Home | Les Sports | Cyclisme/Ben Gastauer: «Il y a plus de portes ouvertes qu'avant pour briller!»

Cyclisme/Ben Gastauer: «Il y a plus de portes ouvertes qu'avant pour briller!»

Taille de la police: Decrease font Enlarge font
image

BEN GASTAUER n'a que 25 ans mais possède déjà trois saisons professionnelles derrière lui.


 
Le Schifflangeois de l'équipe française AG2R La Mondiale possède assez de recul et d'expérience pour évoquer en profondeur son quotidien et la situation de son sport. Quant à ses ambitions personnelles, il espère bien les voir se concrétiser. Il en a assurément les moyens.

 
Entretien avec notre journaliste
Denis Bastien


Le coureur luxembourgeois évoque tous les sujets, sensibles ou non, sans tabou et avec une liberté de ton appréciable.
 
Ben Gastauer revient toujours avec bonheur au Luxembourg même si sa résidence à Chambéry le retient souvent en France. Il y repartira d'ailleurs dans quelques jours pour goûter aux joies du ski de fond, en alternance avec l'entraînement sur route et les séances de piste. Il entend se donner les moyens de réussir. Il se sait en fin de contrat et il ne lui suffit pas d'être adoubé pour son travail d'équipier qu'il réalise d'ailleurs à la perfection. Il lui faut aussi des résultats et les points UCI qui vont avec. «C'est mon problème et mon objectif, je dois réussir», nous dit encore celui qui se retrouvera à Denia (Espagne) du 10 au 20 décembre pour le premier stage routier.
 

 
Ben, vous étiez en stage avec votre équipe AG2R La Mondiale à Montgenèvre la semaine dernière. Comment cela s'est-il déroulé?
 
Ben Gastauer :
Super, la neige était tombée la semaine précédente et pendant toute la semaine, il a fait beau. On a fait du ski de fond, des sorties en raquettes. C'était bien sympa. Et puis comme tous les stages de ce type, c'est l'occasion idéale pour rencontrer les nouveaux. C'est toujours amusant.
 
Étant donné l'origine étrangère de beaucoup de ces coureurs (NDLR : AG2R La Mondiale a recruté pour 2013 les Italiens Appollonio et Pozzovivo, le Biélorusse Hutarovich, les Français Chainel et Dumoulin, le Colombien Betancur, le Lituanien Bagdonas et le Kazakh Valnetin Iglinskiy), vous parliez quelle langue?
 
Dans une équipe française, le français reste la langue principale de l'équipe. Et puis les Français ont toujours un peu de mal avec les autres langues (il sourit). Bon, c'est vrai, les Italiens sont restés ensemble (NDLR : les Italiens Nocentini, Montaguti et Belletti figurent également dans l'équipe). D'autres coureurs ne parlaient qu'anglais. Mais tout le monde a fait des efforts pour échanger et c'était bien.
 
Qu'avez-vous pensé du recrutement opéré cet hiver par Vincent Lavenu, le manager de l'équipe?
 
C'est impressionnant comme recrutement. Ils ont trouvé des bons coureurs et je pense que l'équipe sera très intéressante à suivre. Si les coureurs arrivent à s'entendre comme on l'a vu dans ce premier stage, ce sera bien. Dans ces premiers stages, cela se passe généralement bien. Il n'y a pas de stress et tout le monde est optimiste. Moi, en tout cas, je le suis. Je suis persuadé qu'on va faire une bonne saison.
 
Des coureurs comme Pozzovivo et Betancur que vous avez côtoyés sur le Giro vous impressionnent-ils?
 
Oui, surtout Pozzovivo qui est un pur grimpeur. Betancur, lui, est un grimpeur-puncheur. Ce sont deux coureurs qui savent gagner des courses. Pozzovivo a terminé huitième du Giro en remportant une étape. C'est un résultat impressionnant. Ce sont des bonnes recrues pour les étapes de montagne des grands tours.
 
