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Luxembourg: Révolution au palais

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Cette modification de la réglementation interne de la maison de Luxembourg-Nassau n'est pas anodine.


De notre journaliste David Marques
 


Si le premier enfant du prince héritier Guillaume devait être une fille, cette dernière serait appelée à devenir un jour Grande-Duchesse de Luxembourg. Jusqu'à présent, les filles n'entraient en compte qu'à défaut de descendance masculine.

Même si elle peut apparaître surprenante, la nouvelle du changement des règles de succession à la tête de la famille grand-ducale a été préparée de longue date. En octobre 2004, le Grand-Duc Henri avait ainsi annoncé à l'occasion de sa déclaration d'ouverture de session de la Chambre des députés d'appliquer la convention des Nations unies sur l'égalité entre hommes et femmes, il comptait «proposer d'introduire l'égalité absolue dans notre succession du trône». La procédure de réforme du pacte de famille a été définitivement initiée en 2009 pour aboutir aujourd'hui à cette réforme qualifiée de prioritaire par le chef de l'État.
Pour ce qui est de la forme, le maréchalat de la cour s'est limité, hier, à un bref communiqué : «Sur ordre de Son Altesse Royale le Grand-Duc le Maréchalat de la Cour annonce que la réglementation interne de la Maison de Luxembourg-Nassau a été modifiée à l'effet d'introduire l'égalité entre hommes et femmes en matière de succession au trône. Ce nouvel ordre successoral s'applique pour la première fois à la descendance du Grand-Duc Henri.»


Alexandra 4e dans l'ordre de succession

Sur le fond, cette décision, prise sur base d'un décret datant du 16 septembre 2010, permet à la cour grand-ducale de faire un pas vers plus de modernité. Jusqu'à présent, la succession au trône était réglée par une dévolution dite «semi-salique». La priorité dans l'ordre de succession était donnée au premier descendant mâle. Les femmes n'étaient héritières que dans le cas où il n'existait aucun successeur masculin.
Cette règle de dévolution a permis en 1912 à la fille du Grand-Duc Guillaume IV (1852-1912) de succéder à son père. La Grande-Duchesse Marie-Adélaïde, après avoir joué un rôle contesté lors de la Première Guerre mondiale, cède le trône en 1919 à sa sœur Charlotte, qui reste jusqu'à ce jour une des figures les plus marquantes de l'histoire du Grand-Duché de Luxembourg. Son fils aîné Jean lui succède en 1964.
Avec le changement des règles de succession, le Grand-Duc Henri restera le dernier à avoir «bénéficié» de la priorité donnée au premier descendant mâle. L'actuel chef de l'État, né en 1955, était en effet le deuxième enfant du Grand-Duc Jean et de la Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte. Sa sœur aînée, la princesse Marie-Astrid, a vu le jour en 1954.
Le Grand-Duc héritier Guillaume, né en 1981, est le fils aîné du Grand-Duc Henri et de son épouse, la Grande-Duchesse Maria Teresa. Si le premier enfant de Guillaume devait être une fille, elle serait appelée à devenir Grande-Duchesse du Luxembourg. Dans l'ordre de succession actuel, la princesse Alexandra se retrouve désormais en 4e position, derrière ses frères aînés Guillaume, Félix et Louis et devant son frère cadet, le prince Sébastien. 

Retard comblé  

Lors du dernier quart de siècle, quatres monarchies européennes ont modifié leurs règles de dévolution pour passer à la règle de la primogéniture absolue sans considération de sexe.
Cela a notamment été le cas en 1991 en Belgique. La liesse populaire était donc assez importante le 25 octobre 2001 lors de la naissance de la petite Elisabeth, fille aînée du prince Philippe et de son épouse Mathilde. Elle sera appelée à devenir un jour la première reine de Belgique, du moins si notre pays voisin réussit à surmonter avec succès sa crise politique actuelle.
Avant la Belgique, la Suède (1980, la princesse Victoria est appelée à succéder à son père Carl Gustaf), les Pays-Bas (1982) et la Norvège (1990) ont également aboli la dévolution salique (succession réservée aux seuls descendants mâles).
Le Danemark, l'Espagne, Monaco et le Royaume-Uni continuent à appliquer la règle de primogéniture avec préférence masculine à degré égal. Les femmes peuvent devenir héritières que dans le cas où tout successeur masculin dans le même degré de parenté fait défaut (dévolution semi-salique).

 

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