Les seniors ont de la valeur
L'ASBL créée en 2008 par des entrepreneurs luxembourgeois questionne le traitement des plus de 45 ans dans l'entreprise. Dans cette logique, elle a présenté hier un projet ambitieux pour promouvoir la transmission des plus expérimentés à leurs cadets. De notre journaliste Camille Leroux
Très souvent, on pousse un peu dehors les plus de 45 ou 50 ans, car ils sont jugés trop chers», constate Nicolas Schmit, ministre du Travail et de l'Emploi. «Mais c'est une absurdité de renoncer aux compétences et au savoir-faire des plus âgés.» Et le ministre de louer le projet «mentoring», «un idéal que j'ose qualifier d'humaniste.»
Humaniste, un qualificatif qui peut surprendre lorsque l'on parle d'entreprise. D'ailleurs, Pierre Huot, le secrétaire de Perspective 45, insiste sur l'aspect gagnant-gagnant du projet. «Les entreprises sont des acteurs clés pour agir, mais il leur faut une contrepartie», avance ce banquier.
Le principe du mentoring: constituer des binomes ou des trinomes avec un salarié expérimenté - le mentor - et un ou deux salariés à former - les mentorés. C'est la société Alterval, qui compte déjà une dizaine de références en France, qui met en place une méthodologie élaborée. «Nous commençons par identifier les connaissances du mentor ainsi que son profil, sa façon de transmettre son expérience», explique Gilbert Morlet. «Nous croisons son profil avec celui d'un mentoré et suivons ensuite leurs rencontres. Au bout du compte, nous formalisons les connaissances transmises en impliquant les supérieurs du mentor et d'autres mentors.»
Une génération fière de son métier
Résultat: en quelques mois, le mentoring permet de produire un livret de connaissances qui pourra servir aux nouveaux arrivants. Et ce en valorisant l'expérience des moins jeunes. «Cela fonctionne, car la génération des plus de 45 ans est fière de son métier, fière de le transmettre», intervient Grégory Bouadroune, d'Alterval.
Les premiers clients d'Alterval ont ainsi intégré le tutorat dans leur stratégie d'entreprise, quelle que soit la problématique. Et au Luxembourg la mise en place ne coûte rien aux entreprises, puisqu'elle est cofinancée par le ministère du Travail et le Fonds social européen.
La vingtaine de responsables des ressources humaines présents vendredi se sont montrés très intéressés. «Les employés à deux-trois ans de la retraite sont ceux qui connaissent le mieux la maison et nous avons besoin d'un transfert de compétences», témoigne André Horn, de l'hôpital du Kirchberg. «Il suffirait d'une minorité, quatre ou cinq tous les trois ans, pour y parvenir.»




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