Pozzovivo possède un large registre d'intérêts en dehors du cyclisme comme la musique, l'histoire, la politique, l'économie et même la météo. Ce n'est pas forcément l'archétype du cycliste professionnel comme on l'entend généralement...
 
(Il enchaîne) Oui, c'est tout à fait vrai.
 
Un peu comme vous d'ailleurs...
 
Pozzovivo, c'est vrai que si on le rencontre dans la rue, on ne dirait jamais que c'est un coureur professionnel. Mais l'essentiel n'est pas de paraître mais de faire son boulot le plus professionnellement possible et il le fait, j'en suis sûr. Je pense même qu'il fait tout dans le moindre détail. Je sais de lui qu'il vient des montagnes, sa famille possède une ferme (NDLR : il est originaire de la province de Matera). Ce qui m'a impressionné durant ces quelques jours, c'est surtout son calme.
 
Le recrutement de coureurs rapides comme Appollonio, Dumoulin, Hutarovich est-il destiné à effacer une année difficile?
 
En 2012, nos sprinteurs ont effet connu une saison difficile. Jimmy Casper, qui nous a quittés, et Anthony Ravard, qui s'est cassé la clavicule et a souffert un bon moment de douleurs dorsales, ont souffert. Hutarovich peut remporter des épreuves world tour. Dumoulin aussi, c'est un bon puncheur. Appollonio vient d'une grande équipe (NDLR : le team Sky) et sait comment s'y prendre pour emmener les sprints. C'est quelque chose qui nous manquait d'ailleurs, d'avoir un train pour emmener les sprinteurs. On a recruté des coureurs d'expérience, c'est bien.
 
Avec seulement quatre succès pour l'exercice 2012, peut-on parler d'une saison traumatisante pour votre équipe?
 

C'était d'abord très difficile pour obtenir un premier succès (NDLR : il fut l'œuvre de Sébastien Hinault sur le Circuit de Lorraine, à la mi-mai...). Après, on a eu des hauts et des bas. Sur les épreuves world tour, l'équipe marchait plutôt bien mais pas sur les épreuves secondaires. C'était bizarre. On n'a pas compris pourquoi. On espère simplement pouvoir tourner la page en 2013.
 
Quels seront vos leaders sur les grands tours?
 
Un coureur comme Péraud fera le Tour. Ensuite il y a John Gadret. Je ne sais pas encore s'il axera tout sur le Giro. Car avec Pozzovivo et Betancur, ça risque de faire beaucoup de leaders. On verra bien, ce sera à l'équipe de gérer ça.
 
Quel a été le message général de Vincent Lavenu lors de ce premier stage?

 
Il a insisté sur le fait que nous devions bien nous amuser et profiter de l'occasion pour nous connaître. Qu'on parlerait des programmes lors du stage de décembre. Là, ce sera déjà beaucoup plus sérieux.
 
Vous concernant, quelle saison 2013 désirez-vous accomplir?
 
Mon rôle restera sans doute un peu le même, dans le registre de l'équipier. J'espère être encore présent sur les grands tours. Je me rends compte que ça marche toujours bien pour moi en troisième semaine, car je récupère bien. Cette saison, j'ai fait deux grands tours (NDLR : le Giro et la Vuelta), c'est donc que l'équipe a confiance en moi. Je ne sais pas si un jour j'aurai la chance de pouvoir faire le Tour. Je sais que c'est difficile pour être sélectionné. C'est à moi de démontrer que je peux mériter ma sélection. Pour cela, il faut faire un début de saison costaud.
 
Vous avez une idée précise de votre programme?
 
Non, pas pour le moment. Je sais simplement que je n'effectuerai pas le deuxième stage de janvier car je serai au départ du Tour de San Luis, une épreuve à laquelle j'avais participé en 2011. Pour le reste, je ne sais rien.
 
Vous pouvez formuler des vœux pour votre programme?

