La recherche accélère son allure
Le Grand-Duché s'est doté d'un outil de travail qui doit lui permettre une exposition internationale. L'objectif : travailler sur la relation qui existe entre la pratique du sport d'une part, et les blessures, le vieillissement et les maladies chroniques d'autre part. / De notre journaliste Bertrand Slézak
Autant tirer un trait tout de suite sur une idée reçue. Non, la médecine du sport n'est pas réservée aux sportifs de haut niveau. Oui, elle s'adresse même à ceux et à celles qui passent leurs dimanches vautrés dans le canapé, les yeux rivés sur la télévision. Depuis hier, le Luxembourg est officiellement doté d'un laboratoire de recherche en la matière. Mais la petite histoire, qui a abouti à la création de la structure, a démarré il y a plus de deux ans. «Des médecins ont constaté que les jeunes, au Luxembourg, font beaucoup de sport et se blessent souvent», raconte Daniel Theisen, le tout neuf responÉtroite collaboration
Si l'inauguration n'a eu lieu qu'hier, le laboratoire fonctionne déjà. L'équivalent de 3,5temps plein y travaille, épaulé temporairement par des étudiants, la structure ayant un rôle de formateur auprès de doctorants.
Aujourd'hui, les bureaux sont à Strassen, mais ils doivent être transférés, en octobre, à la clinique d'Eich. C'est là que se trouvent déjà les locaux où sont réalisés les tests nécessaires aux travaux de recherche.
Ce déménagement facilitera la synergie voulue entre le CRP et la clinique afin de permettre aux chercheurs du laboratoire de bénéficier de conditions de travail adéquates. Ils pourront disposer, s'ils le désirent, des équipements médicaux de la clinique et collaborer directement avec les autres services, notamment en matière de thérapie. sable du laboratoire. Très vite, une étude est commandée par le département ministériel des Sports (DMS). Ses résultats confirment le postulat et ajoute quelques précisions : la plupart des blessures concernent les membres inférieurs, 20% d'entre elles sont dites «graves» et il y a dix fois plus de chances qu'elles se produisent en compétition plutôt qu' à l'entraînement.
Une cellule de recherche est alors mise en place au centre de recherche public de la Santé, dont les bureaux sont basés à Strassen. Elle travaille notamment en étroite collaboration avec la section sports études de l'Institut national des sports. «On a surveillé les blessures, les facteurs qui les provoquent et les risques», résume Daniel Theisen. Ce travail a débouché sur plusieurs conclusions et notamment sur le fait que «les entraîneurs sous-estiment le problème des blessures. On a insisté pour qu'il y ait une prévention active des blessures pendant l'entraînement.»
Très vite, la cellule de recherche a fait ses preuves. Le DMS et le CRP-Santé ont donc décidé, appuyés financièrement par le Comité olympique et sportif luxembourgeois et le ministère de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, de la doter d'un véritable outil de travail : le laboratoire de recherche en médecine du sport était né.
Inauguré hier, il ne se focalise pas sur la performance sportive. «Il ne s'agit que d'une petite tranche de notre travail», confirme Daniel Theisen. Dans un discours appris par cœur, il donne la définition de son activité : «Notre recherche s'occupe de l'impact que peuvent avoir la pratique du sport et son comportement inverse, la sédentarité, sur les personnes malades et en bonne santé, de tous les âges, dans le but de dégager des conseils et des réponses pertinentes pour la prévention, la thérapie et la pratique sportive.»
Le laboratoire concentrera aussi ses travaux sur les effets du vieillissement et les maladies chroniques telles l'obésité, le diabète ou l'hypertension, par exemple. «On sait que la pratique du sport aide à vivre mieux plus longtemps», explique le responsable du centre. «Mais notre objectif sera de dégager les priorités pour y parvenir : vaut-il mieux mettre l'accent sur l'endurance, la force dans les jambes ou l'équilibre? Quels sont les seuils à atteindre pour préserver son autonomie?»
Les réponses à ces questions feront l'objet de publications dans des revues spécialisées, soumises à l'appréciation du monde de la médecine. «Nous avons un devoir de productions scientifiques.» Le laboratoire de recherche en médecine du sport aura donc la lourde tâche de renforcer la position du CRP-Santé sur la scène internationale.




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