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USA: les controverses risquent de marquer durablement la présidence Obama

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Photo: afp

La Maison Blanche a réagi avec vigueur aux affaires qui se sont abattues sur elle depuis une semaine, mais Barack Obama risque de pâtir à long terme des conséquences de ces controverses, quand le temps presse pour appliquer le programme de son deuxième et dernier mandat.


Le président américain, après un flottement apparent en début de semaine, a lancé une offensive tous azimuts pour tenter de circonscrire les incendies qui ont cerné une Maison Blanche jusqu'alors plutôt épargnée par les scandales.

Sur l'attentat de Benghazi (Libye), la présidence a publié mercredi 100 pages d'emails internes pour contrer les accusations de manipulation venues des républicains au Congrès; un projet de loi sur la protection des sources des journalistes a été exhumé après l'indignation suscitée par la révélation de la saisie de relevés téléphoniques d'Associated Press; et enfin, des têtes ont commencé à tomber dans l'administration fiscale, l'Internal Revenue Service (IRS).

Même si le chef démissionnaire de l'IRS a dédouané l'exécutif démocrate face au Congrès vendredi, évoquant des "erreurs idiotes" d'employés, ce scandale constitue, de l'avis de Kareem Crayton, professeur de sciences politiques à l'université de Caroline du Nord, l'affaire la plus lourde de conséquences pour le président.

Ce dernier, en affirmant jeudi avoir appris par la presse que des services du fisc avaient indûment ciblé des groupes liés à la mouvance d'ultra-droite "Tea Party", "renforce l'idée que le président et son gouvernement ne prêtaient pas attention" à ce qui se déroulait dans cette agence, remarque l'universitaire.

Quelles que soient les conséquences politiques ou pénales, "l'idée que le président gouverne au nom des gens et est à la hauteur de la tâche, souffrira à long terme" de cette affaire, assure-t-il.

"Comparaison incorrecte" avec le Watergate

Après avoir dû passer l'essentiel de la semaine à réagir aux controverses, M. Obama a repris vendredi son programme de politique intérieure en se déplaçant à Baltimore, dans le Maryland, pour appeler le Congrès à soutenir l'enseignement en maternelle et les investissements dans les infrastructures.

Au risque de voir ce message étouffé dans les médias par le passage sur le gril du chef démissionnaire de l'IRS au Capitole au même moment, alors que fleurissent, chez certains élus ou commentateurs conservateurs, les comparaisons avec le scandale du Watergate qui avait emporté le président Nixon en 1974.

"A l'heure actuelle, c'est une comparaison incorrecte", tempère Julian Zelizer, professeur d'histoire à l'université de Princeton. "Le Watergate, c'était un président directement impliqué dans une obstruction" à la justice, rappelle-t-il. "Si les républicains essaient d'emprunter cette voie, cela pourrait leur retomber dessus".

Reste que ces controverses tombent à un moment délicat pour M. Obama, dont le bilan législatif du second mandat est maigre. L'approche de la campagne des législatives de la fin 2014 ne lui laisse plus que quelques mois avant d'essayer de faire progresser les sujets qui lui tiennent à coeur dans un Congrès partiellement aux mains de ses adversaires.

"Les trois ans et demi qui me restent, ce n'est pas beaucoup", a du reste reconnu lundi M. Obama lors d'une réunion de levée de fonds à New York. "Il faut que je mette à profit tout (le temps) que j'ai pour faire la différence".

La réforme de l'immigration et de la fiscalité, ainsi que la lutte contre le réchauffement climatique figurent parmi ces dossiers, de même que l'encadrement de la circulation des armes à feu, malgré un échec cinglant au Congrès en avril.

Mais dans l'immédiat, le gouvernement Obama "va passer son temps à aller témoigner au Congrès" sur les affaires en cours, et ces aller-retours vont étouffer "tous les dossiers de fond", prophétise M. Crayton.

L'histoire des présidences récentes montre qu'il est possible de rebondir après de tels revers, note toutefois M. Zelizer.

"Cela peut disparaître assez vite, nous l'avons vu plusieurs fois", affirme-t-il, en citant l'affaire Iran-contra sous Ronald Reagan, ou le scandale sexuel Lewinsky qui avait valu une procédure de destitution à Bill Clinton.

 

afp

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