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Cyclisme/Lucia Guercilena: «On va sortir de cette mauvaise passe!»

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"Le grand effort, ce sera à Andy de le faire, afin de retrouver la force intérieure pour utiliser son grand talent et retrouver son niveau" (Photo: Julien Garroy)

LUCA GUERCILENA- Du haut de ses 39 ans, le jeune et nouveau manager italien de RadioShack-Nissan-Trek distille un discours clair et sans ambiguïté. Il évoque sans faux-semblant tous les sujets d'actualité.

De l'avenir des frères Schleck à celui de Bob Jungels et Laurent Didier aux grands sujets d'actualité, comme au passé de l'équipe luxembourgeoise dont il a aujourd'hui la charge, Luca Guercilena livre le fond de sa pensée.

Entretien avec notre journaliste
Denis Bastien


 
Par groupes épars, les coureurs et l'encadrement de l'équipe RadioShack-Nissan-Trek quittaient Le Clervaux, confortable hôtel où ils sont restés trois nuits pour se ressourcer après de longues journées de marche et autres. Luca Guercilena nous a reçus pendant près d'une heure. Sans temps mort. Recontre...
 

 
Luca, tout d'abord, le premier stage d'avant-saison vient de se terminer. Comment cela s'est-il passé?
 
Luca Guercilena : Très bien, on a fait de bonnes choses. Le but était d'avoir une bonne ambiance, d'avoir cette sensation d'être une équipe. Le "team building" n'était pas un camp militaire (il sourit) mais le moyen d'établir des liens. Les coureurs, le staff et même les sponsors qui étaient là, tout le monde repart satisfait. C'est la première étape, on sait que ce n'est pas grâce à ça qu'on va gagner les courses mais ça commence là, et on verra comment on peut rouler cette saison.
 
On va s'intéresser à vous puisque vous êtes le nouveau manager. Pouvez-vous parler de votre parcours personnel car chose rare dans le cyclisme, vous n'avez jamais été un coureur professionnel...
 
J'ai été amateur jusqu'à 24 ans. J'étais élite sans contrat. Les quatre dernières années, j'étudiais en université du sport. J'ai arrêté de rouler puis j'ai commencé à entraîner des jeunes. Je faisais tout. Directeur, mécanicien, entraîneur, etc. Puis j'ai dirigé des juniors. Et j'ai eu la chance que deux de mes coureurs qui se sont retrouvés en équipe nationale aillent passer des tests au centre Mapei. C'est là que j'ai rencontré pour la première fois Aldo Sassi, le professeur (NDLR : Aldo Sassi, réputé pour son intégrité et sa rigueur morale, est décédé en décembre 2010), et il m'a demandé ensuite de le rejoindre dans son centre médical pour l'entraînement. C'est là que s'est mis en place le projet pour les jeunes. Nous étions en 2000. On avait les meilleurs jeunes, Fabian Cancellara, Pozzato, Rogers, des coureurs de calibre. On a travaillé et en 2002, avec Valerio Piva (NDLR : ancien directeur sportif de Kim Kirchen, toujours en poste chez Katusha), on a créé l'équipe Mapei espoirs. C'est là que repose mon crédit. On avait remporté des courses mais ce n'était pas le plus important. On voulait créer un groupe de jeunes coureurs de talent.
 
Et ensuite?
 
Patrick Lefévère qui me connaissait, puisque c'était le manager de l'équipe Mapei, m'a appelé en 2003 pour devenir directeur sportif de l'équipe pro. Auparavant, j'avais sillonné les Flandres pour les courses juniors, espoirs. J'étais l'un des plus jeunes directeurs sportifs, j'ai appris progressivement. J'ai aimé travailler avec de grands coureurs. Le plus grand, c'était Paolo Bettini. J'ai bossé dans l'équipe de Patrick (Lefévère) en 2010. Cette équipe, je peux dire que c'était ma famille. Et en 2011 j'ai débuté l'aventure Leopard. J'ai eu l'opportunité de travailler avec les frères (Schleck) et Fabian (Cancellara), j'ai décidé de changer. C'était un changement d'orientation professionnelle. Avec l'ancienne Quick Step (NDLR : devenue aujourd'hui Omega Pharma - Quick Step), je m'étais spécialisé avec Paolo (Bettini), Tom (Boonen), sur les courses d'un jour. Je recherchais un nouveau challenge. L'idée, là, était de travailler avec Kim (Andersen) en vue des grands tours.
 