 
Non, je ne suis pas dans cette position de pouvoir demander quelque chose. Mais lorsqu'on me présentera la première partie de mon programme, je donnerai mon avis. L'an passé, cela avait bien marché. On était d'accord. J'espère que ce sera pareil cette fois-ci. Mes dirigeants ont bien compris que j'étais plus performant sur les courses par étapes.
 
Vous allez attaquer votre quatrième saison chez les pros. C'est facile d'être un cycliste professionnel?
 

Pas forcément mais c'est un grand plaisir pour moi. Les courses sont parfois dures, ce n'est pas toujours facile. Mais la vie de coureur cycliste professionnel, oui, j'aime ça.
 
Quels sont les plus gros désagréments?
 
Les responsabilités et la pression qui va avec. Cela n'a rien à voir avec le monde amateur. On doit aussi bosser plus dur. On te donne du travail à faire à la maison. Tu as le choix de le faire ou non, mais si tu ne le fais pas, cela se verra et tu n'auras plus de contrat.C'est à toi d'être performant.
 
Et qu'est-ce qui est le plus dur pour vous?
 
C'est sans doute d'avoir un rôle d'équipier, donc de travailler pour l'équipe et d'obtenir des résultats personnels. C'est parfois dur de ne pas parvenir à obtenir des performances. C'est un peu frustrant.
 
Psychologiquement, n'est-ce d'ailleurs pas plus dur d'être coéquipier que leader?
 
Cela dépend, les leaders ont quand même les plus grosses responsabilités. Si j'ai fait mon boulot en amont, je ne peux rien me reprocher. Après en cas d'échec de nos leaders, c'est frustrant, décevant. Quand le leader passe à côté, c'est lui qui doit s'expliquer.
 
Et pour quelles raisons, selon vous, la saison 2012 pour votre équipe fut décevante dans le sens où vous n'avez remporté que seulement quatre succès?

 
Les saisons précédentes, nous avions plus de coureurs dans les échappées. Cette année beaucoup moins. Et sur les courses de moindre importance, l'entente entre nous n'était pas parfaite. Il y avait plusieurs raisons. Et puis les recrues de l'Asia Tour (NDLR : Boris Shpilevsky et Amir Zargari) n'ont pas été performantes.
 
Ils avaient les points UCI mais pas le niveau...
 
Oui, c'est un peu ça. Nos dirigeants avaient besoin de points pour faire partie du world tour et ces coureurs n'ont pas pu s'adapter. Cette année, ils ont changé de stratégie comme on l'a vu.
 
Vos dirigeants mettent-ils la pression?

 
Je pense que c'est la pression normale qu'il faut mettre. Les sponsors veulent forcément des bons résultats. Nos dirigeants également. C'est logique de mettre la pression.
 
Qu'appréciez-vous de plus dans votre vie de coureur professionnel?
 
Simplement de pouvoir faire du sport tous les jours, puis cette vie, faite d'allers et de retours lors de la saison. On part, on revient. Cela nous permet aussi de découvrir des endroits qu'on ne connaît pas ou mal. Et puis j'aime courir, tout simplement.
 
Quels endroits avez-vous aimés au point de penser vouloir y revenir en vacances?
 
En fait, avec le Giro, j'ai eu plusieurs fois cette impression. Avant, je ne connaissais que l'Italie du Nord. Et avec le Giro, j'ai aussi découvert le Sud. Et puis cette année, ce fut l'Espagne avec la Vuelta. C'était bien sympa. En 2011, j'avais bien aimé l'Argentine avec le Tour de San Luis que je ferai donc à nouveau en 2013. Cela m'avait bien plu. Il y a toujours des endroits comme ça. Sans le vélo, cela ne serait pas la même chose. Par exemple, je suis resté quelques jours à Madrid après la Vuelta. Ce n'est pas une ville qui m'aurait attiré. Et finalement, ça m'a tellement plu que j'y retournerai sans doute en vacances...
 
