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Cyclisme/Andy Schleck: «Oui, en 2011, je serai le favori logique du Tour»

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«Je n'ai pas apprécié le fait que Bjarne Riis nous reproche, à un moment donné, notre manque de loyauté et d'apprendre que, pendant le Tour de France, auparavant, il a eu des réunions avec Contador lui-même, mon principal rival. Aujourd'hui

Andy Schleck le confesse avec sa franchise habituelle. Durant les fêtes de Noël, le Mondorfois est le plus heureux des hommes. Il se projette vers la prochaine saison tout en prenant le plaisir de rencontrer ses amis, sa famille. Le moment idéal pour parler passé, présent et avenir...

 

Entretien avec notre journaliste Denis Bastien

Andy Schleck, quoi qu'il puisse en dire, n'est plus tout à fait un jeune homme comme les autres. Que ce soit dans son Luxembourg natal et chéri, ou à l'étranger, où il bénéficie d'une cote de sympathie énorme. De l'avis de tous les connaisseurs, il aurait dû battre Alberto Contador lors du dernier Tour de France. À l'issue d'un incroyable mano a mano.
La faute à ce foutu saut de chaîne dans le Port de Balès. La faute à un chrono bâclé à Rotterdam. La faute au fichu abandon sur chute de son grand frère, Frank, dès la troisième étape, sur les pavés du Nord. La faute à pas de chance, tout simplement. Car Andy Schleck était le plus fort, il nous le répète ici avec conviction. Et effectivement, nous en sommes tous persuadés.
Mais les semaines ont passé. Inutile d'appuyer plus longtemps là où ça fait mal. Car les déboires d'Alberto Contador ne le ravissent pas. Au contraire. Pas plus que les amoureux du cyclisme. Non, Andy Schleck préfèrerait qu'on en reste là. Lui, dauphin de l'Espagnol, et quoi qu'il advienne, pour l'éternité. Pour le bien de son sport. Mais tout ceci, Andy Schleck nous le raconte mieux que quiconque...

Andy, on sait que cette période de l'année est importante pour vous, car elle correspond à vos derniers moments de détente en famille. Comment vivez-vous cet instant?
Andy Schleck : C'est vrai que pour moi, c'est le plus beau moment de l'année. Tu es à la maison alors que toute l'année, tu vas d'aéroport en aéroport, tu voyages, tu cours. En ce moment, c'est les vacances, je vois les copains. Ce moment, tu l'attends depuis des mois. Et c'est curieux, je me dis, bon sang, j'ai hâte de reprendre. Je suis comme en attente. Surtout qu'on va repartir avec une nouvelle équipe, comme tout le monde sait. Alors, c'est vrai, il y a cette neige qui nous empêche d'aller rouler un peu dehors. Ce n'est pas possible et les rouleaux, comme la plupart des coureurs, je n'aime pas trop ça. Je compose...

Quels bons moments allez-vous garder de vos vacances?
À Cancun, on a fait tout ce qu'il était possible de faire dans la mer au niveau pêche. Ensuite à Curaçao, on a enchaîné avec du wakeboard. Le photographe belge, Tim De Waele, a fait une très belle photo où on me voit voler dans l'air. Oui, je me suis bien amusé. Comme dernièrement à Crans Montana, pour le rassemblement de la nouvelle équipe. Je fais du snowboard depuis que j'ai douze ans mais désormais, je préfère les skis. C'était chouette.

Ces sensations vous ont-elles permis d'évacuer, désormais, la déception liée à votre deuxième place à Paris dans le Tour, derrière Alberto Contador?
Oh, pour moi, la déception était déjà évacuée depuis un petit moment déjà. Disons que je reste déçu et content à la fois. Là, je vis en attente du prochain Tour. Je ne peux m'empêcher de penser que le tracé 2011 nous convient bien à tous les deux, Frank et moi.