Et qui vous a démarché pour venir dans l'équipe luxembourgeoise?
 
Brian Nygaard (NDLR : l'ancien manager général de Leopard-Trek, aujourd'hui redevenu attaché de presse pour le compte de l'équipe australienne Orica - GreenEdge). On a vécu déjà beaucoup d'expériences!
 
Vous ne pensiez jamais devenir manager de cette équipe deux ans plus tard?

 
Non (il sourit). J'ai travaillé avec le staff, avec les coureurs. Avec la nouvelle situation, me voilà manager. Je vais m'efforcer d'axer 90 % de mon temps de travail sur l'aspect sportif. J'ai un budget à respecter. Je recherche de bonnes conditions de travail pour tout le monde. Notre objectif est surtout d'avoir de bons résultats.
 
Dans une interview récente au site Cyclingnews.com, Fabian Cancellara, qui vous apprécie, a formulé le vœu de vous voir près de lui cette saison et que vous n'alliez pas de droite à gauche, de réunion en réunion...

 
(Il rit) C'est vrai il faut que j'aménage bien mon planning. Pour les coureurs, j'étais leur référent pour l'entraînement. C'est aussi pour ça qu'on a recruté Josu Larrazabal (NDLR : cet entraîneur espagnol vient de l'équipe Euskaltel). Il a étudié en Italie et a eu beaucoup d'expériences internationales. Fabian, cette année, j'étais à ses côtés pour les Jeux olympiques, sur le Tour de France, pendant quasiment deux mois. De fin mai à août. C'est normal, je pense, qu'il ait envie de me voir à ses côtés. On va régler ça. J'ai un accord avec M. Becca. Je vais travailler auprès des coureurs, je pense que c'est important. Si tu ne fais qu'un travail de bureau et que tu es loin des courses, c'est difficile de comprendre comment tu peux améliorer l'équipe.
 
Quelles sont les grandes personnalités qui vous ont inspiré?

 
Mon école était donc celle de la Mapei. J'étais jeune et il y avait un grand chef, M. Squinzi. Ensuite, j'ai beaucoup appris d'Aldo Sassi. C'était une personne formidable. Il savait gérer les hommes et donnait beaucoup d'amour au cyclisme et aux coureurs. Moi, c'est mon père, qui avait été amateur, qui m'a donné l'amour du cyclisme. Puis j'ai bénéficié de l'expérience de M. Lefévère chez Quick Step. Longtemps, j'ai eu l'étiquette du directeur sportif qui n'avait pas été professionnel. Quelquefois, cela n'a pas été facile.
 
On ne reconnaissait pas votre travail?

 
C'est normal, je n'avais jamais été professionnel.
 
Et vous en avez souffert personnellement?
 
Non, je ne dirais pas ça. Disons que c'était plus dur d'être accepté mais une fois accepté, tout se déroulait bien. Les gens se rendaient compte qu'on pouvait travailler ensemble...
 
Vos compétences de technicien ont été vite reconnues...

 
Oui, j'ai bénéficié de l'expérience avec Paolo (Bettini) et cela m'a donné une certaine publicité. Il évoque notre relation de confiance dans le livre qu'il a écrit après sa carrière. Et je m'inspire de ce que j'ai appris au centre Mapei et j'adapte ça à mes propres idées.
 
Qu'avez-vous pensé de la saison 2012?
 
