«Une Europe des résultats»
Les candidats chrétiens-sociaux aux européennes ont présenté, hier, leur programme pour le scrutin du 7 juin. Un programme dans lequel l'équipe autour de Viviane Reding prône une «économie sociale du marché». De notre journaliste Liliana Miranda
POLITIQUE ET SOCIÉTÉ
Viviane Reding, tête de liste du CSV pour les européennes, l'avoue sans détour : l'UE ne fait pas l'unanimité parmi les citoyens. «L'UE est uniquement ce que les 27 États membres en font», a-t-elle déclaré.
Aux critiques, voire au scepticisme, le CSV n'a qu'un seul remède. «Nous ne voulons pas moins, mais plus d'Europe, a expliqué Mme Reding. Mais nous voulons aussi que les décisions soient prises ensemble, et non pas par quelques-uns contre les autres.»
Pour les chrétiens-sociaux, l'UE a su faire ses preuves dans sa récente histoire. L'adhésion de 12 pays en un laps de temps relativement court, par exemple, se serait déroulée «automatiquement», «presque sans que l'on en prenne compte.» Par ailleurs, la pauvreté est «peu à peu» en train d'être éliminée dans ces pays.
«L'Europe de l'avenir, c'est la meilleure réponse à la globalisation, a souligné celle qui est membre de la Commission européenne. Ou bien nous gagnons ensemble, ou bien nous perdons ensemble.»
Si certains pays ont échappé au pire en ces temps de crise, c'est parce que l'UE sert aussi à «protéger» ses États membres. C'est cette voie que souhaite suivre Mme Reding, qui prône une «économie sociale du marché.» «L'économie est au service de l'être humain, la production est une condition au développement», a-t-elle martelé.
«Nous voulons une Europe des valeurs»
Le traité de Lisbonne, le CSV y croit toujours. Ce qui ne l'empêche pas de vouloir aller au-delà de ce que prévoit ce texte. Dans son programme, le parti propose l'introduction d'un salaire minimum adapté à la situation des différents États membres. Il y est également question de mener, au niveau européen, une politique d'aide au développement selon le modèle luxembourgeois.
En ce qui concerne les aides allouées aux PME, Viviane Reding a admis qu'il faut réduire la bureaucratie, histoire de ne pas décourager les entrepreneurs. Une telle approche aurait pour avantage de favoriser l'innovation, notamment dans le domaine des nouvelles technologies et de l'efficience énergétique.
Aux jeunes électeurs, les chrétiens-sociaux promettent l'introduction d'un programme qui leur permettrait d'effectuer plus facilement des stages dans n'importe quel État membre de l'UE.
La commissaire européenne s'est dite déçue par les médias qui n'accordent pas suffisamment d'importance à la «diversité» culturelle, une diversité dont la langue luxembourgeoise ferait partie.
«Nous voulons une Europe des valeurs, une Europe dans laquelle tout un chacun compte, une Europe des résultats», a résumé Viviane Reding.
Le CSV lancera officiellement sa campagne électorale le 14 mai, à l'abbaye de Neumünster.




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