Avec Frank, vous avez souvent reparlé du dernier Tour de France et notamment de ce qu'il serait advenu si par bonheur, Frank ne s'était pas cassé la clavicule sur l'étape des pavés?
Bien sûr, nous avons reparlé mais pas vraiment de ce qu'il serait advenu sans sa chute, car on ne refait pas l'histoire. Simplement, c'est vrai qu'il m'a beaucoup manqué. Notamment dans les moments durs. J'avais toute la pression sur les épaules et je pense que j'aurais été plus fort s'il était resté à mes côtés. Moi, je restais concentré, je voulais faire une belle course. Le soir, on s'appelait au téléphone, deux ou trois fois. Cela était important pour moi. Mais bon, le moment le plus dur du dernier Tour, c'est le soir où il est parti. J'ai mis un point d'honneur à ne pas le montrer à l'équipe, je voulais rester fort mais j'étais vraiment mal. J'avais une position de leader à tenir. Mais à 25 ans, je suis toujours un jeune coureur.

Comment avez-vous fait pour surmonter ceci?
Je m'en suis tenu à Nicki Sorensen, vraiment un chic type. Il a pris la place de Frank dans la chambre. Et tout s'est bien passé même si bien sûr, Frank m'a manqué.

Si Frank était resté, vous auriez battu Contador?
Difficile à dire. Mais je le pense quand même, oui. On a vu comment je marchais. Et moi, Frank, je ne l'avais jamais vu à ce niveau-là.

Vous venez de rappeler votre jeune âge, 25 ans. L'an passé, vous nous expliquiez que vous vous trouviez en progression constante. C'est toujours le cas?
J'espère bien, oui. Et je pense que tous les changements actuels vont nous permettre de passer un palier. Et cela vaut également pour Frank. Je l'ai déjà trouvé métamorphosé après la naissance de sa fille, Leea. Il est vraiment différent sur le plan mental. Et là, on se retrouve dans une nouvelle équipe. C'est une nouvelle motivation. Tout est nouveau. Les coureurs sont nouveaux, toute l'équipe va naître. C'est bon pour la tête.

Quelle implication personnelle avez-vous eu dans la construction de cette nouvelle équipe?
Évidemment que j'ai été tenu au courant, mais je dirais que j'ai toujours eu une certaine distance. Brian (Nygaard) et Kim (Andersen) ont été au centre. Moi, je suis coureur. Je ne suis pas dans un bureau. Bien sûr que j'ai été consulté, comme Frank, sur l'embauche de tel ou tel coureur. Du moment où nous étions sûrs de rejoindre cette nouvelle équipe, on s'est impliqués naturellement. Mais pas plus que ça non plus.

N'avez-vous pas eu l'impression que Bjarne Riis, votre patron chez Saxo Bank, cherche à se venger en enrôlant pour 2011 Alberto Contador, votre rival sur le Tour de France?
Il faut le comprendre, à partir du moment où on lui a annoncé notre départ, il lui fallait trouver quelqu'un capable de remporter le Tour de France. Et sans être prétentieux, il n'y a pas, aujourd'hui, cinq, six coureurs capables de remporter le Tour. Contador était le mieux placé. Soit. Mais bon, je n'ai pas apprécié le fait que Bjarne Riis nous reproche à un moment donné notre manque de loyauté et d'apprendre que pendant le Tour de France, auparavant, il ait déjà eu des réunions avec Contador lui-même, mon principal rival. Aujourd'hui, je me dis que c'est la vie, mais bon...

Votre éviction de la Vuelta, comment l'avez-vous vécue?
Je suis convaincu à cent pour cent que nous aurions pu régler ça autrement. Je pense que je suis humain et que cela peut arriver à tout le monde.

Vous assumez le côté bon vivant qui est le vôtre?
Oui et cela ne m'empêche pas de savoir ce que je veux et d'être professionnel, aussi, à cent pour cent. Je ne finis pas sur le podium du Tour deux années de suite par hasard. Je travaille pour ça.

Frank nous disait voici peu que le 6 janvier était une date très importante pour lui. Cette date qui correspond à la grande présentation de votre équipe à la Coque, vous tient-elle également à cœur?
Evidemment, je suis très fier de me retrouver là. C'est excitant, vraiment. Nous sommes très fiers de représenter le Luxembourg. Et puis tout est vraiment nouveau. On part de zéro, alors, on attend tous des choses particulières. Moi, par exemple, j'ai hâte de voir le premier stage à Majorque. J'ai bien senti l'ambiance qu'il y avait à Crans-Montana voici peu. J'imagine que tout le monde va vouloir rouler plus fort. Cela peut même devenir galère. En début de saison, je pars tranquille. Mais les années précédentes, je me souviens avoir été à la peine en début de stage, et me retrouver devant à la fin. Il y a des coureurs qui veulent faire la course tous les jours...