Ce fut une saison très difficile. On n'a pas eu de grands résultats et puis nous avons vécu des problèmes périphériques qui nous ont affectés. Les coureurs ont subi une pression psychologique très forte et dans un métier comme celui de coureur cycliste, qui recèle en lui-même beaucoup de difficultés, c'est plus dur d'avoir des résultats. On ne peut cacher que ce n'était pas une bonne saison. D'un autre côté, je n'avais jamais vu autant de blessures en dix ans de carrière. Treize blessures pour une indisponibilité des coureurs concernés de plus de quatre semaines. Et avec des leaders en plus! Ce ne sont pas des excuses. Quand tu te retrouves dans une telle situation, c'est difficile d'en sortir. Dans le Tour de France, nous n'avions pas Andy, alors nous avons misé sur le maillot jaune avec Fabian, puis comme nous n'avions pas l'homme capable de monter sur le podium, nous avons misé sur le classement par équipes. Ce que nous avons fait. Cela veut dire que le système était bien en place.
 
Va-t-il y avoir un changement de politique sportive au niveau du management?
 
Oui, par exemple, mercredi soir, M. Becca a expliqué qu'il avait épousé l'idée d'avoir des jeunes pour construire cette équipe. Moi, je ne cache pas avoir eu une bonne expérience avec Johan Bruyneel. J'ai travaillé dix mois avec lui et j'ai reconnu ses qualités de manager. Il a eu des problèmes. On sait lesquels. Il ne pouvait rester à ce poste dans ces conditions. M. Becca a décidé de changer, de mettre en place de nouvelles idées. On ne peut pas couper l'histoire d'une équipe. Mais on peut l'améliorer en adoptant une autre vision. C'est l'idée de M. Becca.
 
Le recrutement (NDLR : Stjin Devolder, Danilo Hondo et Robert Kiserlovski) ayant été décidé avant son départ par Johan Bruyneel, est-ce un problème pour vous?
 
J'ai toujours été habitué à travailler avec des coureurs que je n'ai pas choisis (il rit). Le boulot d'un entraîneur, c'est de travailler avec les coureurs que tu as. Donc ce n'est vraiment pas un problème pour moi, même si je suis aujourd'hui manager.
 
Quel est votre trait de caractère principal? Récemment, Laurent Didier nous rappelait que vous aviez eu un grand rôle à ses côtés lorsqu'il se trouvait en difficulté dans une étape de la Vuelta où il luttait contre les délais pour éviter une élimination après y avoir connu beaucoup de pépins...
 
Oui, c'est ma base. Moi, j'ai fait du vélo mais je n'avais pas le moteur pour faire un pro. J'étais un petit, petit coureur. Et toujours, je rentrais en guerre contre moi-même pour résister à la fatigue. J'ai donc acquis beaucoup de respect pour le travail que font les pros. L'exemple de Laurent est bon. Quand tu es technicien, c'est normal de faire ça. Nous, bien sûr, on recherche le meilleur résultat possible. Mais la base, c'est d'avoir le respect de la personne, du coureur. Quand tu penses au travail que ces mecs sont en train de faire, quand ils ont déjà fait sept heures de vélo sous la pluie, dans le froid et que tu arrives là, tu ne vas pas leur crier dessus. Ce n'est pas moi, ça. J'essaie de rester bien tranquille et de les motiver au mieux. J'essaie de rester positif. Moi, je cherchais à faire ce sport au haut niveau et je n'en étais pas capable, donc je garde beaucoup de respect pour les coureurs.
 
Dans l'attente de la décision disciplinaire concernant Frank, la grande question pour 2013 au Luxembourg concerne Andy. Comment le remettre en selle?
 
