Home | Les Sports | Cyclisme/Andy Schleck : «Tout a changé pour moi»

Cyclisme/Andy Schleck : «Tout a changé pour moi»

Taille de la police: Decrease font Enlarge font
image
«Récemment, lors de notre stage, lorsque je suis repassé par l'Izoard, je me suis dit, c'est là que tu as attaqué dans l'étape du Galibier. Au pied du Tourmalet, je me suis dit : là-haut, j'ai gagné l'étape en 2010 devant Contador

SKODA TOUR DE LUXEMBOURG - Andy se confesse sans langue de bois juste avant le départ d'une épreuve qu'il a longtemps boudée. Il explique pourquoi et fait part de sa joie de vivre auprès de sa petite famille. Tous les ingrédients sont réunis pour lui permettre de revenir dans le coup.


Le vainqueur du Tour de France 2010 va tenter de mettre fin à un début de saison décevant. Enfin remis d'aplomb après une litanie de pépins qui ne lui ont pas permis de tenir son rang dans les classiques de printemps, Andy Schleck a déjà retrouvé la principale arme des champions : un moral d'acier. Tant mieux!

Entretien avec notre journaliste
Denis Bastien 


Inutile de le cacher, cela faisait très longtemps qu'Andy Schleck ne nous avait pas semblé aussi serein. Malgré le contexte, son besoin de prouver qu'il est bien opérationnel pour le prochain Tour de France, après une entame de saison quasiment blanche, le Mondorfois se garde bien d'avancer quoi que ce soit sur son état de forme. On le comprend. Cet entretien vérité nous éclaire sur les ressorts de sa riche personnalité. Et on le pense sincèrement, Andy Schleck est encore porteur d'espoir.
 

 
Ce mercredi soir, on vous retrouvera en compétition avec ce prologue du Tour de Luxembourg, qui n'est pas votre spécialité. On ne vous attend pas ce soir mais au fil de la semaine. Dans quelle forme vous trouvez-vous?
 
Andy Schleck : Dans une bonne forme à la sortie du stage que nous avons effectué un peu partout en France pour la reconnaissance des étapes du Tour. Je me suis senti plutôt pas mal durant ce stage (il marque une pause). Après les classiques, j'étais très déçu. À un moment, j'ai eu la flemme, je n'avais plus le moral. J'ai pris une semaine de repos sans vélo. J'étais prévu pour le Tour de Romandie, mais comme vous le savez, j'ai fait l'impasse. Je pense que j'avais besoin de récupérer physiquement. Lorsque j'ai repris le vélo, je n'avais plus mal au genou (NDLR : cette douleur au genou droit résultait de sa chute dans l'Amstel Gold Race) et j'ai pu reprendre un entraînement progressif. Puis je suis allé rouler à Majorque. Je suis revenu une semaine au Luxembourg puis nous sommes partis en stage.
 
Vous venez d'évoquer votre blessure survenue lors de cette chute sur l'Amstel (NDLR : où il percuta un poteau de signalisation en voulant éviter son ancien coéquipier Nicki Sorense, victime d'une chute). De quoi s'agissait-il précisément?
 
D'une inflammation d'un tendon qui était passée inaperçue lors de l'IRM que j'avais passée après la Flèche Wallonne. J'avais tellement mal au genou que j'étais content qu'ils aient trouvé quelque chose après coup. Il y avait du liquide qui s'était formé et répandu. C'est un peu drôle de dire ça, mais oui, j'étais content qu'on constate que je souffrais bien d'une tendinite. Je me suis alors dit : "je ne suis pas fou quand même!" J'avais l'impression que le cauchemar continuait. Là, on a trouvé pourquoi. Mine de rien, ça m'a rassuré.
 
Aujourd'hui, votre voix nous enseigne que vous avez un bon moral, voire un très bon moral.
 
Un très bon moral, oui.
 
Ce bon moral retrouvé, vous l'expliquez par votre situation familiale et votre statut nouveau de père de famille?
 
Oui bien sûr. Mais pas seulement. Par exemple, le stage que nous avons effectué pour la reconnaissance des étapes du Tour était bien. Nous avons eu un beau temps, on a bien roulé, j'ai apprécié. Bien sûr, c'était dur, hein. Nous n'avons pas fait forcément beaucoup de kilomètres. Mais beaucoup de montagne. Du début à la fin, c'était bien. Comme le dernier jour, où nous avons reconnu, le matin, les 70 derniers kilomètres de l'étape des pavés, puis enchaîné en début de soirée avec le critérium de Calais. C'était super, au sortir de notre stage, de disputer cette épreuve de cent bornes toute plate, où cela faisait drôle, comme un contraste, de tourner les jambes. Car en montagne, on ne les tourne pas facilement les jambes...
 
Justement, à l'issue de ce stage êtes-vous parvenu à faire un point physiquement, à vous situer?
 
Je ne veux plus faire ça. Vous le comprendrez aisément. Je l'ai fait souvent par le passé. Et avec tout ce qui s'est passé et dit sur moi, tout ce que j'ai pris, je ne veux plus le faire. Là, je dis simplement : je vais reprendre la compétition sur ce Tour de Luxembourg. Et je suis prêt à reprendre la compétition. Après, on verra.
 
