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L'économie solidaire cartographiée

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L'Institut européen pour l'économie solidaire (INEES) a lancé un projet de cartographie des acteurs de l'économie solidaire au Grand-Duché, en collaboration avec le Centre de recherche public Henri-Tudor (CRPHT) et le Réseau intercontinental pour la promotion de l'économie sociale et solidaire (RIPESS).


De notre journaliste Jean Rhein
 
Le projet portera la dénomination Ecosolux et entend devenir un outil au service des acteurs de l'économie solidaire au Grand-Duché. Les concepts théoriques de l'économie solidaire évoluent. Une bonne raison de préciser son étendue au Luxembourg, d'autant plus que la base statistique et informatique fait encore défaut, alors que le nouveau gouvernement a prévu la fonction d'un ministre délégué à l'Économie solidaire, en la personne de Romain Schneider.
Éric Lavillunière et Laurence Johannsen ont présenté hier quelques détails du projet. Le premier nommé, de l'INEES, rappelle que l'économie sociale et solidaire crée de l'emploi, sans pour autant constituer une rémunération du facteur capital. Elle est respectueuse de l'environnement et s'insère dans la perspective du développement durable. Et pourquoi ne la considérerait-on pas comme le premier pilier de l'économie, se demande-t-il. «Il y a un besoin de composer un corpus théorique», constate-t-il. Une journée d'études de l'économie sociale et solidaire se déroulera les 3 et 4 juin prochains à l'Université du Luxembourg. Une publication scientifique est prévue à l'issue de la rencontre du réseau interuniversitaire.
Laurence Johannsen (CRPHT) évoque également l'historique du projet. Un groupe de travail du Forum intercontinental Lux'09 à Schifflange avait constaté l'absence de bases de données sur l'étendue du secteur.


Le critère : «producteur d'utilité sociale»

C'est ce qui se fera au Grand-Duché, avec la création d'une plateforme sur internet, supportée par une base de donnée MySQL. Les acteurs de l'économie solidaire seront repris dans la base de données, au courant des mois de juin et de juillet 2010. Le référencement se fera sur la base d'une nomenclature claire et d'une charte.
Éric Lavillunière a ajouté que le périmètre étudié concerne les producteurs d'utilité sociale, et non pas nécessairement la perception que les acteurs économiques pourraient avoir de leur propre rôle.
L'invité du jour était Daniel Tygel, secrétaire exécutif du Forum brésilien d'économie solidaire, qui a présenté le projet brésilien de cartographie de l'économie solidaire. En dehors de la taille des pays (au Brésil, le périmètre s'étend à quelque 22000 entreprises employant deux millions de travailleurs), de nombreuses parallèles apparaissent. Daniel Tygel a rappelé que l'économie solidaire ne se confond ni avec la notion de responsabilité sociale des entreprises, ni avec le troisième pilier de l'économie et ne peut être réduite non plus à l'économie combattant la pauvreté et le chômage. Au Brésil, l'économie solidaire se compose des entreprises, d'entités d'appui (gérées par les Églises, les syndicats, les ONG, les universités) et des acteurs publics.
Le ministre Romain Schneider a précisé que son département ministériel existe bien depuis la constitution du nouveau gouvernement, mais qu'en pratique il a pris possession de ses propres bureaux le 1er mars. Il a vivement encouragé les participants au projet «Ecosolux». 

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