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Armurier, une profession réglementée au Grand-Duché


Le président de l'Association luxembourgeoise des armuriers et négociants d'armes, Paul Frauenberg. (Photo : Claude Damiani)

Les armes font l’objet d’une législation très pointilleuse au Luxembourg que ce soit vis-à-vis des armuriers, ou des particuliers désirant obtenir un port d’armes. Le marché noir est cependant bien réel au pays.

S’il n’existe a fortiori pas de chiffres officiels relatifs au marché parallèle, les spécialistes évoquent internet et l’ex-Yougoslavie comme principaux fournisseurs d’armes non déclarées.

Le président de l’Association luxembourgeoise des armuriers et négociants d’armes, Paul Frauenberg, est établi depuis 1995 au Grand-Duché et a ouvert son armurerie de Niederfeulen (Ettelbruck), il y a huit ans : les armes et la législation les réglementant n’ont à l’évidence plus aucun secret pour lui qui s’avère être plus qu’un «simple» vendeur d’armes. Il n’existe en fait, qu’une poignée de véritables armuriers, au Luxembourg.

Paul Frauenberg a en effet suivi un apprentissage dans un établissement spécialisé à Ehingen, en Allemagne. «Une formation qui n’existe pas au Luxembourg», souligne-t-il. Les services qu’il propose dans son armurerie de Niederfeulen sont, eux, multiples : «Nous vendons des armes bien sûr, mais avons également un atelier de réparation et un stand de tir sur place, afin que les clients puissent essayer les armes.» Mais qui dit «arme», dit réglementation stricte.

Car Paul Frauenberg s’occupe également du volet légal, en se chargeant des formalités administratives à régler avec le ministère de la Justice. Ses clients? «Des amateurs de tir sportif qui sont affiliés à un club et des chasseurs qui ont un permis de chasse», souligne-t-il.

Parce que hormis cette clientèle, à laquelle s’ajoute quelques collectionneurs et de «rares policiers qui viennent en privé (NDLR : la police grand-ducale dispose de sa propre armurerie)», Paul Frauenberg n’est pas autorisé à vendre des armes à des personnes craignant pour leur sécurité. «De toute ma carrière, je n’ai eu qu’une seule personne qui est venue acheter une arme à feu avec une dérogation signée du procureur général d’État, car elle était menacée», confie l’armurier.

Des kalachnikovs AK-47 d’ex-Yougoslavie

Son chiffre d’affaires, il le fait donc sur les carabines à répétition vendues aux chasseurs, même s’il constate une baisse des ventes après la décision du gouvernement d’interdire la chasse au renard, et sur les armes des tireurs sportifs : soit des grands calibres 9 mm de marque Smith & Wesson ou Glock, des petits calibres 22 pour débutants, mais aussi des armes à air comprimé de compétition, de marque Walther.

Et qu’en est-il du marché noir au Luxembourg? Ce n’est pas un sujet tabou pour l’armurier, mais il l’évalue difficilement. «On peut trouver facilement sur internet des armes illégales ou normalement soumises à autorisation au Luxembourg, telles que des bombes lacrymogènes ou des pistolets d’alarme.» Quant aux kalachnikovs d’ex-Yougoslavie si prisées des terroristes et des braqueurs, Paul Frauenberg constate qu’«elles passent aisément les frontières». Y compris celles du Luxembourg, donc. Mais point de AK-47 chez lui!

Cela dit, ses clients tireurs sportifs pourront se contenter d’une AR 15 semi-automatique, «la version civile du M-16.»

Claude Damiani

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