Vous revenez donc sur ce Tour de Luxembourg que vous n'avez plus disputé depuis 2009. Vous y avez de bons souvenirs, avec par exemple une belle victoire à Differdange dans cette édition-là remportée par Frank, juste avant le Tour de France...
 
Oui, c'est vrai, j'y ai connu de belles petites joies. Mais aussi des mauvais souvenirs que je n'oublie pas. Que je n'oublierai jamais...
 
C'est-à-dire?
 
Cette étape de Diekirch en 2009 où j'avais été victime d'une fringale sur le final. J'étais dans le groupe de tête avec Frank, puis j'ai lâché prise dans une bosse raide. Et là, des gens ont craché sur moi. Ont dit de mauvaises choses.
 
Style?
 
"Ce n'est pas possible d'être lâché si près du Tour!", "Mieux vaut arrêter le vélo"... Comme si ce n'était pas possible pour un coureur de prendre une fringale. Mais des fringales, ça arrive dans une carrière qu'on soit jeune, ou vieux coureur.
 
On vous sent remonté...
 
Oui, ce sont des choses qui te marquent et ça m'a marqué et c'est d'ailleurs pour ça que depuis, je n'étais pas revenu sur le Tour de Luxembourg. Mais allez, j'ai aussi de bons souvenirs. Comme cette étape de Differdange. Et puis je suis fier d'être luxembourgeois, et content de revenir dans cette course.
 
Justement, quelles seront vos ambitions?

 
Je veux aider Frank à essayer de gagner le général, voilà mon ambition. Voilà ce que je veux d'abord faire. Et puis, on verra...
 
Excusez-nous d'insister, mais votre moral semble très bon, et on le sait, c'est important...
 
(Il rit) Oui.
 
Si on dit ça, c'est aussi que derrière le Tour de Luxembourg et le Tour de Suisse, il y a une sélection au Tour de France...
 
Oui, il y aura aussi avant le Tour de Suisse, le Grand Prix de Gippingen et après le championnat national. Puis le Tour...
 
Donc, le Tour, vous le trouvez comment après l'avoir reconnu?
 
Très, très dur.
 
Vous avez disparu ces derniers mois de la liste des favoris, cela vous chagrine?
 
Non, non, je suis d'accord avec ça. Je n'ai même aucun problème avec ça. Cela ne m'inquiète pas. J'ai fait vingtième l'an passé, je n'étais pas devant dans les classiques au printemps. Tout cela est logique. C'est l'inverse qui m'aurait inquiété! Si j'avais lu quelque part ou entendu que je restais favori pour le Tour, alors j'aurais pris mon téléphone et demandé à mon interlocuteur s'il n'était pas devenu fou...
 
On imagine et on devine à vous écouter que, secrètement, vous débordez d'envie de revenir au premier plan...
 
Il me faudra d'abord être dans la liste du Tour de France. Mais c'est vrai que récemment, lors de notre stage, lorsque je suis repassé par l'Izoard, je me suis dit : "C'est là que tu as attaqué dans l'étape du Galibier." Au pied du Tourmalet, je me suis dit, là-haut, j'ai gagné l'étape en 2010 devant Contador. Lorsqu'on est repassés par le Port de Balès, je me suis dit : "C'est là que tu as attaqué et que tu as eu ton saut de chaîne." J'ai repensé à tout ça, évidemment. C'est vrai, à ce moment-là, je me sentais super fort. Bien sûr que je veux le redevenir. Je veux redevenir le même qu'avant.
 
On imagine aussi que si vous parvenez aujourd'hui à avoir ce recul, c'est sans doute parce que votre nouveau statut de père de famille vous rend aussi plus fort, non?
 
C'est ça, oui. Je suis super content, super heureux de ce qui m'est arrivé. J'ai la vie de famille que j'ai longtemps rêvé d'avoir. Jill, une compagne que j'aime. La femme de ma vie. Avec qui nous avons un enfant, Téo. Tu te réveilles le matin et tu rigoles de ces choses fantastiques, de voir ton enfant. Nous sommes une petite famille, pour le moment encore dans un petit appartement, mais nous avons une très grande responsabilité. Tout a changé pour moi, pour nous, je suis fier de Jill, qui est une super maman. Dans ma vie personnelle, je me sens sur le bon chemin.

 

Ajouter à: Facebook | Twitter | Add to your del.icio.us | Digg this story

Subscribe to comments feed Commentaires (1 posté):

pock sur 2014-06-04 12:29:06
avatar
Allez Andy! On attend tous ton retour au premier plan! Les coureurs actuels sont pour la plupart des robots teleguides bien fades, ca manque d'attaquants de classe comme toi et Frank.
Thumbs Up Thumbs Down
4
total: 1 | Affiché: 1 - 1

Postez votre commentaire comment

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:......

  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text Texte complet
Sondage: Superjhemp
Lucien Czuga, le scénariste de Superjhemp, aimerait avoir l'avis de ses lecteurs sur l'arrêt possible de la série. "Est-ce que ça vous ferait de la peine si Superjhemp s'arrêtait ?".