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L’ONU appelle à la répartition de 200 000 réfugiés dans l’UE via des quotas imposés


Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, à Genève en Suisse, le 4 septembre 2015 (Photo : AFP)

Le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a demandé vendredi aux Européens de se partager l’accueil de quelque 200 000 personnes, précisant que tous les membres de l’UE devaient avoir l’obligation de répondre à cette «crise massive».

«Il faut une réponse exceptionnelle» face à une «crise massive», a déclaré M. Guterres, lors d’une conférence de presse à Genève, aux côtés du secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland.

«Les personnes qui ont une demande de protection valide (…) doivent bénéficier d’un programme de réinstallation de masse, avec la participation obligatoire de tous les Etats membres de l’UE. Une estimation vraiment préliminaire semble indiquer le besoin potentiel d’accroître les opportunités de réinstallation à 200 000 places», a-t-il dit dans un communiqué.

Ces places permettraient de répondre aux besoins d’accueil des demandeurs d’asile jusqu’à la fin 2016, a-t-il précisé devant les médias.

Il a également, une fois de plus, appelé les dirigeants européens à mettre urgemment en place des centres de réception et d’enregistrement des migrants et réfugiés en Grèce, en Italie et en Hongrie, pour aider ces pays et éviter une «situation chaotique».

«L’Europe est confrontée à son plus grand afflux de réfugiés depuis des décennies», a-t-il dit, et «la situation exige un effort commun massif qui est impossible avec l’approche fragmentée actuelle» au sein de l’UE.

M. Jagland a appelé pour sa part les gouvernements à s’inspirer de la solidarité dont font preuve actuellement les populations en Europe.

M. Guterres a souligné que la Hongrie devait être mieux à même de comprendre l’urgence de la situation car la «crise hongroise» de 1956 (répression de l’insurrection de Budapest, ndlr) a été la première crise que le HCR (créé en 1950) a dû gérer dans son histoire: quelque 200.000 réfugiés hongrois avaient alors fui le pays, se réfugiant principalement en Autriche.

Depuis janvier, près de 365 000 personnes ont traversé la Méditerranée, et plus de 2 700 sont mortes en effectuant ce périple, selon les chiffres publiés vendredi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le Haut-Commissaire du HCR a souligné qu’«il s’agit avant tout d’une crise de réfugiés et pas seulement d’un phénomène migratoire», car la grande majorité des migrants viennent de pays en proie à des conflits, comme la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan.

Dans un contexte de crispation croissante entre Européens, l’Allemagne, qui s’attend à recevoir un nombre record de 800.000 demandes d’asile cette année, et la France, ont estimé qu’il fallait mieux répartir les réfugiés au sein de l’UE, la chancelière allemande Angela Merkel décrivant un système de «quotas contraignants».

AFP/M.R

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