je porte les vestes de Jens et les jambières de Frank...»
Avec Paris-Nice, je participe à ma première grande course et je me rends compte que c'est beaucoup plus impressionnant que ce que j'avais connu jusqu'ici.
Cela se remarque dès le départ lorsqu'on arrive avec le bus. Les organisateurs nous garent dans un parking et chaque équipe a sa place. Pareil à l'arrivée, tout est réglé. Bien sûr, on l'a vu mardi sur le final, le tracé est quelquefois dangereux mais le long de l'étape, chaque carrefour est gardé, aucune voiture ne traîne le long de la chaussée. Dans les autres courses, ce n'est pas le cas. Je sais qu'ASO, la société d'organisation, est une grosse machine. On sent qu'ils organisent d'autres épreuves que le Tour de France et font aussi le Dakar ou des compétitions de golf. Ils sont rôdés.
Mais ce qui m'impressionne le plus, c'est qu'il n'y a que des grands coureurs dans le peloton. Et ça, ça se voit à la façon dont les leaders se font remonter. Dès le départ, les Contador et Valverde se mettent en première ligne et restent devant durant les premiers kilomètres afin de ne pas se faire surprendre par un éventuel coup de bordure.
On ne sait jamais, on a vu pourquoi dans la première étape, il faut toujours rester sur ses gardes lorsqu'il y a du vent.
Et durant toute la journée, il faut rester vigilant, remonter sans cesse nos leaders. C'est le même principe qu'au Tour de France.
Avant, je voyais ça à la télé. Mais à la réflexion, même si on voit de mieux en mieux les courses sur le petit écran, je trouve qu'il y a plein de choses qu'on ne voit pas. On ne s'imagine pas comment ça frotte dans les moments chauds.
Moi sur ce Paris-Nice, ma mission est claire. Je dois protéger du mieux possible Jens (Voigt) et Frank. Et je devrai continuer le plus loin possible dans la montagne. C'est usant avec ce vent.
Lundi, j'étais content car juste avant que ça ne pète, Jens m'a demandé de lui prendre ses deux vestes car il avait trop chaud. Je devais les ramener à la voiture. Mais moi aussi, j'avais très chaud. Alors pendant vingt bornes, j'ai beaucoup sué, je crevais de chaud. Mardi, c'étaient les jambières de Frank que j'ai dû ramener à la voiture à environ cinquante kilomètres de l'arrivée. Après il faut reprendre sa place dans le peloton et revenir près des leaders. Ensuite, Frank a dû satisfaire à un arrêt pipi. Nous étions à quarante kilomètres de l'arrivée, il fallait faire vite car le sens du vent tournait une dizaine de kilomètres plus loin. Il ne fallait pas s'exposer à un nouveau coup de bordure.
Ce boulot n'est pas toujours forcément simple mais c'est le mien et j'en suis très content. Par exemple, lorsque je suis venu chercher les vestes de Jens, il m'a dit en souriant : Super, j'avais très chaud." Évidemment, je n'ai pas osé lui dire que c'était aussi mon cas...
Laurent
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