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Cyclisme/Frank Schleck:«C'est une grande opportunité»

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«Dans tous les grands tours, la façon dont on aborde les premiers jours est capitale», explique Frank Schleck.

Le champion national est arrivé hier soir à Herning où sera donné samedi le départ du Giro.




Entretien avec notre journaliste
Denis Bastien
 




Remplaçant au pied levé de Jakob Fuglsang, blessé au genou, Frank Schleck ne cache pas son inquiétude puisque son programme d'entraînement à l'issue des classiques ardennaises ne prévoyait pas ce changement. Mais il voit dans sa participation au Giro une belle opportunité de saisir la balle au bond.

Frank, vous voilà donc leader de RadioShack-Nissan-Trek pour ce Giro...
Frank Schleck :
Oui, cela reste quand même une surprise pour moi puisque je ne m'attendais pas (NDLR : lorsque nous l'avions joint vendredi dernier pour évoquer cette éventualité, il avait confessé sa surprise) à devoir remplacer Jakob. Depuis 2006, j'avais pris mes habitudes. Après les classiques, je coupais une semaine et préparais le Tour de France par le biais du Tour de Luxembourg et du Tour de Suisse. Donc, avant d'être appelé, samedi après-midi pour remplacer Jakob, je n'avais pas repris l'entraînement. Bon dès dimanche, j'ai remis ça. Avec deux heures. Trois lundi. Quatre mardi. Histoire de ne pas brusquer la machine. J'ai donc repris, je vais essayer d'être prêt.
Vous avez peur de ne pas l'être?
Je ne veux pas chercher d'excuses mais comme je remplace Jakob et que ce n'était pas franchement prévu, ce n'est quand même pas la préparation idéale. Heureusement, les dix premiers jours ne sont pas très durs et il me faudra bien gérer ces premières étapes pour rentrer progressivement dans la course. Mais après dix jours, je saurai comment mon corps réagit. J'en saurai plus. Et puis j'ai une bonne équipe autour de moi, des garçons bien. Je ferai tout ce que je peux pour bien faire.
Avez-vous conscience de faire partie des favoris?
Forcément mais c'est logique puisque j'ai déjà terminé deux fois cinquième du Tour, j'ai fini troisième l'an passé. Certains coureurs qui ont gagné le Giro n'ont jamais rien fait dans le Tour. On me classe dans les favoris de ce Giro à cause de mon palmarès. Mais on ne doit pas me classer favori du fait du succès de Contador, qui, en 2008, n'avait pas prévu de participer au Giro (NDLR : l'équipe Astana avait été finalement invitée une semaine avant le départ). Je pense que cette année-là, il devait être quand même prêt. Moi, je pensais vraiment couper après Liège-Bastogne-Liège. Mais je suis leader de l'équipe et comme je l'ai dit, je ferai tout pour bien rentrer dans ce Giro.
Ce sera la clé de votre réussite sur ce Tour d'Italie?
Après le coup de fil de Johan Bruyneel, j'ai forcément regardé les étapes, les profils. J'ai été soulagé de voir que la première semaine serait plutôt tranquille même si je sais que le prologue, cela n'a jamais été mon truc. Même s'il y a le chrono par équipes, un exercice toujours difficile pour moi. Bon, j'ai coupé sept jours mais j'avais quand même des super jambes au moment des classiques même si cela ne s'est pas forcément traduit dans les classements (NDLR : il a terminé 12e de l'Amstel et 23e de Liège-Bastogne-Liège où il était transi de froid). Je ne reviens pas là-dessus, je pense à la suite et à ce Giro.
Justement, comment faire pour être performant en dernière semaine, là où un grand tour se joue généralement et ce Giro ne devrait pas échapper à la règle?
Dans tous les grands tours, la façon dont on aborde les premiers jours est capitale. Et ce Giro en est l'illustration de par son parcours, c'est en dernière semaine que se concentrent les grandes étapes de montagne. C'est là qu'il faudra être prêt. Mais je veux être prudent, car je le répète, je n'ai pas eu la préparation idéale.
Mais à bien y réfléchir, cela peut être une vraie opportunité...

Cela peut être une grande opportunité et c'en est une. Maintenant, je ne pars avec toutes les cartes en main. Tout dépend de ma capacité à me remettre dans le bain. Je n'ai jamais vécu ça avant un grand tour. J'espère que cette semaine d'inactivité ne va pas trop peser dans mes jambes. C'est un peu nouveau pour moi.
Connaissez-vous les grandes difficultés de ce Giro?
Non pas toutes. Je connais le Mortirolo et le Stelvio qui seront au programme de l'avant-dernière étape. Mais j'avoue que j'ai découvert des noms de cols que je ne connaissais pas. Mais le Stelvio, c'est haut, très haut.
Pouvez-vous profiter de ce Giro pour préparer le Tour?
Lorsqu'on prend le Tour d'Italie comme préparation au Tour de France, c'est délicat à mon sens de jouer un grand rôle sur le Giro. Mais ça doit être possible. Il faudrait voir comment je vais sortir de ce Giro. Mais de toute façon, je ferai tout pour finir dans le top 5 à Milan, même si, une fois encore, ce ne sera pas simple, j'en ai bien conscience.
En 2005, vous étiez le lieutenant d'Ivan Basso. Quels souvenirs en gardez-vous?
De bons souvenirs. En 2004, j'avais découvert la Vuelta. Là, je découvrais l'Italie, qui est un grand pays de cyclisme avec ses tifosi. Mais à l'époque, je me souviens également des longs transferts, de routes quelquefois dangereuses. Je retiens surtout la bonne ambiance qui règne au Giro.
Depuis 2007 et la deuxième place d'Andy, le public italien va revoir un Schleck sur la course rose...
Oui, c'est vrai, le Tour de France étant devenu la priorité, notre grand but commun, ce n'était plus notre chemin. J'y reviens avec plaisir, ayant bien conscience de cette opportunité.

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