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Israël enterre le dernier survivant du camp de la mort de Treblinka


Dans le cimetière du village agricole d'Oudim, le cercueil M. Willenberg a été mis en terre par des adolescents, en présence de sa famille. (photo AFP)
Dans le cimetière du village agricole d'Oudim, le cercueil M. Willenberg a été mis en terre par des adolescents, en présence de sa famille. (photo AFP)

Des centaines de personnes ont participé lundi en Israël aux funérailles de Samuel Willenberg, dernier survivant du camp d’extermination nazi de Treblinka, mort à 93 ans après avoir consacré la fin de sa vie à témoigner sur cette usine de mort.

Déporté à l’âge de 19 ans à Treblinka, Samuel Willenberg était né en Pologne. Il a été un des instigateurs de la révolte de Treblinka, durant laquelle des déportés avaient mis le feu à une partie du camp, pris d’assaut un dépôt d’armes avant de se précipiter en masse vers la clôture électrique sous le feu des nazis qui ont tué la plupart d’entre eux.

Samuel Willenberg, bien que blessé à la jambe, était l’un des rares à avoir survécu. Il a combattu ensuite dans les rangs de la résistance polonaise avant de servir après la guerre dans l’armée polonaise. En 1950, il a émigré en Israël, où il est devenu fonctionnaire au ministère du Logement.

Dans le cimetière du village agricole d’Oudim, dans le centre d’Israël, au son de l’hymne de la résistance juive polonaise, le cercueil M. Willenberg a été mis en terre par des adolescents, membres des mouvements de jeunesse israéliens, en sandales et en jeans, venus rendre hommage à celui qui avait accompagné des dizaines de voyages scolaires de la mémoire en Pologne.

« Je me tiens devant ta tombe, celle du dernier survivant de Treblinka, et à tes côtés se trouvent 850.000 Juifs (…) Ceux qui arrivaient à Treblinka ne survivaient généralement que quelques heures, vous n’étiez que 67 à en être sortis vivants et tu étais le dernier témoin », a déclaré lors de la cérémonie, très ému, le président israélien Reuven Rivlin.

« Chaque mois, mille survivants de la Shoah meurent, le nombre de témoins directs s’amenuise, nous n’avons plus beaucoup de temps », a ajouté M. Rivlin, en lançant un appel à assurer la dignité de ces survivants, dont près d’un quart vivent sous le seuil de la pauvreté en Israël.

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Sur cette photo prise le 2 octobre 2013, Samuel Willenberg allume une chandelle devant le monument dédiée aux victimes à Treblinka. (photo AFP)

« Tu t’es enfui de Treblinka, mais Treblinka ne t’as jamais quitté », a résumé son ami et militant de la mémoire de la Shoah Ariel Goldman. M. Willenberg, a donné de multiple conférences sur son expérience concentrationnaire, et écrit un livre de souvenir, « Révolte à Treblinka ».

Une fois à la retraite, il s’était aussi consacré à la sculpture avec des oeuvres liées à ses traumatismes hérités de la Shoah, tel l’assassinat de ses deux soeurs à Treblinka et avait réalisé de nombreux dessins et plans du camps pour le mémorial de Yad Vashem. « Son obsession était de faire voir ce qui s’était passé à Treblinka, lieu dont rien ne subsiste, pas de photos et peu de témoignages. Il se rappelait de tout: où passait les rails du train, où étaient les fosses communes », explique Niv Goldberg, qui supervise les collections d’art à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Il avait confié lors d’un reportage de la télévision israélienne que son dernier rêve était de participer à la construction d’un musée à Treblinka « pour que son souvenir ne s’efface pas ». M. Rivlin a rappelé que M. Willenberg lui avait dit à propos d’une de ses sculptures exposées à la résidence du président: « Je ne suis pas éternel, mais mes sculptures, elles, resteront ».

Le Quotidien / AFP

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