Des vraies rencontres humaines, ça existe?
 
Oui, ça arrive mais cela reste des gens qui aiment le sport. Sinon, on rencontre souvent des autres coureurs lors des voyages. Mais une fois que je rentre des courses, je débranche. Je ne suis en contact qu'avec mes amis hors vélo.
 
Pour revenir au cyclisme, personnellement, vous entretenez quel rêve du haut de vos 25 ans?

 
J'espère pouvoir continuer longtemps ce métier et bien entendu, continuer à progresser chaque année. J'ai des ambitions personnelles, mais pour le moment, c'est vrai que je suis satisfait avec ce que je fais. Je dispute toutes les grandes courses. J'ai un rôle important pour l'équipe. C'est vrai que j'aimerais faire de meilleurs résultats. Si je continue à travailler, je pense que je vais poursuivre ma progression. Mais pour le moment, je n'ai concrètement aucune idée du niveau que je peux atteindre.
 
Aucune course ne vous fait rêver?
 
Il y a beaucoup de courses où on se dit qu'on aimerait faire quelque chose. Les courses qui me conviennent bien sont en général dures mais pas trop dures non plus. Le Tour de Catalogne, c'est un terrain qui me convient bien (NDLR : il y a mené des échappées ces deux dernières années). Comme les étapes de moyenne montagne sur les grands tours. Je me retrouve devant sans trop souffrir sur ces courses.
 
Changeons de sujet. Il a été impossible d'échapper cet automne aux remous suscités par l'affaire Armstrong et la décision de l'Usada, puis de l'UCI, de lui retirer ses sept Tours de France. Votre avis personnel sur le sujet?

 
Dans le peloton, on savait ce qui s'était tramé autour de lui. Ce n'était pas la seule équipe concernée à l'époque. D'autres formations fonctionnaient comme ça. Cela ne m'a pas choqué qu'Armstrong se fasse prendre. Ce qui m'a choqué, c'est le système mis en place. Cela ressemble à un réseau criminel. On sait que ce n'est plus comme ça aujourd'hui. Que cela a beaucoup changé.
 
Vous en êtes convaincu?
 

Moi, je ne peux pas l'affirmer mais les coureurs qui sont pros depuis une dizaine d'années racontent tous que le peloton roule plus doucement aujourd'hui. Je n'ai que trois saisons derrière moi, je ne peux pas me rendre compte.
 
Quel est le message délivré par votre équipe sur le sujet?
 
C'est la tolérance zéro. J'ai connu deux cas dans l'équipe (NDLR : le Slovène Tadej Valjavec, trahi par son passeport biologique en 2010 et plus récemment le Français Houanard, positif à l'EPO), et ils ont été éliminés de l'équipe. Pour Houanard, cela semblait stupide car on sait que si un coureur prend de l'EPO, il se fait prendre. Il était en fin de contrat et il n'avait rien retrouvé. Mais c'est bête. Sa carrière est finie et il a mis l'équipe en danger.
 
La fragilité dans laquelle semble se trouver le cyclisme particulièrement, avec la réminiscence d'anciennes affaires, mettra-t-elle du temps à disparaître?

 
Cela prendra du temps. Mais ça bouge. Beaucoup de coureurs mettent la pression sur l'UCI (NDLR : la fédération internationale). Eux aussi doivent accélérer. Cela n'était jamais arrivé avant. Je suis aussi de l'avis que l'UCI doit prendre ses responsabilités et changer beaucoup de choses. Ils commencent à bouger et c'est un pas dans la bonne direction. Il faut voir la suite. Pour le moment, la situation est compliquée. Les sponsors doutent. On l'a vu avec Rabobank. Les équipes arrivant en fin de sponsoring se retrouvent aujourd'hui dans une situation délicate. L'image n'est pas bonne. Le plus grand héros du cyclisme vient de tomber!
 
Vous en souffrez personnellement et à votre échelle, de cette image désastreuse?
 
