«Le consommateur est mieux loti»
L'ULC est restée cette année encore vigilante pour défendre les intérêts des consommateurs mis à mal par la crise et certaines directives européennes. Mario Castegnaro, président de l'ULC, faisait hier le point sur l'année 2008 et les projets en cours, avant de passer la main. / Entretien avec notre journaliste Audrey Somnard
Avec la survenue de la crise, 2008 a été une année bizarre. Comment l'avez-vous ressentie à l'ULC?
Mario Castegnaro: Nous avons été surpris comme tout le monde, bien que nous dénoncions depuis un moment dans nos avis l'attitude néolibérale de la Commission européenne dans ses directives. Nous avons fait ce reproche. Alors la venue de la crise ne nous a pas tellement étonnés, nous avons été pris de court par contre.
Quels ont été les faits marquants pour votre association durant cette année 2008?
Nous avons pu voir une de nos revendications vieille de 20 ans être enfin réalisée: notre ministère de tutelle (NDLR : le ministère de l'Économie) a présenté un projet de loi sur la consommation. Cela ne signifie pas une amélioration pour les consommateurs, mais tout est harmonisé et c'est beaucoup plus clair, aussi bien pour les professionnels du secteur que pour les consommateurs lambda. Nous avons donc eu gain de cause après tout ce temps, mais il reste encore l'avis du Conseil d'État qui n'est pas encore arrivé. Si les choses n'avancent pas, peut-être que cette loi sera bloquée et ne passera pas avec cette législature.
Quelle est la position de l'ULC par rapport aux élections législatives à venir?
Nous avons réalisé un cahier de revendications que nous avons présenté à tous les partis politiques. Bien sûr, nous ne donnerons pas de conseils de vote mais nous appellerons les consommateurs à être bien vigilants et à regarder de très près leur programme.
Comment se profile l'année 2009?
Nous avons quatre directives minimales, c'est-à-dire pour lesquelles il reste une marge de manœuvre aux gouvernements nationaux, qui vont être remplacées par une seule directive maximale en matière de consommation. On ne sait pas vraiment ce que cela va signifier, car dans ce cas-là, tout ce qui va au-delà dans les lois nationales est abrogé. Car tout cela peut s'étendre au droit du travail et au droit social, la Commission a de la suite dans les idées néolibérales! Nous avons donc entamé un processus de concertation pour s'entendre avec les différents pays, le Luxembourg ne peut rien faire à lui tout seul au niveau européen. Nous avons déjà donné deux avis négatifs à propos de cette directive, mais nous ne sommes qu'un organe consultatif et le gouvernement n'est pas obligé de prendre nos avis en compte...
Avec la crise, le pouvoir d'achat intéresse beaucoup les consommateurs en ce moment...
Pourtant, le consommateur moyen est mieux loti qu'il y a quelques mois car l'inflation a beaucoup baissé ces derniers temps. Nous attendons des retombées plus sérieuses en matière d'emploi ici au Grand-Duché pour que le pouvoir d'achat soit plus touché.
Nous avons quand même demandé les chiffres des produits à l'importation pour voir si la baisse des prix de gros a bien été répercutée sur le prix final pour le consommateur. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de réponse, mais nous allons bien sûr insister. Une charte «Fair Price» a été mise en place en 2008 pour surveiller la hausse des prix. A priori, les commerçants n'ont pas profité de la baisse générale, mais comme nous ne connaissons pas leurs marges, il nous est difficile de savoir s'ils ont bien répercuté la baisse des prix pour le consommateur.




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