Laurent Didier fait l'unanimité
De jour en jour, le néopro dippachois surprend tout son entourage...
Si je suis là, c'est que je peux le faire, non?» Laurent Didier esquisse un petit sourire en coin dont il a le secret. Son père, Lucien, lui administre une petite claque dans le dos. Johnny Schleck fait de même. Un peu plus loin, Kim Andersen sourit de concert. «Il est pas mal, hein...»
Oui, pas de doute, sur ce Paris-Nice, Laurent Didier épate son entourage. Depuis lundi que ça dure. «On est surpris, très agréablement surpris, mais surtout par ses capacités physiques. Tous les jours, il est là, il fait le job. Et il a les forces pour le faire», note le directeur sportif du Team Saxo Bank. Il poursuit : «On voit qu'il a fait des études, car il étudie chaque jour avec attention le parcours. Il sait que c'est important...»
À telle enseigne que Jens Voigt vient lui-même lui demander en cours de route les détails de l'étape. «C'est un nouveau professionnel, mais il se comporte comme un ancien. Chapeau, c'est un bon coureur en devenir», juge d'ailleurs l'ancien maillot jaune de ce Paris-Nice.
Et puis, inutile de le cacher, il ne suffit pas d'étudier le parcours, il faut aussi savoir se faufiler pour anticiper les mouvements d'un peloton de ce calibre, ce qui n'est pas donné à tout le monde. «Laurent sait se tenir et manœuvre très bien lorsque ça bordure. Il a un bon sens du placement et il est au point physiquement», juge d'un ton admiratif Frank Schleck.
Car, c'est un fait indéniable, comme vendredi, il se retrouve souvent dans le feu de l'action sans avoir besoin d'improviser. «Lorsque l'équipe AG2R a fait son coup de bordure, je suis allé reboucher le trou avec Sylvain Chavanel. Bon, sur le final, je ne savais pas que ça montait si fort. C'était une dure journée, mais j'ai tenu le coup...»
Forcément, les choses se compliqueront ce week-end. Mais Laurent Didier dit cette phrase qui témoigne également de sa décontraction : «C'est Paris-Nice, je n'étais pas prévu au départ, j'y suis et je suis bien là...»
Autre élément qui plaide en sa faveur, le Dippachois de 25 ans, qui est passé tard professionnel après avoir achevé ses études, récolte aussi et surtout les fruits de son entraînement acharné. «Avant de passer pro, relance Andersen, il ne pouvait pas s'entraîner à fond, mais maintenant qu'il y est, il s'implique à fond. Il a quelque chose dans la tête et sait que l'entraînement paye. Il vit le cyclisme comme doit le vivre un pro.» Et il n'a sans doute pas fini de nous épater. Vrai que s'il est là, c'est qu'il peut le faire.
D. B.




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