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Langue luxembourgeoise : pétitions et… contre-pétition


photo archives LQ

La pétition voulant faire du luxembourgeois la langue administrative officielle fait des émules, mais pas que…

Pas moins de neuf nouvelles pétitions ont été examinées, jeudi, en commission parlementaire. L’un de ces projets de pétition, qui s’avère plutôt être une «contre-pétition», entend dire non à la langue luxembourgeoise comme première langue officielle en matière administrative et judiciaire. Il a été déclaré recevable.

Alors que le débat sur la question de la place de la langue luxembourgeoise dans l’administration et la justice fait rage, et que le gouvernement envisage de demander à l’UE de reconnaître le luxembourgeois comme langue officielle, voilà un pétitionnaire qui va à contresens.

À l’instar de l’avocat de renom Me Gaston Vogel, qui a, récemment, dans une lettre ouverte, fustigé la pétition initiale en s’interrogeant, par exemple, sur la traduction de la notion de «bail emphytéotique» en luxembourgeois. Plus récemment encore, le membre luxembourgeois de la Cour des comptes européenne, Henri Grethen, s’interrogeait, indirectement, sur le bien-fondé des revendications relatives à la prédominance de la langue de Michel Rodange.

Me Vogel et Henri Grethen s’y mettent

«Il faudrait vraiment avoir une grande imagination pour traduire tous les termes techniques ayant trait à la comptabilité de la Cour des comptes européenne, comme le souhaiteraient certains», avait, en effet, déclaré Henri Grethen, lundi, à l’occasion de la présentation du rapport d’activité 2015 de l’institution européenne. Sous-entendu que, dans les deux cas, le travail de traduction de notions juridiques, financières ou autres constituerait une entreprise pour le moins fastidieuse.

Dans le même sens que la pétition souhaitant promouvoir la langue luxembourgeoise, ou presque, un projet de pétition publique aspirait à ce que le Code civil, «basé sur le Code Napoléon» soit remplacé par un nouveau code qui porterait le nom de «Code Jean l’aveugle», en référence au personnage emblématique qui a été le fils unique d’Henri VII, comte de Luxembourg et empereur romain germanique. Elle a été recalée par la commission des Pétitions.

Enfin, un projet de pétition revendiquait que le luxembourgeois devienne la langue officielle dans les médias audio, c’est-à-dire à la radio, et que ce principe soit ancré dans une loi. L’intitulé de la pétition, «An der Loft (en l’air)» au lieu de l’expression anglophone «On Air» est sans équivoque. Mais elle n’a pas passé l’épreuve de la recevabilité.

Claude Damiani

Un commentaire

  1. Le «bail emphytéotique» est un très bel exemple. L’adjectif français est incompréhensible pour un non-juriste. Or, la traduction allemande « Erbpachtvertrag » est bien compréhensible, même pour des non-initiés, et on peut incorporer celà facilement comme « Ierwpachtvertrag » dans la langue luxembourgeoise. En plus, vu que ceci n’est nullement un concept juridique moderne, on ne peut exclure que des linguistes comme Alain Atten nous sortent une désignation médiévale bien luxembourgeoise des archives nationaux.

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