Et cette équipe, votre équipe, est-elle la meilleure équipe du monde comme l'UCI vient de le prétendre à travers son ranking projeté vers 2011?
Oui, je pense que nous avons la meilleure équipe sur le papier pour le Tour. Tout est super. Mais bon, il faut aussi montrer ceci dans les résultats. Souvenez-vous de Sky l'an passé. Tout le monde disait que c'était la meilleure équipe du monde, qu'il s'agissait d'une véritable révolution. Alors il faudra être prudent même si personnellement, je ne suis pas inquiet, bien au contraire.

L'identité luxembourgeoise de cette nouvelle équipe, la vôtre, est-elle un point déterminant?
C'est important, infiniment important pour nous de se positionner ainsi. Tout le Luxembourg peut être fier de cette nouvelle équipe. On va voir le Luxembourg aligné sur les plus grandes courses du monde.
On le sait, Flavio Becca, promoteur immobilier et homme d'affaires discret, a été déterminant dans ce dossier...
C'est Johnny, notre père, une de ses connaissances, qui a fait les présentations. On se connaît depuis longtemps déjà. Et on va travailler ensemble, voilà. C'est aussi simple que cela...

On suppose néanmoins que tout n'a pas été simple. Avez-vous été inquiet?
Non, jamais nous n'avons eu peur. Du moment que nous avions signé, on savait que le projet irait au bout. Que l'équipe partirait. À un moment donné, nous avions d'autres possibilités, puisque de très belles équipes nous voulaient. Mais là, nous sommes heureux de nous retrouver là.

Les dirigeants de l'équipe ont égrené les nouvelles au compte-goutte ces derniers temps. Que devons-nous attendre de plus pour la présentation du 6 janvier?
On va découvrir le nom définitif de l'équipe, le programme, les couleurs du maillot et le design. Et nous serons tous là.

Pour finir, ne serait-ce qu'avec les difficultés actuelles d'Alberto Contador, ne pensez-vous pas que vous vous retrouvez en position de favori numéro un pour le Tour de France 2011?
Oui, je le pense également et je suis fier de ça. Oui, je pense bien que je serai le favori logique.

Vous avez souvent repensé à 2010?
Oui et ça fait mal car bien sûr que j'aurais pu l'emporter si je n'avais pas perdu des secondes à droite ou à gauche. D'un côté, j'étais content d'être deuxième mais de l'autre, je savais que j'étais plus fort que Contador. Et ces 39 secondes, ça m'a fait mal. Mais c'est du passé, pensons à 2011!

Et justement, vous travaillez quoi en ce moment pour progresser encore?
Avec la neige, je ne vais pas dire que je travaille beaucoup sur route. Mais on travaille en salle, notamment à la Coque. Moi, j'essaie de bosser la force. Je travaille.

Et cette saison, qu'imaginez-vous pour vous imprégner davantage du Tour de France?
C'est simple, nous multiplierons les stages de reconnaissance, quitte à effectuer deux fois les étapes clés du Tour 2011. De toute façon, c'est sûr que nous irons davantage reconnaître les étapes de montagne. 

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Subscribe to comments feed Commentaires (3 posté):

Roger THULL sur 2010-12-22 11:01:18
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J'espère que la saison 2011 se passe comme Andy la précisé dans son commentaire et je lui souhaîte dores et déjà bonne chance et une santé sans faille.
Thumbs Up Thumbs Down
4
Julie sur 2010-12-23 11:28:55
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Très bonne itw merci !
Thumbs Up Thumbs Down
4
J-C HAMEL sur 2010-12-23 14:48:37
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Super interview, merci Mr Bastien et
merci Andy. On retient la
sérénité et la détermination d'Andy.
Une belle saison 2011, nous
attend, d'autant plus que le TDF
est taillé sur mesure pour notre
champion qui sera accompagné par
la dream team Luxembourgeoise.
Thumbs Up Thumbs Down
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total: 3 | Affiché: 1 - 3

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