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Handball/Semir Zuzo: «Un rêve que j'avais avec mon frère»

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Semir Zuzo est venu de la région parisienne en TGV, hier en fin d'après-midi, pour participer à son dernier entraînement de la semaine avec Esch. Le frère de Sedin, gardien du club, est impatient de retrouver le terrain.

 

Entretien avec notre journaliste Raphaël Ferber
 
Semir, vous vous entraînez depuis deux semaines avec vos nouveaux partenaires. Quelles sont vos premières impressions?
Semir Zuzo :
Je retrouve des sensations petit à petit. Physiquement, je me sens très bien et j'espère le démontrer ce soir. Ça faisait trois mois que je m'entretenais mais c'est vrai que le ballon me manque. J'ai hâte de disputer de vrais matches. Comme je suis avec de nouveaux partenaires, les relations, ce n'est pas encore ça, mais j'espère que ça va aller.
Comment avez-vous vécu cet arrêt de trois mois, depuis votre départ de Tremblay?
Je les ai très bien vécu car derrière il y avait beaucoup de possibilités pour rebondir dès le mois de janvier: en Allemagne, au Danemark, au Qatar... Mais comme il n'y avait aucun projet à long terme, je n'ai pas voulu m'engager. J'ai quand même une famille, une femme, trois enfants en bas âge... Partir loin sur six mois, ça ne m'intéressait pas.
Et Esch dans tout ça?
Le club s'est manifesté avec les autres, il recherchait un pivot. Finir la saison avec Esch et jouer le titre plus la Coupe, c'est quelque chose d'intéressant. Et puis, l'histoire de pouvoir jouer avec mon frère (Sedin), c'est important. C'est un rêve qu'on avait tous les deux depuis longtemps, on n'a jamais joué ensemble. Et puis, Esch me permet de ne pas partir trop loin, d'être toujours avec mes enfants et de prendre le temps de me décider quant aux saisons à venir.
L'idée, c'est donc de rester six mois avant de vous relancer ailleurs.
Effectivement, il n'y a pas de projet à long terme à Esch. Si ça se passe bien, pourquoi pas... Mais l'idée, pour l'instant, est de finir la saison. J'ai déjà pas mal de pistes concrètes.
Où?
Je ne vais pas les donner, c'est un peu secret. Mais il y en a deux, en France et en Allemagne, à chaque fois en première division. C'est quasiment fait. Je n'ai pas fini ma carrière de joueur, je pense pouvoir montrer beaucoup de très bonnes choses. J'estime être en pleine possession de mes moyens, être encore jeune. J'ai aussi cet esprit revanchard et ce désir de montrer aux dirigeants qu'ils ne se sont pas trompés en me prenant.
La différence de niveau entre le championnat luxembourgeois et le championnat français ne vous a donc pas rebuté?
Forcément, il y aura une différence, mais j'ai déjà évolué dans le championnat suisse pendant six mois. C'était une expérience similaire, j'avais quitté Montpellier en milieu de saison, Schaffhausen jouait les quarts de finale de la Coupe d'Europe, on a gagné le titre, on a n'a pas remporté la coupe... Je n'ai pas pu faire le doublé. Avec Zurich, c'étaient les deux équipes au-dessus du lot, capables de prétendre au niveau européen, mais les autres équipes ne leur faisaient pas de concurrence. Voilà, le Luxembourg, ça a un peu progressé. J'ai l'impression de retrouver un peu le même style de championnat sur ce que j'ai pu voir.
Vous avez vu des matches de Sales-Lentz League?
J'étais là, samedi dernier, pour le match de Coupe contre les Red Boys, j'étais venu voir mon frère l'année dernière contre Dudelange (en novembre, 29-27). Ils avaient gagné, fait une très belle prestation. J'ai bien aimé ces deux matches. Après, effectivement, il n'y a que huit équipes, tout le monde se connaît plus ou moins... Il n'y a pas besoin que Semir Zuzo s'exprime pour savoir que ce championnat n'est pas du niveau du championnat de France mais il y a des choses intéressantes à y faire.
La Sales-Lentz League, vous la connaissez surtout à travers votre frère ou vous vous y intéressiez?
Je la connais forcément à travers lui. Je suis mon frère comme mon frère me suit. Ça fait quatre saisons qu'il est là, Esch a été champion, je connais son histoire... Si mon frère n'avait pas été là, je ne me serai pas intéressé au championnat du Luxembourg. Je trouve toujours des liens sur internet pour le suivre, pour voir ce qu'il fait, et à travers ses performances, j'ai pu suivre les autres équipes.
Que s'est-il passé à Tremblay? Le club s'est fendu d'un communiqué minimaliste affirmant qu'il se séparait de vous, mais sans rien expliquer...
Tremblay est très gêné, tout simplement. Moi, je n'ai aucun problème avec Tremblay. Le seul bémol, c'est l'entraîneur (Stéphane Imbratta). Pour des raisons personnelles et absolument pas sportives, lui a décidé de ne plus travailler avec moi car j'avais des positions quant aux orientations du club qu'il ne partageait pas. Je soutenais le président (Jean- Pierre Trelcat) qui a été poussé vers la sortie par cet entraîneur. Ça a été une démission déguisée. J'avais pris position en disant que ce n'était pas normal qu'on traite quelqu'un qui avait donné 39 ans de sa vie à ce club comme ça, qui a fait de Tremblay-en-France un finaliste de la Coupe d'Europe, un 3e du championnat alors qu'il n'est en D1 que depuis 5 ans. Et comme il était question que je devienne manager, puis peut-être entraîneur plus tard puisque j'ai tous les diplômes, c'était pour lui (l'entraîneur) le moyen de se débarrasser de quelqu'un qui était dangereux. Le club n'a pas eu le choix.
Quel regard portez-vous sur votre passage en équipe de France? Vous comptez 50 sélections, 63 buts, avez été médaillé de bronze au Mondial-1997, mais vous n'avez pas participé à celui de 2001 avec «les Costauds»...
J'ai fait parti des premières sélections de Claude Onesta, j'ai joué contre le Luxembourg en 2002... En France, les journalistes ont coutume de dire que je n'ai pas eu la carrière internationale que j'aurais dû avoir. Voilà, je tombe dans une génération où il y a Bertrand Gille, Guéric Kervadec. C'est comme si vous jouez au foot et que devant vous, il y a Zinedine Zidane. Il y a des joueurs de foot, comme Johan Micoud qui n'ont pas eu la carrière qu'il aurait dû avoir parce qu'il y avait Zidane. Pourtant, il a fait vibrer le Werder Brème. Il y a eu aussi des choix stratégiques, mais je n'ai pas de problème avec ça. Je ressens un peu de tristesse car je n'ai pas fait d'Olympiades, mais ce n'est pas dramatique. Je n'ai pas volé mes sélections. 

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