La réponse à la question est facile. Il faut qu'il retrouve du plaisir à faire du vélo. Cette année, pour différentes raisons, cela n'a pas été le cas. Et c'est un peu normal, je pense. Frank et Andy ont eu le sentiment de perdre quelque chose avec la fusion (NDLR : à l'automne 2011). L'idée de Flavio Becca et de Johan Bruyneel était d'améliorer l'équipe. Mais psychologiquement, ceux qui avaient procédé à la création de l'équipe ont eu le sentiment de perdre quelque chose. En plus de ça, il y a eu ces blessures dans des moments difficiles. Alors que peut-on faire avec Andy? Eh bien, son leadership est déjà clair. On va lui permettre de faire des courses pour retrouver le rythme progressivement. Après, les objectifs restent les mêmes avec les classiques ardennaises et le Tour de France. Je veux lui procurer le soutien dont il a besoin. Le grand effort, ce sera à lui de le faire, afin de retrouver la force intérieure pour utiliser son grand talent et retrouver son niveau. C'est ça l'idée qu'on a.
 
Son destin semble lié à celui de Frank. La saison passée, cela s'est finalement mal passé lorsque Frank et Andy ont été séparés...
 
J'ai parlé de ça plusieurs fois avec Frank. L'idée d'avoir un programme différent n'est pas mauvaise en soi pour certaines courses et cela peut d'ailleurs avantager Frank dans certaines circonstances car c'est aussi un coureur capable de remporter de grandes courses. Frank a une autre personnalité qu'Andy, une très forte personnalité. Il est très responsable, je l'apprécie beaucoup. La saison passée, la décision de mettre Frank sur le Giro a été consécutive à la blessure du coureur danois (NDLR : Jakob Fuglsang). Cela ne s'est pas anticipé, cela s'est fait au dernier moment. C'est normal que dans ces conditions, ce fut difficile. Cela aurait pu être une bonne idée, si tout était bien réglé. Et bien expliqué. Mais pour le grand objectif d'une saison comme le Tour de France, on ne peut pas perdre un mec comme Frank aux côtés d'Andy. Je ne considère pas qu'ils sont frères mais qu'ils sont deux coureurs avec de grandes aptitudes pour la montagne. Pour les grands objectifs, on construit ensemble. Mais Frank a aussi la capacité de développer son leadership et doit avoir la possibilité de faire des résultats pour lui-même.
 
On imagine que comme tout le monde, vous attendez avec impatience quel sera le verdict de l'ALAD (NDLR : Agence luxembourgeoise antidopage) le concernant?
 
Moi, je pense qu'il s'agit d'une contamination. J'en suis convaincu. Je suis certain qu'il est droit et qu'il respecte les règles. J'espère que ça va bien se passer et que nous aurons Frank avec nous dans l'équipe. C'est très important. J'espère que l'institution prendra la bonne décision. D'un côté, on doit bien respecter le coureur et le coureur a besoin de savoir ce qui s'est passé. Et de notre côté, on a besoin de savoir si on peut compter sur lui. J'espère qu'il ne sera pas suspendu. Ou alors pas une grande suspension.
 
En cas de suspension, resterait-il dans l'équipe?
 
C'est difficile à dire. Tout dépend du contrat préétabli. Je ne connais pas la situation contractuelle. Mais on va rester à ses côtés, ça c'est sûr.
 
Une saison réussie en 2013, ce serait quoi?
 
On veut retrouver de la crédibilité, la confiance et restaurer l'image de l'équipe. Si on regarde les résultats, ce serait bien de gagner une ou deux classiques. Et retourner sur les grands tours avec un bon podium et avoir le maillot de leader. Mon idée c'est d'essayer d'être compétitif sur toutes les dates du calendrier. Il faudra s'efforcer de distribuer les bonnes cartes tout au long de la saison.
 
Vous qui avez travaillé avec Aldo Sassi dont la réputation était excellente, n'était-ce pas difficile de travailler à cette époque sur l'entraînement des coureurs après tout ce qu'on a su ultérieurement sur le dopage?
 
