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Cyclisme/Andy Schleck: «Je cherche quelque chose»

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Andy Schleck entend amorcer un dernier virage lors du Tour de Suisse qui débute ce samedi.

TOUR DE SUISSE Andy Schleck entend monter en puissance sur les routes helvètes dans l'optique du Tour.



 
Entretien avec notre journaliste
Denis Bastien


Même s'il n'a jamais obtenu de résultats mirobolants sur les routes du Tour de Suisse, Andy Schleck espère qu'il enverra des signaux rassurants au terme d'une semaine de course.
 
Une bonne heure et demie d'entraînement vendredi en fin d'après-midi. Andy Schleck avait gagné la Suisse le matin même par les airs. Vendredi soir, il se confiait avec une certaine sérénité.
 

 
Nous n'avons pas eu de vos nouvelles depuis un moment déjà. Vous revoilà prêt à vous élancer dans ce Tour de Suisse, comme ultime préparation au Tour de France. Dans quelle forme et dans quel état d'esprit vous trouvez-vous?
 
Andy Schleck : Mon état d'esprit est très bon, je sors d'une période où je viens d'accumuler beaucoup d'entraînements, avec ce Tour de Suisse, je l'espère, la forme va venir. En tout cas, à l'entraînement, je ne me sens pas trop mal. J'espère donc confirmer mes sensations de l'entraînement en course.
 
Vous fixez-vous un objectif personnel? Comme celui de viser une étape ou un bon classement au général, alors que dans le passé, cette épreuve ne vous a jamais réussi?
 
Non car je sais par expérience que je n'y suis pas performant. Si je ne suis pas au top, ça ne veut pas dire que je ne le serai pas dans le Tour. Mais je vous l'accorde, cette année, c'est forcément différent. Je cherche quand même quelque chose pour me rassurer. Je n'ai aucun plan dans la tête, si ce n'est de faire le mieux possible et de continuer à travailler.
 
La neige qui interdit de monter le col du Nufenen dans cette première étape, avant la montée finale et sèche de Crans-Montana, ne doit pas être une bonne nouvelle pour vous?
 
Non, j'aurais préféré qu'on monte là-haut car je sais par expérience que la montée de Crans-Montana n'est pas très dure hormis quelques rampes dans le dernier kilomètre. Ce n'est pas l'Alpe-d'Huez. Il faudra donc attendre une semaine (NDLR : le samedi 15 juin avec l'ascension du col de l'Albula culminant à 2 315 m) pour voir ce que ça donne. Mais bon, le Tour de Suisse n'est jamais facile.
 
Vous sortez d'une grosse période de reconnaissances des étapes du Tour. Vos impressions?
 
C'était un bon stage, avec beaucoup de travail. Bien sûr, les cols, je les connais bien maintenant. Je suis déjà passé partout ou presque sur le Tour. Mais c'est toujours bon d'y repasser à l'entraînement. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul col que je n'ai pas pu faire, le col de Pailhères, dans les Pyrénées, qui était enneigé ce jour-là. Mais je le connais, on y était passés en 2010. Pour le reste, c'est clair que ce sera à mon sens le Tour le plus dur que j'aurai fait. Même le dernier chrono, à Embrun, sera très dur et technique. Et par exemple, une question se pose. Vu que les dix derniers kilomètres sont descendants, peut-on gagner du temps si on passe au sommet de la deuxième difficulté du vélo traditionnel au vélo de chrono? Gagnerait-on du temps?
 
Vous avez une idée?
 
Non, car c'est vraiment difficile à calculer. De toute façon, toute la dernière semaine, dans les Alpes, sera dure. Jusqu'au samedi, la veille de l'arrivée, avec cette étape de 125 kilomètres qui arrive au sommet d'Annecy-Semnoz. Cela donne l'impression de monter tout le temps. Il n'y aura aucun répit.
 
Avez-vous pris le temps de regarder les étapes du Dauphiné?
 
Non, parce que j'ai profité du soleil pour rouler alors que les étapes arrivent tôt cette année dans le Dauphiné. Mais je regarde les résultats.
 
Qui vous impressionne?
 
Tony Martin m'a impressionné lors de son chrono. Comme Froome qui domine. Mais j'ai remarqué qu'il n'était pas loin devant Contador dans l'étape de jeudi. L'avantage de Froome c'est qu'il ne se contente pas d'aller vite en montagne, il roule aussi très bien.
 
C'est forcément le grand favori du Tour, n'est-ce pas?
 
C'est clairement le grand favori. Il s'annonce comme tel en tout cas.
 
Nous venons d'apprendre que Fabian Cancellara ne sera pas au départ, ce qui va vous priver d'un gros soutien dans le chrono par équipes et dans les étapes de plaine en cas de bordure. Vous êtes déçu?
 
J'aurais préféré l'avoir à mes côtés mais je respecte totalement son choix. Fabian a fait un super début de saison et il veut préparer les Mondiaux en passant par la Vuelta. Et puis il suffit de regarder le parcours de ce Tour pour comprendre que ce n'est pas un tracé pour lui.
 
Et Laurent Didier, vous aimeriez l'avoir avec vous?
 
Ce n'est pas fait à 100 % mais j'espère bien qu'il sera avec nous au départ, oui. Et je peux vous dire que je suis bien content que cela ne soit pas à moi de prendre une décision...
 
Venons-en à cette hypothèse de voir Trek devenir maître à bord de votre équipe...
 
Pour le moment, on ne sait rien. J'espère avoir des nouvelles au plus vite parce que ça nous concerne directement. J'espère effectivement qu'on restera ensemble.
 
Cette incertitude est-elle déstabilisante?
 
Non, pas pour moi!
 
L'hypothèse de vous voir séparé de Frank, votre grand frère, l'est-elle?
 
Franchement, je n'ai jamais entendu parler de cette histoire-là. Je n'y crois donc pas.
 
Revenons à la course. Quel a été votre sentiment à la sortie du Tour de Californie?
 
J'ai souffert là-bas mais essentiellement de la chaleur. C'était éprouvant, presque davantage qu'en Australie.
 
Après les classiques, contrairement aux années précédentes, vous avez enchaîné avec l'entraînement, sans vraiment couper. Ne craigniez-vous pas de payer la note?
 
Moi aussi, je l'ai craint. Car je ne me suis arrêté que deux jours. Mais voilà, nous sommes à trois semaines du Tour et je me sens bien au niveau de la fraîcheur. Je n'ai pas ressenti le besoin de couper. La coupure, on la fera après le Tour!
 
Il n'y aura pas de Vuelta au programme alors?

 
En fait, je ne sais pas. Il y aura peut-être bien la Vuelta, car c'est le passage obligé pour les Mondiaux.
 
Avez-vous le sentiment que dans trois semaines, vous pourrez vous aligner au départ du Tour avec les mêmes moyens physiques que dans le passé, en 2008, 2009, 2010 et 2011?
 
La vérité, c'est que je ne sais pas où j'en suis même si j'ai beaucoup maigri pour être quasiment revenu à mon poids de forme. Forcément, j'ai appris la prudence et je préfère rester sceptique. J'en saurai plus dans une semaine. Mais bon, j'ai aussi le souvenir que j'ai toujours bien terminé mes Tours de France. Et cette année encore, ça va servir. C'est à ce moment-là que cela va se jouer. De toute façon, à la sortie du Tour de Suisse, je n'en aurai pas fini avec le travail. J'aurai encore du boulot de qualité à effectuer. Et si dans le Tour, ça ne marche pas, je n'aurai pas de regret car j'aurai tout fait pour bien marcher. Alors il restera la Vuelta et le Tour 2014...
 

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