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Aéro-Sport au Findel : « Non à l’expropriation ! »


Voilà l'emplacement des hangars construits pour accueillir les avions appartenant aux particuliers au Findel. (photos Hervé Montaigu)

Plus de 18 mois après la résiliation des contrats de bail, aucun accord n’a été trouvé entre lux-Airport et les responsables d’Aéro-Sport, dont le président se bat contre l’expropriation des hangars construits bénévolement.

Depuis les années 1970, les pilotes amateurs sont implantés au Findel. Au fil du temps, ils y ont érigé leurs structures et hangars sur un terrain qui occupe actuellement 14 000 m². Les contrats de bail régissant cette surface ont été résiliés le 31 décembre 2015… Retour sur ce dossier épineux.

Pour Frank Mack, le président de l’ASBL Aéro-Sport et de la Luxembourg Flight Training Academy (LFTA), c’est un véritable «combat» qu’ils sont en train de mener pour pérenniser leurs activités au Findel. «L’aviation légère se bat actuellement pour sa survie au Luxembourg», écrivait-il ainsi fin août dans un communiqué pour préciser que le petit avion ayant paralysé le Findel pendant de nombreuses heures n’était pas un avion d’écolage ni un avion du club.

Cela fait plusieurs décennies que les pilotes de l’aviation générale sont implantés au Findel, qu’ils y ont notamment érigé leurs hangars et installé une école pour pilotes professionnels et amateurs. Jusqu’alors, ils versaient pour le terrain un prix équivalent à celui des terres agricoles. Or le 31 décembre 2015, ils ont compris que ces conditions n’allaient pas perdurer. «À cette date, les contrats de bail avec Avialux, Aéro-Sport et la LFTA ont été résiliés. Lors de cette résiliation, il était écrit que lux-Airport aimerait continuer avec nous, mais sous d’autres conditions», récapitule Frank Mack. Depuis, des négociations ont eu lieu. «Les premiers prix avancés étaient de 12,5 euros par m² par mois pour les 14 000 m². Le directeur de lux-Airport, Johan Vanneste, nous a dit à l’époque que c’était le prix en vigueur à Anvers. Mais là-bas, c’est l’aéroport qui a construit les hangars, à la différence d’ici», soulève-t-il.

Les négociations se sont poursuivies. «Si ces prix étaient passés, l’aviation légère aurait tout de suite dû arrêter, argue Frank Mack. Cela aurait fait disparaître des emplois. Et pour les Luxembourgeois, devenir pilote professionnel serait devenu plus difficile.»

"S'ils nous mettent à la porte, c'est la fin de l'aviation générale au Luxembourg", craint Franck Mack.

« S’ils nous mettent à la porte, c’est la fin de l’aviation générale au Luxembourg », craint Frank Mack.

«On attend toujours le nouveau contrat»

«Nous avons proposé de classer le terrain de l’aviation générale en ‘zone d’activité sports, loisirs et écolage’. Mais ils n’ont pas voulu», enchaîne Frank Mack. Entretemps, les responsables de l’aviation générale ont réussi à faire baisser les prix substantiellement. «Le grand problème reste qu’en contrepartie, lux-Airport aimerait avoir la possession des bâtiments que nous avons construits avec l’argent de nos membres. Nous ne sommes pas d’accord avec cette expropriation. C’est plus l’expropriation que le prix qui nous gêne aujourd’hui», renchérit Frank Mack.

Selon lui, les bâtiments servent de garantie bancaire lors de l’achat d’avions. Le club aurait aussi voulu se lancer dans l’aviation électrique, qui demande d’autres investissements, entre autres des panneaux solaires sur les hangars.

L’ancien contrat de bail était en vigueur jusqu’au 30 juin 2017. «Depuis le 1er juillet, on est ici sans rien. C’est une situation bizarre», indique Frank Mack. «Nous attendons toujours le nouveau contrat.» Un autre problème soulevé par le président concerne la durée du contrat : «On nous propose un bail de dix ans sans reconduction. Un avion, on le finance sur 15 ans. Qu’est-ce que vous voulez faire avec un contrat de dix ans ?» Il conclut : «Nous leur avons fait une contre-proposition : une emphytéose sur 30 ans avec des conditions acceptables. Et puis, si le but est de nous faire bouger de cet endroit, qu’ils nous proposent une alternative.»

Du côté du ministère du Développement durable et des Infrastructures, on nous a confirmé qu’une série de propositions avaient été faites aux acteurs avant les vacances d’été. «Les discussions sont en cours. Ils doivent également se concerter entre eux. Mais on est confiants sur le fait qu’on trouvera un accord», ajoute Dany Frank du ministère.

Fabienne Armborst

L’aviation générale en chiffres

« S’ils nous mettent à la porte, c’est la fin de l’aviation générale au Luxembourg », nous affirmait lundi le président du club Aéro-Sport et de la LFTA. Actuellement, les clubs d’aviation installés au Findel comptent plus de 1 000 membres et le parc une soixantaine d’avions privés. L’Aéro-Sport a également créé en 2008 une école d’apprentissage installée dans ces bâtiments.

La LFTA forme en moyenne 20 pilotes privés et cinq pilotes professionnels par an. Pour rappel, la théorie se fait en six mois et la partie pratique en deux ans. «Quatre-vingt-quinze pour cent des pilotes professionnels luxembourgeois sont passés par ici un jour ou l’autre», indique Frank Mack.

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