C'est compliqué. Tout est question de choix personnel. Je n'ai pas l'habitude de faire des procès à l'histoire. L'histoire, c'est l'histoire et chacun de nous ne peut choisir la période dans laquelle il vit. L'erreur est humaine. Et beaucoup de choses ont changé. Le passé, on ne peut pas le changer. Ces deux, trois dernières années, beaucoup de choses ont changé dans le cyclisme. Ceux qui suivent le cyclisme le savent. Alors je ne comprends pas qu'on revienne loin en arrière. On a donné la possibilité aux personnes de s'améliorer, et la grande majorité l'a fait.
 
Cela vous met en colère que d'anciennes affaires ne cessent de ressortir?

 
Pas en colère, c'est un processus logique. On ne peut pas changer ça. On peut reparler de l'Inquisition et de la Seconde Guerre mondiale. C'est l'histoire. Des gens ont fait des erreurs mais on ne peut pas couper la tête à tout le monde! Je préfère qu'on fasse confiance aux personnes qui ont changé.
 
Qu'attendez-vous de la fédération internationale, l'UCI?

 
L'institution, c'est toujours difficile à comprendre. L'UCI a remis en place beaucoup de choses qui montrent qu'elle a changé d'approche. Dans le cyclisme, on doit respecter la loi. La loi sportive. La loi nationale. Et la loi internationale. Si on respecte ces trois niveaux, ça ira. Actuellement, il y a beaucoup de confusion entre ces trois niveaux. L'UCI est une institution pas simple à gérer pour coordonner les différents niveaux, les différentes catégories. Ils ont commencé à travailler pour le changement.
 
Vous apparaissez donc assez confiant pour l'avenir...
 
Oui, je le suis. On va sortir de cette mauvaise passe. Tout est question de cycles qu'on peut appliquer ailleurs, dans d'autres domaines. Le cyclisme a vécu un pic jusque dans les années 2000 et une descente a suivi. Mais j'ai la sensation qu'on est en train de remonter. La mentalité des coureurs, des médecins, de l'encadrement dans les équipes a beaucoup évolué. Nous aurons encore deux ou trois années difficiles pour cette reconstruction mais je suis sûr que le cyclisme va attirer de nouveaux sponsors pour aller de l'avant. Cela est comparable à la situation de crise mondiale. Le cyclisme n'est pas étranger à ça, il remonte la pente, et le sport a toujours une responsabilité sociale. Le sport aidera la population à retrouver un esprit de conquête.
 
De façon plus pratique, c'est le 10 décembre que l'UCI confirmera quelles équipes – pour celles qui n'ont pas encore reçu de feu vert comme RadioShack-Nissan-Trek – seront acceptées au niveau des licences world tour. Vous êtes inquiet?

 
Non, je pense que ce sera réglé. Il s'agissait de régler des points administratifs. On attend, confiants.
 
L'équipe Astana a dit vouloir intégrer le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC). Et vous?
 
Ce mouvement a une très bonne philosophie. Quand on décide d'adopter un code éthique, cela doit être applicable. Un code éthique doit être adapté à son époque. Nous sommes en train de voir et d'analyser comment on peut appliquer ce code éthique. Mais cela doit être applicable concrètement. Sinon, cela n'est qu'un mouvement culturel. La tolérance zéro, elle existe déjà. Après le code éthique doit être appliqué pour des professionnels, avec des lois nationales et internationales.
 
On a parfois l'impression que ce mouvement veut faire plus encore que ce qui existe en termes de lutte...

 
Cette philosophie est très bonne. Mais la tolérance zéro, elle existe déjà. Le fait de monter à quatre années les suspensions, pour les infractions les plus graves, cela va déjà dans ce sens-là. On regarde et on verra si on demande ou non à intégrer ce mouvement.
 
De votre côté, quel est le message que vous adressez à vos coureurs?

