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La Rockhal à la recherche du bon mix

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image Les Français de Birdy Nam Nam vont sans doute permettre à la Rockhal de réussir son mix parfait : à la fois underground, originaux et de plus en plus connus du grand public notamment grâce à leur Victoire de la musique, ils ont les moyens de faire communi

Loin de l'image du «boum boum» et du côté illicite parfois associés à la musique electro - qui ne se joue pas seulement avec deux touches de PC dans une rave party - la troisième édition des 24 Heures électroniques a l'ambition de permettre aux débutants de venir toucher à la vraie electro tout en invitant les initiés à se perfectionner. Quand on sait en plus que la soirée de live accueillera en vedette Birdy Nam Nam, le mix ne peut qu'être réussi.

De notre journaliste
Delphine Dard

Ces 24 Heures électroniques ne sont pas une rave party organisée au Luxembourg. Bien loin de cela, l'événement organisé par la Rockhal est l'occasion de faire découvrir, ou redécouvrir, un genre musical trop souvent associé à la facilité et donc trop souvent dénigré. N'en déplaise à ses détracteurs, l'electro, c'est bien de la musique et les expérimentations du genre ne datent pas d'hier. Il y a plus d'un siècle, le compositeur français Érik Satie tentait déjà l'expérience en composant en 1917 la musique du ballet Parade qui utilise des sifflets, des machines à écrire, mais aussi des pistolets.

Pour beaucoup, l'electro est surtout du bruit. Ce n'est pas totalement faux, puisque la musique electro est d'abord née dans des laboratoires de recherche en musicologie qui tentaient des expérimentations pour apporter de quoi enrichir la musique en général avec de nouveaux sons.

C'est dans ces laboratoires que naîtront beaucoup plus tard les fameux synthétiseurs analogiques modulaires qui ont permis entre autres à Jean-Michel Jarre d'offrir un opus qui fera date dans l'electro en 1976, Oxygène. C'est de ce même instrument assez élitiste que se servira Depeche Mode pour créer un son bien à lui.

En fait, depuis qu'on tente de faire de la musique autrement, à peu près tous les genres musicaux se sont essayés à l'electro, de la musique classique en passant par le free jazz pour arriver aujourd'hui aux artistes bien connus de la French touch comme Daft Punk ou encore David Guetta. L'electro ne s'adresse donc pas à un public en particulier, puisque il est soluble dans tous les genres musicaux et s'inspirent aussi de ce qui existe. L'ère de l'ordinateur personnel a, il est vrai, rendu plus abordable l'electro en permettant à chacun de s'y essayer, mais elle a aussi fait du mal au genre en faisant croire que n'importe qui pouvait se prétendre être compositeur.


Amener les fans de Guetta à Zombie Nation

Ce petit détour par les fondements de l'electro était nécessaire pour mieux comprendre l'intérêt et l'ambition des 24 Heures électroniques. Sorte de mix -pour utiliser un terme bien propre au milieu - entre des rencontres professionnelles sur la créativité et une soirée censée montrer toutes les variations du genre, l'événement a pour but de montrer vraiment ce qu'est l'electro. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs si au programme de cette année figurent des ateliers permettant aux moins avertis de comprendre que pour vraiment créer de l'electro, il faut parfois délaisser son PC.

Tout le pari de la Rockhal au travers de ces 24 heures, c'est de trouver l'équilibre permanent entre démocratisation du genre et techniques avancées pour les plus pointus; et entre découverte d'artistes locaux ou qui émergent et têtes d'affiche connues, mais pas trop quand même, comme les Birdy Nam Nam. Le groupe français vient d'obtenir la Victoire de la musique electro et apporte donc à l'événement un côté un peu plus médiatique que prévu, mais au final, ce n'est pas la Rockhal qui va se plaindre.

Les Birdy Nam Nam sont en effet emblématiques d'un courant assez récent qui fait que dans beaucoup de pays comme la France, les artistes electro commencent à avoir la même reconnaissance que les autres musiciens.
Au Luxembourg, si la scène electro est active avec notamment des groupes comme Hal Flavin ou Dirty Kid, cette musique doit encore se faire sa place.

C'est donc tout le pari de la Rockhal ce samedi : ne pas faire trop dans le commercial pour ne pas froisser les susceptibilités des plus avertis qui veulent préserver leur monde tout en amenant en même temps un public plus large à comprendre ce qu'est vraiment l'electro.
Même si ce n'est pas que du clubbing, le tout doit se passer dans une ambiance festive qui, les organisateurs l'espèrent, sera propice au rapprochement des curieux, qui ont découvert David Guetta ou Justice et souhaitent aller plus loin dans l'electro, et des habitués du genre à qui on ne présentent plus les Does It Offend You, Yeah? ou Zombie Nation qui seront là samedi soir.

En mélangeant tout ce petit monde, la Rockhal espère bien créer son mix à elle pour qu'il devienne un incontournable des événements musicaux de l'année. 

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