Une banque biologique
Décidément le Grand-Duché est spécialisé dans le secteur banquier. Ici il ne s'agit pas d'argent, mais d'échantillons biologiques pour aider la recherche. De notre journaliste Audrey Somnard
Décidément le Grand-Duché est spécialisé dans le secteur banquier. Ici il ne s'agit pas d'argent, mais d'échantillons biologiques pour aider la recherche.
De notre journaliste Audrey Somnard
De son nom complet, Integrated BioBank of Luxembourg (IBBL) va concentrer ses efforts sur la collecte, le stockage et l'analyse d'échantillons biologiques comme le sang ou les tissus, pour soutenir la recherche, notamment sur le cancer du poumon et du colon. Il s'agit d'un projetd'envergure pour le gouvernement qui va mettre près de 140 millions d'euros sur la table sur les cinq prochaines années dans le domaine de la recherche biomédicale.
Pour Patrizia Luchetta, coordinatrice du projet au ministère de l'Économie, «il fallait trouver un créneau. Nous voudrions harmoniser par le haut, être crédible et acceptable vis-à-vis des autres partenaires européens». Dans une première phase, la biobanque est en effet entièrement vouée à la recherche, mais les dirigeants ne cachent pas qu'ils en attendent à terme des retombées économiques.
Le phénomène n'est pas isolé. En Europe, ce sont près de 200 biobanques qui ont vu le jour ces dernières années. Pourtant, faute d'une mise en réseau de ces différents établissements, l'utilisation de ces échantillons biologiques s'en trouve souvent limitée. C'est pourquoi le Luxembourg a lancé en 2007 l'initiative BBRI, un réseau virtuel de fédération de plusieurs biobanques afin de multiplier les données cliniques.
Favoriser la recherche en cancérologie
L'objectif est d'analyser et redistribuer les biospecimens tout en favorisant la recherche dans le domaine de la cancérologie. Les scientifiques garantissent d'un autre côté la confidentialité et l'anonymat des donneurs. Actuellement les scientifiques ne travaillent pas sur des sujets controversés. Quant à s'attirer la foudre des religieux, un dirigeant glisse : «Nous travaillons sur le cancer, personne ne peut venir contredire l'intérêt de nos recherches, ce serait absurde.»
Selon Patrizia Luchetta, des entreprises ont déjà montré leur intérêt pour ce projet, notamment celles qui sont spécialisées dans les puces et la miniaturisation. L'IBBL semble donc bien partie pour offrir aux scientifiques une bibliothèque complète et indispensable pour leurs recherches.
www.ibbl.lu




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