Editorial/Bon anniversaire petit centenaire
Jeff Strasser, dans la longue interview qu'il nous accorde aujourd'hui pour fêter son entrée au panthéon des internationaux les plus capés de l'histoire de la sélection nationale, met le doigt dessus : «De nos jours, pour la FLF, le rêve c'est impayable». Il a mis les pieds dans le plat à la place de son président, Paul Philipp, qui n'ira sûrement pas, par courtoisie envers ses hôtes belges, se plaindre en cette date anniversaire qu'aucune sélection plus attractive que celle des Diables Rouges ne se soit dévouée pour venir souffler les cent bougies. Le football a changé et ni l'Allemagne ni la France, deux voisins également sollicités, n'ont daigné abaisser leurs exigences sportives. Julien Mollereau
Jeff Strasser, dans la longue interview qu'il nous accorde aujourd'hui pour fêter son entrée au panthéon des internationaux les plus capés de l'histoire de la sélection nationale, met le doigt dessus : «De nos jours, pour la FLF, le rêve c'est impayable». Il a mis les pieds dans le plat à la place de son président, Paul Philipp, qui n'ira sûrement pas, par courtoisie envers ses hôtes belges, se plaindre en cette date anniversaire qu'aucune sélection plus attractive que celle des Diables Rouges ne se soit dévouée pour venir souffler les cent bougies. Le football a changé et ni l'Allemagne ni la France, deux voisins également sollicités, n'ont daigné abaisser leurs exigences sportives.
Julien Mollereau
À l'heure du football business, donc, seule la Belgique a fait le pas. Et pas mal de commentateurs du plat pays se sont ouvertement demandé... pourquoi? On ne vient donc plus pour le plaisir au stade Josy-Barthel. Il y pleut souvent, il y a des courants d'air, les stars du ballon rond ont autre chose à faire que de choper la crève, ce qui doit assez largement expliquer les désertions de dernière minute des stars belges Fellaini (Everton), Kompany (Manchester City), Defour et Witsel (Standard), déjà rentrés chez eux hier matin.
On en sourit sans s'offenser, parce que ce n'est finalement pas là, dans ce duel légèrement au rabais disputé dans un stade que tout le monde sait n'être plus adapté pour recevoir des rencontres internationales, que se jouera la réussite de cette fin d'année du centenaire. La Belgique, certes, va permettre au monde du football de se payer une fête d'anniversaire à peu près digne. Mais certains voudraient surtout saisir l'occasion pour danser autour de la tombe du stade Josy-Barthel, alors qu'il y a plusieurs mois déjà que Jeannot Krecké, le ministre des Sports, a mis en branle une réflexion pour la construction d'un tout nouveau stade national.
Paul Philipp ne s'est pas caché ces dernières semaines, il a mis la pression, reconnaissant ouvertement qu'il voyait bien peu d'intérêt à la réfection du tableau d'affichage du vieux Barthel ou même à l'amélioration de ses conditions d'éclairage : «Moi ce que je veux, c'est une nouvelle enceinte». Or samedi, à l'Hémicycle du Kirchberg, la plupart des décideurs seront réunis devant la famille du football. Il y aura là MM. Krecké et Juncker notamment. Et Michel Platini, le président de l'UEFA, en témoin. On y guettera chaque mot des allocutions, parce qu'il serait tout de même hautement symbolique que la sphère politique, qui s'est réfugiée pendant des années derrière la maigreur des résultats sportifs du sport numéro 1 de ce pays pour justifier l'immobilisme en matière d'équipement, choisisse l'année du centenaire pour lancer une nouvelle ère. Cela, ce serait clôturer en grande pompe une année de célébrations somme toute ordinaire. Parce que plus que son passé, c'est son avenir qui obsède le football grand-ducal.
Jeff Strasser a raison, la FLF n'a pas pu s'acheter de grand nom pour attirer les foules, ce mercredi soir. Mais ce sont tout de même, théoriquement, plus de 4 000 personnes qui devraient se masser, dans le froid, pour voir ce Luxembourg - Belgique, 18e du nom. La FLF pourra le vivre comme une petite victoire, car c'est sans doute le double qu'elle aurait accueilli dans un stade normal. Vu son âge canonique, il serait souhaitable qu'on lui offre un petit peu de confort. Bon anniversaire quand même, petit centenaire...




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