Ce n'est pas facile, le sujet vient tout de suite. C'est un peu dur de parler tout le temps de ça. Moi, j'aime faire mon sport et j'essaie de le faire du mieux possible. Je n'ai rien à faire avec ça.
 
Vous est-il arrivé un jour ou l'autre de devoir douter de vos adversaires et d'en être énervé sur le vélo?

 
Presque jamais. Sur le vélo, je m'efforce de ne jamais devoir penser à ça. Car on ne s'en sortirait pas. Dès qu'un coureur ferait une performance, on la ramènerait à ça. Mais lorsque peu de temps après, tu apprends qu'untel ou untel vient d'être suspendu, tu te dis : "Super, il t'a fait perdre une place, ou une course pour un de nos leaders."
 
Longtemps, le peloton s'en est remis à l'omerta, par choix ou pour ne plus devoir ne parler que de dopage. Pensez-vous que désormais, celle-ci n'aura plus court?

 
On voit un changement. Les jeunes coureurs et même de grands coureurs parlent et disent "ça suffit maintenant!". Cela commence à bouger, ce qui est bien. Notre équipe fait partie depuis longtemps du Mouvement pour un cyclisme crédible (NDLR : AG2R fut en juillet 2007, avec trois autres équipes, à l'origine du MPCC). Au début, tout le monde se moquait de nous et aujourd'hui, beaucoup d'équipes veulent y adhérer (NDLR : la dernière en date est l'équipe Astana mais l'équipe kazakhe n'y est pas encore affiliée). Cela montre que les choses changent.
 
Lorsque le grand public prétend qu'il est impossible de disputer un grand tour à l'eau claire, vous dites quoi?

 
Que c'est n'importe quoi. On travaille tous les jours, c'est notre métier. Si quelqu'un qui n'arrive pas à monter un col me dit qu'on ne peut pas faire trois semaines de vélo, je trouve ça ridicule. Moi, je ne peux pas cuisiner aussi bien qu'un "cuisto" trois étoiles! Chacun a des talents et bosse dans son domaine. Non, c'est possible! À la base, tous les pros sont talentueux dans leur sport et ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir faire ça. Après, il y a des pros capables de faire des performances sur des courses d'un jour mais qui n'y arrivent pas sur des grands tours de trois semaines. Chacun son domaine. Il faut voir que c'est notre métier.
 
Mais finalement, malgré le climat pesant, n'est-ce pas le meilleur moment pour être cycliste professionnel?

 
Oui, je suis très content de l'être en ce moment. Je n'aurais pas aimé être là voici dix ans de cela, c'est certain. Il y a plus de portes qui sont ouvertes pour briller et faire des performances.
 
Un coureur comme vous a roulé combien de kilomètres la saison dernière?
 
Trente mille kilomètres. C'est la première fois que je passais cette barre.
 
Et combien d'heures?
 
Cela fait mille heures d'entraînement. Avec les séances de footing, de natation, de musculation l'hiver.
 
Et combien d'heures de compétition?
 
Je ne sais pas. Mais si je décompose mes kilomètres, cela donnait 14 000 kilomètres de course et 16 000 à l'entraînement.
 
Quand on arrive à ce stade-là, le corps change-t-il?
 
Oui, j'ai remarqué ça. Je récupère beaucoup mieux qu'avant. La première année, je me souviens que je n'arrivais pas à récupérer de l'Eneco Tour, ma première course par étapes. En septembre, j'ai bouclé avec la Vuelta mon troisième grand tour, et le deuxième de la saison. Je sens que je progresse. Je n'avais jamais eu cette sensation de maigrir et de perdre autant de graisse. À ce stade, des choses se passent naturellement.

Ajouter à: Facebook | Twitter | Add to your del.icio.us | Digg this story

Subscribe to comments feed Commentaires (0 posté):

total: | Affiché:

Postez votre commentaire comment

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:......

  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text Texte complet