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Le bien-être au travail se mesure

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La qualité du travail est désormais mesurée scientifiquement au Luxembourg (Photo: Hervé Montaigu)

La Chambre des salariés entend mesurer et surveiller la qualité du travail via une étude des plus sérieuses. Les premiers résultats ne sont pas surprenants : mieux vaut être fonctionnaire que travailler dans l'Horeca.

La qualité du travail, ça se mesure. Elle a été définie dans une étude menée par l'université et la CSL. Les caractéristiques et les conditions de travail sont mises en avant. Pour étudier à l'avenir l'évolution des résultats.

De notre journaliste
Audrey Somnard

 
Le projet «Quality of work index» a été lancé en 2011 par la CSL en collaboration avec des membres de l'unité de recherche Inside de l'université du Luxembourg. L'objectif du projet est de développer un outil qui informe d'une manière valide et détaillée sur les conditions de travail, mais également la situation sur le marché du travail au Luxembourg. Des entretiens téléphoniques ont été réalisés avec 1 537 salariés, résidents ou frontaliers.
 
Conditions de travail, intensité et complexité du travail, bien-être au travail, revenu et formation, marges de manœuvre dans le travail et perspective d'emploi ont chacun fait l'objet d'un élément de mesure dans cette étude. Pour le professeur Georges Steffgen, d'Inside, «nous disposons désormais d'outils de recherche scientifique, avec une base de données qui dépasse nos seules impressions. Cela sera une bonne base pour étudier les évolutions dans les différents secteurs.»
 
Évidemment, les résultats ne sont pas spectaculaires. Pas de surprise quand l'étude indique que la qualité du travail est la plus élevée pour les salariés de l'administration publique, du secteur de l'informatique et des P&T, de l'enseignement, du transport et des finances. Des secteurs où traditionnellement au Luxembourg les salaires sont élevés, les horaires moins contraignants. De l'autre côté du spectre, les secteurs du nettoyage/gardiennage, du commerce, de l'industrie, du bâtiment et de l'Horeca sont moins bien lotis.
 
 
Des fonctionnaires peu stressés

 
Le psychologue du travail de la CSL, David Büchel, est revenu en détail sur quelques questions posées lors de cette étude. Concernant le stress au travail, les fonctionnaires affirment être les moins stressés (30 % des sondés). À l'inverse, les employés de l'Horeca sont 56,7 % à déclarer être stressés dans le cadre de leur travail. Les secteurs de la recherche et des finances sont également touchés. Un bon point cependant : dans le secteur social et de la santé, les employés des hôpitaux sont «peu» touchés par le stress (35,4 %), alors que ces métiers sont confrontés quotidiennement à la misère sociale, même au Grand-Duché. Comparé à un pays voisin comme la France, où les salariés en hôpitaux ont des conditions de travail difficile, ce résultat est une bonne nouvelle pour le secteur.
 
À la question «Êtes-vous satisfait de votre salaire?», là encore les salariés de l'Horeca sont les moins satisfaits (52,9 %), suivis de près par les employés du secteur du commerce et bâtiment. En haut de l'échelle, les salariés du secteur informatique et P&T, ainsi que ceux de l'administration publique n'ont pas à se plaindre, puisqu'ils se déclarent satisfaits respectivement à 85 et 84,9 %.
 
Ceux qui ont des conditions de travail physiquement exigeantes sont encore une fois les salariés de l'Horeca (78,7 %), suivis par les employés du secteur nettoyage/gardiennage, et ceux du bâtiment. La station debout pendant de longues périodes, le port de charges lourdes : autant de tâches physiques pénibles à effectuer. À l'inverse, les métiers de l'informatique et de la finance ne sont pas concernés par ce souci.
 
De façon plus surprenante, l'étude a interrogé les sondés sur leur optimisme par rapport à leur entreprise, mais aussi par rapport à l'avenir économique du pays. Les réponses ont été cette fois classées par la nationalité des sondés. Ainsi, les Allemands sont particulièrement confiants quant à l'avenir de leur entreprise (81,6 %), mais aussi du pays (70,2 %). Toutes nationalités confondues, les sondés rapportent avoir plus confiance dans l'avenir économique de leur entreprise que celui du pays.
 
Paradoxalement, les Luxembourgeois ont relativement confiance dans leur entreprise, à 74,4 %, mais très peu (35,1 %) dans l'avenir économique de leur pays. Alors que les Luxembourgeois travaillent majoritairement pour l'administration publique, donc l'État, on peut être surpris de l'écart de confiance entre leur entreprise et le pays, puisque, au final, il s'agit de la même chose. Par ordre décroissant, les Français, Belges, Portugais et Italiens ont aussi une confiance relative dans l'avenir économique du pays.
 

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