 
Je parle de responsabilité sociale. On doit respecter notre équipe, nos sponsors et le public. Si on fait ça, le message passera. Les coureurs comprennent que ce sont des personnes privilégiées et doivent utiliser ce privilège pour faire passer un bon message. C'est une idée qui nous vient de la Grèce antique, on doit toujours s'améliorer, non pour dominer les autres mais pour avancer ensemble.
 
Le staff de directeurs sportifs est inchangé par rapport à l'an passé. De son côté Kim Andersen va retrouver un rôle plus important, vous confirmez?
 
Oui, c'est un grand professionnel et pour différentes raisons, on ne l'a sans doute pas utilisé au mieux la saison dernière. Kim (Andersen), Alain (Gallopin) et Dirk (Demol) sont trois directeurs sportifs avec beaucoup d'expérience. Kim s'occupera d'Andy. Dirk s'occupera des classiques. Alain a un rôle de supervision avec sa longue expérience et il possède un bon contact avec les organisateurs. Ensuite, on a José Azevedo qui, lui, a de grandes aptitudes avec le matériel. Pour l'entraînement, on a donc recruté Josu (Larrazabal). Si on utilise chaque personne à la bonne place, ça ira.
 
Les programmes de course sont-ils définis pour 2013?
 
Plus ou moins. Jusqu'aux classiques c'est fait. Andy commencera au Tour Down Under en Australie. Cela lui permettra d'avoir le temps de s'entraîner bien au chaud et de retrouver tranquillement la compétition. Ensuite, on a mis au programme le Tour Med et le Tour du Haut-Var. L'idée est ensuite d'aller sur Tirreno-Adriatico au mois de mars, puis le Tour du Pays basque avant les classiques ardennaises.
 
Avant le Tour de France, le Dauphiné (NDLR : du 2 au 9 juin) sera-t-il à son programme?
 
Nous sommes en train d'y réfléchir. Il y aussi le Tour de Luxembourg (NDLR : du 12 au 16 juin) et le Tour de Suisse (NDLR : du 8 au 16 juin). Pour nous, ce sont trois courses très importantes et on attend de voir ça! Tout dépendra des parcours proposés. Le mois de juin est très important en fonction du Tour. Car il faut voir comment les coureurs se trouvent à la sortie de leur période de récupération après les classiques. S'ils ont besoin juste avant le Tour de travailler, ou non, en montagne. En 2011, on avait fait le Tour de Suisse avec des montagnes et pas le Dauphiné en fonction de ça. On a vu qu'on a perdu le maillot jaune et le Tour dans le chrono de Grenoble qui figurait au programme du Dauphiné. C'était plus important de travailler la montagne que le chrono. Et Cadel Evans a fait le chrono attendu. Andy a fait le chrono qu'il avait l'habitude de faire.
 
À quoi ressemblera la saison de Laurent Didier?

 
Laurent, c'est un mec très professionnel, qui sait mettre une bonne ambiance. Il est toujours positif. Dans une équipe avec beaucoup de champions, si on n'a pas un mec comme Laurent, c'est difficile. Des garçons comme ça font toujours la différence. C'était l'une des bonnes surprises. Pour son programme, il va suivre Andy partout comme coéquipier dans la première partie de la saison. Il sera donc en Australie lui aussi et sur les courses d'Andy. On a besoin de lui. Pour le reste du programme, on l'aménagera avec lui.
 
Terminons par Bob Jungels.
 

On a eu la chance de l'avoir dans notre équipe continentale. C'est une chance de l'avoir fait passer par là car c'était l'idéal pour maintenir avec lui la notion de leadership, une notion importante. Son calendrier sera ainsi fait qu'on lui laissera encore la possibilité de gagner, afin qu'il ne perde pas cette habitude. En 2013, nous aurons la capacité de gagner avec de grands champions sur les plus grandes courses. Et on pourra utiliser la capacité de gagner de Bob dans des courses secondaires. Il a toutes les qualités pour être un leader. S'il est bien géré, il sera un grand coureur pour le futur. On parlera plus précisément de son programme dans le stage de décembre.

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