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Un superordinateur Google bat le grand maître du jeu de go


South Korean Go game fans watch a television screen broadcasting live footage of the Google DeepMind Challenge Match, at the Korea Baduk Association in Seoul on March 9, 2016.  A 3,000-year-old Chinese board game was the focus of a very 21st century showdown as South Korean Go grandmaster Lee Se-Dol kicked off his highly anticipated clash with the Google-developed supercomputer, AlphaGo. / AFP / JUNG YEON-JE
South Korean Go game fans watch a television screen broadcasting live footage of the Google DeepMind Challenge Match, at the Korea Baduk Association in Seoul on March 9, 2016. A 3,000-year-old Chinese board game was the focus of a very 21st century showdown as South Korean Go grandmaster Lee Se-Dol kicked off his highly anticipated clash with the Google-developed supercomputer, AlphaGo. / AFP / JUNG YEON-JE

Un superordinateur mis au point par Google a créé mercredi la sensation en remportant à Séoul face au champion du monde du jeu de go la première manche d’un combat qui doit déterminer qui, de l’homme ou la machine, est le plus fort.

Après trois heures et demie de partie dans un grand hôtel de la capitale, le grand maître sud-coréen Lee Se-Dol, qui domine la discipline depuis une décennie, a décidé de lâcher l’affaire, réalisant que cette première manche ne pouvait plus échapper à l’ordinateur AlphaGo.

Cette machine surpuissante avait pulvérisé 5-0 en octobre le champion d’Europe Fan Hui. Mais, vu la différence de niveau entre ce dernier et Lee Se-Dol, rares étaient les experts de ce jeu inventé il y a environ 3.000 ans en Chine qui avaient enterré d’avance les chances du champion du monde.

Les créateurs d’AlphaGo s’étaient pourtant montrés confiants, faisant valoir que leur bébé, qui utilise des algorithmes lui permettant d’apprendre de son expérience, était encore plus fort qu’à l’automne.

« Je suis stupéfié par le résultat », a reconnu Lee Se-Dol après la partie. « AlphaGo a fait des coups qu’aucun humain ne fera jamais. Cela m’a vraiment surpris », a-t-il poursuivi, en ajoutant que l’ordinateur avait « parfaitement » fermé le jeu. « J’ai commis des erreurs dans les premiers moments du match, mais si je fais attention à cela, je pense que j’ai toujours des chances de gagner », a-t-il poursuivi.

Au-delà, ce match sur cinq jours est aussi un test des progrès effectués depuis une dizaine d’années dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).

« Tout le monde sous le choc »

En cas de victoire d’AlphaGo, les craintes de certains scientifiques et entrepreneurs sur les risques de l’IA devraient être confortées alors que la puissance des ordinateurs double environ tous les deux ans. Comme l’enthousiasme de ceux qui en attendent des progrès importants.

Le résultat du match est au moins aussi attendu à cet égard que celui qui s’était soldé, en 1997, par la défaite du champion du monde d’échecs Garry Kasparov contre l’ordinateur Deep Blue d’IBM. Mais la comparaison a ses limites.

Car le go propose un défi tout autre à la machine Dans ce jeu, les deux adversaires placent alternativement des pions (pierres) noirs et blancs sur les intersections d’un plateau quadrillé (« goban »). Le but est d’occuper le plus d’espace, en bloquant peu à peu les pions de l’adversaire et en les capturant. La taille du tablier -19 lignes sur 19- offre un nombre incalculable de configurations possibles -davantage qu’il n’y a d’atomes dans l’univers, dit-on. Ce qui signifie que l’intuition et la créativité sont essentielles pour gagner à très haut niveau.

« Nous sommes très, très enthousiastes en ce moment historique, et très, très contents de la façon dont AlphaGo a joué », a déclaré après la partie Demis Hassabis, directeur général de DeepMind, qui a développé l’ordinateur. « Lee reviendra demain avec de nouvelles stratégies, en essayant autre chose », a-t-il poursuivi. « Il faudra voir ce qu’en fait AlphaGo. »

La bataille suscite un intérêt tel en Asie qu’elle est diffusée en direct par des télévisions sud-coréenne, chinoise et japonaise, ainsi que sur internet. « Tout le monde est sous le choc », a déclaré le commentateur sud-coréen de jeu de go Kim Seong-Ryong, lui même joueur professionnel. « Personne n’imaginait que cela puisse arriver. »

Alors qu’il y a quinze jours il pensait pouvoir « remporter une écrasante victoire, cette fois-ci du moins », Lee Se-dol avait toutefois paru douter un peu mardi après avoir été briefé sur le programme informatique. « A présent, je crois que je ne pourrai peut-être pas vaincre AlphaGo avec une marge aussi importante que 5-0. Je dois être un peu plus stressé », avait-il dit.

Le programme de Google utilise notamment « l’apprentissage profond » (Deep learning), méthode d’apprentissage automatique conçue sur la base de couches de « neurones » artificiels, imitant ceux du cerveau humain. Cette technique, conjuguée à l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs et à la disponibilité d’énormes bases de données sur lesquelles entraîner les machines, a permis des avancées considérables. Le vainqueur du match raflera un million de dollars.

Le Quotidien / AFP

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