TENNIS: «Après celui-là, on verra...»
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, DEMAIN À ECHTERNACH Président de la FLT, Yves Kemp sera reconduit pour un quatrième mandat. Peut-être le dernier.
Dix ans de présidence, voilà vers quoi tend un dirigeant qui se réjouit plus qu'il ne s'inquiète d'être le seul candidat à sa succession. / Entretien avec notre journaliste Charles Michel
Quel regard portez-vous sur les deux années qui viennent de s'écouler?
Yves Kemp: Lors de la dernière élection, en 2008, notre programme s'intitulait «Une fédération pour les clubs». Et nous avons fait 90 ou 95% de ce que nous avions dit. Sur le plan sportif, les relégations des équipes de Coupe Davis et de Fed Cup constituent les mauvais souvenirs. Mais dans l'ensemble, on a fait plein de bonnes choses.
De quoi êtes-vous le plus satisfait?
On a lancé plusieurs campagnes comme par exemple «Spill mat, spill elo». En fait, nous avons voulu faire en sorte que les gens prennent activement part à la vie de leur club. Nous avons pris part à «Sport fir dech a fir mech», campagne lancée par le ministère des Sports afin de promouvoir notre sport. La fédération avait un stand à la Belle Étoile. Claudine Schaul et Anne Kremer y ont participé en jouant avec les enfants et en signant des autographes. Il y avait un monde fou! Je pense que c'était vraiment une bonne action.
Cette campagne a-t-elle eu des retombées sur le plan du nombre de licenciés?
L'impact d'une telle manifestation est toujours difficile à mesurer. Ce qui est clair et net, c'est que le nombre d'équipes jeunes est en constante augmentation. On a fait un travail de fond qui paie. Et ça, forcément, ça fait plaisir...
Il y a deux ans, la pré-campagne avait été marquée par différentes tensions. Cette fois, l'atmosphère est semble-t-il apaisée...
Ça c'est largement calmé. À l'époque, Laurent Marty (NDLR : ancien entraîneur fédéral) et Gaëtan Muller (NDLR : ancien responsable des cadres) se trouvaient au centre des critiques...
Mais Laurent Marty avait été licencié en décembre 2007...
Oui, justement, la situation était devenue insupportable. Et jusqu'à la nomination en juillet d'Alexandre Lisiecki, nous avons dû assurer une période de transition.
Le travail d'Alexandre Lisiecki auprès des clubs semble avoir apaisé les esprits...
(Il coupe) Le travail d'Alexandre, oui, mais pas seulement. C'est l'enchaînement de différentes actions qui ont permis de repartir sur des bases saines. J'ai apprécié, par exemple, le fait que Gilles Muller se soit investi, durant deux mois, dans l'entraînement des cadres fédéraux. Ça les a positivements influencés. Il a montré clairement qu'il soutenait une fédération et que la fédération le soutenait. Et puis, le malaise qui existait avec certains cadres fédéraux a disparu...
Jacques Radoux n'est pas étranger à ce redoux, non?
Je trouve Alexandre et Jacques, qui s'investit beaucoup en tant que capitaine de l'équipe de Coupe Davis malgré son travail (NDLR : il est référendaire à la Cour de justice européenne), très complémentaires.
Et vous, sur le plan personnel, quels sont vos relations avec les responsables de clubs?
Je les vois lors de la journée des Présidents au Luxembourg BGL Open. On voit un match ensemble et après on dîne. Ça me permet de les voir presque tous ensemble car il y en a quand même 55! Si je devais les voir chacun séparément, mes journées ne seraient pas assez longues. D'ailleurs, à mon grand regret, comme nous essayons de nous partager les assemblées générales de clubs, je n'ai pu assister qu'à deux d'entre elles : à Pétange et aux Arquebusiers.
Lors de l'AG de 2008, un allongement de la durée du mandat présidentiel d'une année avait été adopté. À l'époque, vous expliquiez cette décision en cas d'arrivée d'une nouvelle équipe à la FLT...
Oui, c'est juste. On s'était dit que si une nouvelle équipe arrivait à la tête de la fédération, il lui faudrait trois ans pour véritablement prendre ses marques et mettre en place quelque chose de concret. C'est pourquoi nous sommes donc passés à trois ans.
Samedi, vous serez le seul candidat à la présidence. Comment interprétez-vous cette situation?
Il y a deux ans, certains clubs estimaient que nous ne faisions pas bien notre travail. Aujourd'hui, je constate au sein des clubs que notre travail est apprécié de tous. C'est du moins comme cela que j'interprète le fait que je sois le seul candidat.
Ne faut-il pas y voir également un manque d'attrait pour le poste?
Je ne sais pas.
En 2013, ça vous fera donc dix années de présidence. Un vrai règne...
(Il rit) Oui, et avec les neuf passées au conseil d'administration, ça me fera au total près de vingt passés au service du tennis. Si je devais faire le calcul des heures passées à travailler pour la fédération, ce serait énorme....
Sans doute mais sur une semaine, combien d'heures vous accaparent votre fonction de président?
À mon arrivée, en 2003, j'avais beaucoup de travail car il y avait tout à faire. Aujourd'hui, c'est plus simple. Alors, ça dépend des périodes. Mais je dirai une dizaine. (Il réfléchit) Heu, non, peut-être pas une dizaine. Cinq-six... Quoique, ça ferait une heure par jour, non c'est trop. En fin de compte, je dirai une demi-heure. Par jour! Mais bon, je ne compte ni mon temps ni mon énergie. Quand on voit tout le travail effectué, je ne regrette rien. Et surtout, je ne regrette aucune décision prise jusqu'ici. À mon arrivée, il y avait deux tournois ITF en voie de disparition que nous avons sauvés et on en a créé un autre (indoor) tandis que nous avons confié l'organisation du Luxembourg Junior open outdoor au TC Schifflange. À côté de ça, des tournois européens sont organisés à l'instar de celui de Steinfort (-16 ans) et du Spora (-14 ans). Bonnevoie a quant à lui introduit une demande pour organiser deux épreuves (-14 et -16 ans). C'est vraiment quelque chose d'important pour nos jeunes joueurs de pouvoir disputer des tournois internationaux.
Samedi, allez-vous entamer votre dernier mandat?
Je vais faire ces trois ans et après on verra. Avec dix ans passés à la tête d'une fédération, je pense que j'aurai assez donné. Après, il faudra voir s'il y a une relève...
Quels sont vos projets pour ces trois prochaines années?
On a créé le circuit Dunlop Kids Circuit. Un programme qui va nous permettre de détecter les talents plus tôt. On souhaite que les clubs participent vraiment à cette compétition qui permettra aux responsables de la fédération de voir ces joueurs à raison d'une fois par mois au CNT. Il y a aussi la création d'une filière garçons et filles de -10 ans. Et puis nous souhaitons développer et perfectionner également le suivi médical des joueurs.




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