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Discours rassurant sur l'amiante

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image L'amiante est prohibé des nouvelles constructions depuis 2001. Mais il n'existe pas d'inventaire sur son utilisation avant cette date.

L'amiante est bien présent dans des logements au Luxembourg. Mais il n'y a pas trop lieu de s'en inquiéter, affirme le ministre de la Santé.



Tel un serpent de mer, l'amiante ressurgit régulièrement dans l'actualité. Le procès qui s'est ouvert le 10 décembre près de Turin contre la société Eternit, producteur de matériaux en amiante, a donné l'occasion au député libéral Carlo Wagner d'interpeller le ministre de la Santé sur la situation au Grand-Duché. / De notre journaliste Fabien Grasser

Les procès de l'amiante se multiplient en Europe contre les pouvoirs publics ou les producteurs, qui tout en étant conscients de la toxicité de ce produit n'avaient pas jugé utile- ou profitable- de protéger ouvriers et population.

Ce matériau qui provoque notamment des cancers du poumon a été interdit au Luxembourg en mars 2001. Près de dix ans après, y a-t-il encore beaucoup d'amiante dans les habitations luxembourgeoises? Quelle est sa nocivité pour la santé ou l'eau potable? Que peuvent faire les occupants d'habitations concernées? Tels sont les interrogations que le député DP Carlo Wagner a adressé dans une question parlementaire à son successeur au ministère de la Santé, Mars Di Bartolomeo.

En premier lieu, répond ce dernier, il faut distinguer l'amiante en vrac (amiante bleu) de l'amiante blanc. Le premier est utilisé dans les flocages, les rembourrages et les remplissages. Le second est notamment utilisé en tant que ciment d'amiante.

L'expertise n'est pas obligatoire

Mais encore? «Il en résulte qu'en raison des fibres peu fixées, c'est l'amiante en vrac qui pose le risque majeur de contamination de l'air ambiant, et donc d'exposition pour la population. En ce qui concerne par contre le ciment d'amiante, les fibres sont fortement liées et ne présentent en général» de risque qu'«en cas d'intervention ou de choc, notamment lors de travaux de maintenance, de réparation ou de rénovation», poursuit Mars Di Bartolomeo.

Mieux vaut donc bien s'informer sur la présence ou non d'amiante avant d'intervenir sur un toit ou une conduite, dans lesquels l'amiante a été massivement utilisé par le passé.

Mais, nuance le ministre, «la protection du travailleur est bien assurée tant au niveau national qu'européen», avant de reconnaître qu'il en va tout autrement «des personnes occupant des logements privés».
Et à l'heure du passeport énergétique, Mars Di Bartolomeo de faire cet aveu étonnant: contrairement à «la France par exemple», la loi luxembourgeoise n'oblige pas les propriétaires à «procéder à une expertise ou à un inventaire d'amiante avant la mise en location ou la mise en vente» d'un logement. Pas étonnant dès lors qu'il ne puisse faire état d'un quelconque inventaire sur l'amiante au Grand-Duché, tel que le lui demandait Carlo Wagner.

De même, la loi n'impose «aucune mesure d'assainissement» pour l'amiante installé avant 2001, quand la législation a été adoptée et quand... Carlo Wagner était encore au gouvernement. Autrement dit, le désamiantage est à la charge du loueur ou de l'acheteur s'il veut débarrasser son habitation de ce poison.

Il n'y a cependant pas lieu de s'inquiéter, estime Mars Di Bartolomeo. «Nombre de toitures sont couvertes de tuiles qui renferment de l'amiante. Comme il s'agit cependant de ciment amiante, le risque d'exposition se limite aux travaux d'entretien, de nettoyage ou de rénovation de la toiture. En principe les tuiles amiantées des toitures ne sont pas en contact avec l'intérieur des logements. (...) Des analyses d'amiante, qui ont été réalisées en rapport avec des toitures, ont toujours permis de conclure à une absence de fibres d'amiante à l'intérieur des maisons.»

Le principe d'équité

Tout aussi mineur est le risque de contamination de l'eau courante par l'eau pluviale ayant cheminée sur des toits ou dans des conduites contenant de l'amiante, affirme le ministre.

Cela étant, Mars Di Bartolomeo encourage vivement les occupants de logements amiantés à faire appel à des professionnels s'ils veulent s'en débarrasser. Sage précaution.

Mais pas question de compter sur l'aide de l'État pour cela. «De nombreuses autres substances chimiques sont potentiellement au moins aussi dangereuses sinon encore plus nocives que l'amiante», explique le ministre. «Suivant le principe d'équité», poursuit Mars Di Bartolomeo, «il me paraît difficile d'envisager une quelconque aide en ce qui concerne le désamiantage, alors qu'une multitude d'autres substances (...) qui risqueraient de porter atteinte à la santé, seraient également éligibles au titre d'une telle aide.»

Vraiment rassurant, ce «principe d'équité». 

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